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Prise en main Intempo Digital Rebel
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Avis des utilisateurs
Prise en main
Une radio intelligente qui n'aime ni la pub ni la clarté
La Rebel d'Intempo enregistre la radio en MP3 sans les pubs. Souci, son utilisation n'est pas toujours intuitive.
Pierre Fontaine 
le 26/06/2008 à 16h23
note de la rédac 
la promesse
Toute personne qui a connu un peu la radio libre du temps de sa
splendeur ou qui s'est composé une petite collection musicale à l'heure
des cassettes audio et des fins de mois étudiantes difficiles sait que la radio
peut être une bonne source de musique.
Hélas, les descendants de
la radio libre croulent sous la publicité, par grosses tranches
régulières, noient la musique avec des jingles horripilants, sans
parler des «pousse-disques», autrement appelés DJ, dont les commentaires
donnent parfois envie de sauter par la fenêtre.
Intempo propose donc de
couper tout ce surplus, d'enlever la gangrène pour ne retenir que la
musique. Une bonne idée en théorie. Et dans les faits ?
la réalité
«Vous vous sentez Rebel ?» C'est l'accroche choisie par Intempo pour présenter son poste radio capable d'enregistrer les émissions radio pour n'en retenir que la musique ou le cœur d'une émission, sans les pubs. Le problème est qu'on a beau chercher, on ne le voit pas trop l'esprit rebelle, celui qui traverse l'Ouest sauvage en pétaradant et qui change le monde...
Interrogations métaphysiques
Qui à l'heure des Lastfm, Deezer et autres a encore besoin de ce genre d'outil? Qui alors que
les émissions sont toutes podcastées s'encombrera d'un intermédiaire
supplémentaire entre son baladeur et son ordinateur? Qui avec les
offres multiples de téléchargement légal ou non (ne soyons pas
ingénus) a envie d'utiliser un tel appareil?
Certes, c'est un moyen
gratuit de récupérer des morceaux. Certes, cela fonctionne étonnamment
bien. Mais Dieu, que c'est peu intuitif !
Un bouton pour tout faire
A première vue, plus une interface
est dépouillée, plus son utilisation est simple. Intempo a bien compris
l'idée. Peut-être un peu trop. Ainsi, outre la petite rosette pour
régler le son ou se déplacer dans le morceau en cours de lecture, il
n'y a qu'un bouton. Un bouton pour allumer la radio, accéder au MP3 ou
afficher l'heure. Un bouton qui ne fait pas la même chose selon le mode dans lequel vous êtes et selon que vous appuyez plus ou moins longtemps.
Pour certaine utilisation, on prend le pli, pour d'autres, on a
tendance à repousser au lendemain la lecture du manuel rachitique.
Quoi
qu'il en soit, jusque-là, ça va. Encore qu'il faille parfois, quand on
n'est pas réveillé faire attention d'avoir appuyé le bon nombre de fois
pour allumer la radio et non la lecture de MP3. Ca peut paraître tout
bête, mais ça arrive. On se demande alors pourquoi le journal du matin
de France Inter est remplacé par la même musique que celle qui se
jouait déjà la veille pendant le journal du matin de France Inter. Sans
que ce soit vraiment un gros problème, on aurait aimé une autre
interface, mieux pensée.
Ca enregistre mais quand ?
Malgré quelques jours
d'utilisation, il y a un souci. Comme on l'a dit, la Rebel fonctionne
bien. Elle fait bel et bien la part des choses entre la musique et le
reste. De même, elle est suffisamment performante pour conserver le
générique d'une émission et la présentation de l'animateur, sans
séparer l'un et l'autre. Le résultat est bon. Il faut dire qu'il faut
laisser la Rebel connectée à une station pendant une bonne grosse
douzaine d'heures pour qu'elle «apprenne» à connaître cette radio.
Mais
deux problèmes émergent. Le premier, nous n'avons toujours pas compris
comment contrôler l'enregistrement. Or, on ne veut pas systématiquement
tout enregistrer. Les indications sont peu claires. Ça devient
rapidement lassant. Heureusement, la réception étant plutôt bonne, on
peut toujours s'en servir comme radio.
Va falloir taguer...
Pour en revenir aux fichiers enregistrés,
qu'on le veuille ou non, ils peuvent être stockés dans la Rebel (il y
a de la place pour quarante chansons) ou des clés USB ou sur une carte
SD. Le transfert est plutôt simple.
Survient alors le deuxième
problème. Les fichiers enregistrés n'ont pas de nom. Ou plus
précisément, ils ne sont pas tagués. Vous avez donc des morceaux à la
suite, sans aucune information. A l'heure des bibliothèques musicales
ou les classements et recherches se font grâce aux tags et métadonnées,
on a la désagréable impression d'effectivement retourner au temps des
cassettes audio.
Pour l'iPod, c'est simple, c'est trop compliqué
Mais le
pompon de la complexité revient tout de même au transfert d'un
morceau vers l'iPod. La Rebel est vendue avec un CD qui contient des
morceaux «vides», 99 en tout, qu'il faut importer dans iTunes. Depuis
le lecteur d'Apple, on transfère alors les chansons «vides» vers son
iPod. Puis, on connecte son baladeur ainsi préparé à la Rebel avec le
câble USB et les chansons contenues dans la radio d'Intempo sont
transférées sur le baladeur d'Apple. Pour finir, ces pistes sont
stockées dans la liste On the Go de l'iPod. C'est du bonheur.
Le monde
de la simplicité made in Apple est fortement ébranlé. D'autant que là
encore, le souci des tags se manifeste.
le verdict
L'idée était intrigante. Elle aurait été géniale il y a quelques années
et l'est beaucoup moins aujourd'hui. En définitive, sauf à ne pouvoir
se fournir en contenus numériques que comme ça, si vous n'avez ni
ordinateur, ni connexion à Internet, la Rebel n'emballe pas.
D'autant
que la réalisation ne sert pas la cause. Et c'est connu un rebelle sans
cause n'aura jamais la fureur de vivre... On laissera donc l'Intempo
Rebel poursuivre son petit bonhomme de chemin sans chercher à la
retenir. Dommage, elle avait un petit goût d'autrefois...
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