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Prise en main Sigma DP1
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Note de la rédaction
Avis des utilisateurs
Prise en main
Un compact d'exception auquel il ne manque que la réactivité
Il s'en est fallu de peu pour que Sigma ne signe LE compact des pros. Mais son temps de réponse ne suit pas.
Adrian Branco 
le 07/04/2008 à 15h00
note de la rédac 
la promesse
L'histoire de la photo est parsemée d'appareils atypiques. Avec sa
focale fixe -rarissime pour un compact-, son format Leica M et son
capteur de reflex, le DP1 est de ceux-là. Chargé de technologies et
d'un capteur 14 mégapixels, il a pour ambition d'être l'appareil de
poche des photographes, prêt pour capturer l'instant décisif si cher à
Cartier-Bresson.
La vraie «Leica attitude»?
la réalité
Un design minimaliste: voilà ce qui caractérise le DP1 sorti de sa boîte. «Ah mais il est moche on dirait l'appareil de mon grand-père», réagissent les néophytes. «Qu'il est compact! On dirait un télémétrique!», sourient les photographes. Ce simple constat dénote de la réussite esthétique de Sigma: le DP1 a été conçu pour les photographes, pour qui la discrétion (et le look «appareil de légende») compte plus que les couleurs flashy ou pastels de cette période printanière.Ca tombe bien, parce qu'à 799 euros, il est fort peu probable que Mamie se trompe pour Noël: le DP1 est un appareil haut de gamme avec un prix haut de gamme. Un prix qui se justifie déjà en partie par la qualité du boîtier. Sa finition est excellente: petite brique noire de 300 grammes, son contact est agréable, à la fois massif et raffiné. On apprécie l'avoir en main.
Focale fixe : tu bouges et tu composes
28 mm. Un bon
grand-angle comme on les aime: pas trop de déformation, un vignettage
très raisonnable et une bonne luminosité. L'approche de la photo prend
une dimension résolument artistique: avec une focale fixe il faut
composer les images, bouger, se placer, décoder l'environnement. Pour
la photographie de rue et de personnes, pas de tricherie: on s'approche
pour avoir un visage, pas question de voler un portrait à la manière
d'un téléobjectif. De là naît une autre démarche de contact avec les
sujets et de réflexion.
L'œilleton -en option- que l'on peut placer sur la griffe du flash
permettra aux réfractaires de l'écran LCD de cadrer comme au bon vieux
temps. Dans cette configuration, et en cas de basse lumière, il faudra
se passer du flash additionnel -lui aussi en option- et se contenter du
petit flash embarqué.
Le Jpeg c'est bien, le RAW c'est mieux
Les images produites
sont de bonne qualité. En Jpeg on obtient des résultats très agréables,
quoiqu'un peu mous en basse lumière. Mais le propre de cet appareil est
de travailler en RAW.
Pour peu que la carte mémoire soit suffisamment rapide (Extreme II ou III par exemple) le temps d'écriture sera réduit.
De la même façon que les utilisateurs exigeants développaient eux-mêmes
leurs films, le photographe de l'ère numérique travaille en format brut
et développe ses clichés au moyen de logiciels tels que Lightroom,
Bible, DxO, Capture One, etc. Un simple réajustement des niveaux et des
courbes permet de récupérer les contrastes et tons originels, voire de
bien récupérer les blancs -dans les nuages notamment- et d'éviter aussi
bien les portions de ciels brûlés que les zones sous-exposées.
Le couple capteur et optique s'en sort très bien: le piqué des images
est bon, la définition confortable et le bruit assez bien géré si on ne
va pas shooter dans des conditions trop extrêmes.
Un mode zoom peu performant
Comme il n'a qu'une focale fixe, le seul mode de zoom du DP1 est le
zoom numérique, dont le facteur grossissant est de x3. La qualité est
bien sûr assez dégradée en terme de résolution et il vaudra mieux caler
un peu l'appareil pour avoir des résultats nets. Comme il n'est pas
stabilisé, les résultats sont très moyens.
L'option est pratique car elle peut dépanner mais les puristes la désactiveront purement et simplement.
Où l'on parle de ses handicaps...
Le premier de ses défauts est la réactivité. A la fois compact et
puissant en terme de résolution d'image, on aurait pu espérer un
appareil ultraréactif. Raté: il lui faut trois secondes pour s'allumer,
deux de plus pour faire le point et shooter. Si l'on inclut
l'enregistrement sur la carte mémoire on frôle les six secondes. C'est
long et ça peut être frustrant.
Il vaudra mieux se poser pour prendre «l'instant décisif» et savoir ce
que l'on veut photographier, c'est-à-dire préparer son cadre. Pour les
compulsifs ce sera un défaut rédhibitoire, pour les rigoristes,
l'obligation de devoir penser avant de shooter. Et pour le quidam
lambda, le simple regret qu'il soit si lent...
Dans le même registre la réactivité globale du boîtier (menus,
validation, etc.) est un peu moyenne pour appareil haut de gamme. Cette
lenteur relative des parties logicielles et électronique fait néanmoins
espérer que Sigma sera à même d'améliorer son produit en effectuant une
mise à jour du micro-code (firmware). Croisons les doigts.
le verdict
D'un côté, le DP1 est un appareil de belle facture, compact et
produisant de bons clichés, de l'autre, il est un peu lent pour la
prise de vue sur l'instant voire lent en général. Et malgré le
positionnement relativement élitiste de ce genre de produit, au vu de
la très bonne qualité des images produites, s'il n'avait été aussi
lent, il aurait clairement récolté nos lauriers. En attendant une mise à jour conséquente -voire un DP2-, on ne peut que
conseiller de bien l'essayer avant d'acheter. S'il correspond à votre
style de démarche photographique, vous serez très satisfait. Si le timing et la réactivité sont des données fondamentales, passez votre chemin.
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