Le mini-PC de bureau de Dell est un brin anémique
Disque dur molasson, carte graphique dans les choux et absence de télécommande : le Studio Hybrid est perfectible.

Tandis que les ventes de PC de bureau déclinent doucement au profit des
portables, Dell continue de s'investir dans
ce segment. Après le XPS One, clone de l'iMac au design très réussi, le fabricant lance une minitour, le Studio Hybrid, mettant l'accent sur la
miniaturisation, sur le silence et sur l'écologie. L'ordinateur est destiné à prendre place sur
un bureau très encombré ou à côté d'un téléviseur, mais est-ce l'avenir des
tours ou un (autre) coup d'épée dans l'eau?

Dell, on l'a déjà dit (voir nos test des XPS 1330, XPS 1530, XPS One,
etc.), a réalisé ces dernières années un réel effort sur le design de
ses machines. Le petit nouveau n'échappe à la règle. Il est réellement
bien conçu, avec sa forme régulière, son lecteur mange-disque
invisible, ses boutons qui clignotent «à la Mac» et son petit pied
d'aluminium. Discret dans sa coque de plastique grise interchangeable
dans laquelle nous l'avons testé, l'ordinateur peut s'accorder avec la couleur
des rideaux de belle-maman, différents coloris étant disponibles sur
le site de Dell, 30 euros de plus par couleur, 120 euros
pour la coque en bambou.
Il fait place net
On branche le transformateur, la prise
VGA ou DVI (l'adaptateur est livré), et c'est parti, pour peu que l'on ait
opté pour le kit clavier-souris sans fil ou que l'on en possède déjà un. La machine intègre le Wi-Fi dans sa dernière version (802.11n) et le Bluetooth, des ports USB servant à brancher des périphériques et ne
s'encombre pas de dongles pour gérer les réseaux sans fil. Intégrant
le FireWire, une sortie SPDIF et du HDMI, le PC paraît très complet.
D'autant qu'il est très, très silencieux, et qu'il peut tout à fait servir de
serveur personnel. Mais il y a quelque chose qui ne suit pas…
Une plate-forme technique poussive
Au niveau des performances,
c'est un portable moyen, voire «moyen moins». Le processeur est
honnête, si l'on est prêt à s'accommoder de la faible vitesse de rotation
du disque dur –5400tr/min, la norme sur les portables–, mais la carte
graphique, totalement dépassée, fait grincer des dents. Non
seulement la réactivité des applications, par rapport à un PC de bureau
à 400 euros, est moindre du fait du disque dur, mais en plus les
performances son ridicules en 3D, à peine 530 à 3DMark 2006.
Et si
l'envie vous prenait de payer 250 euros de plus pour le
lecteur Blu-ray, ce qui n'est pas idiot puisque la machine est équipée
d'une prise HDMI, il faudrait que le décodage de celui-ci soit pris en
charge par le processeur seul. Bonjour les ralentissements, les pertes
de trames et le processeur central monopolisé à cette seule et
pénible tâche!
Oubliez le multimédia
Pas de bon décodage Blu-ray dans la
sérénité, c'est un fait. Oubliez aussi les jeux, ou alors des jeux
anciens, les nouveaux ne tourneront pas, ou dans des résolutions
insultantes pour un écran standard. A l'heure où les constructeurs de
portables commencent réellement à prendre conscience de la demande des
consommateurs en matière de performances minimales en 3D, il est
dommage que Dell réitère l'erreur de son XPS One: seule l'édition Red
avait une carte graphique correcte, la version grise était elle aussi
animée par un Intel X3100, vraiment très faible.
On se retrouve donc avec une machine à l'aspect séduisant, avec les
prises nécessaires, l'option Blu-ray avec la prise HDMI qui va bien et
avec une plate-forme technique qui ne suit pas. Il semblerait que Dell
n'arrive pas à faire dans ce Studio Hybrid ce qu'il est capable de
faire dans les portables: conjuguer design et performances.
Contentez-vous de la bureautique
Au final, il faudra restreindre ce Studio
Hybrid à une utilisation multimédia basique (lecture de DVD et de Divx)
ainsi qu'à la bureautique. Il s'en tirera d'ailleurs
honorablement, en offrant comme avantage un silence
très appréciable. Son ventilateur tourne lentement et, en mode texte,
il est quasiment inaudible, à moins de coller l'oreille contre la
carlingue de plastique.

Il avait tout pour réussir, le design et le silence. Mais faute de
performances convenables, le Studio Hybrid est une œuvre inachevée, ce
qui irrite au regard de la connectique et de la conception de la machine. Un passage à un disque dur plus rapide et une bonne
petite puce graphique mobile (type GeForce 9300M GS) auraient vraiment
changé la donne. A réserver aux «psychopathes» du silence et de la
compacité.