Du plaisir pour votre iPod et pour vos oreilles
Est-ce qu’un système acoustique pour iPod peut être à la fois beau, bon et ergonomique ? La réponse est oui !

Chez Bowers & Wilkins, on n'est pas peu fiers du Zeppelin. Car ce système d'enceintes stéréo pour iPod allierait «luxe, design
et qualité de son irréprochable». Le traitement du son bénéficiant des
40 ans d'expérience du constructeur dans la fabrication d'enceintes
acoustiques. Et pas moins! Une seule certitude : à 600 euros la
station d'accueil, nous sommes effectivement face à un produit de luxe. Pour le
reste, nous avons -plusieurs jours durant- tendus l'oreille devant
cet ovni numérique. Compte rendu.

Dès le déballage de l'appareil, c'est la claque. Le design est une
vraie réussite. Que l'on regarde la chose de face, de dos ou de profil,
le Zeppelin est en soit une petite œuvre d'art. Une belle chose, qui, sur
la balance pèse son poids : 7,5 kilos !
La finition est exemplaire, les
matériaux employés -de l'acier poli, pour l'essentiel- sont
impeccables. Peut-être trouvera-t-on que le tissu noir des grilles,
lesquelles masquent les haut-parleurs, semblent fragiles : que le chat
ne vienne surtout pas y faire ses griffes ! Le Zeppelin se pose aussi
bien sur un meuble que par terre mais il devra être mis sur un bon gros
support en caoutchouc pour ne pas être en contact direct avec le sol ou avec tout
autre caisse de résonance. Bref, c'est à la fois du costaud, du beau et du fragile!
Une ergonomie indiscutable
C'est un bras légèrement articulé qui accueille l'iPod. Tous les
modèles sont compatibles avec le Zeppelin, y compris l'iPhone, et ce, sans recours au
moindre bout de plastique, comme c'est le cas chez les concurrents
(tests effectués avec un iPhone, un U2 20 Go et un Mini 6 Go).
L'idée
qui a présidé à la conception du Zeppelin est originale : faciliter le
maniement de l'iPod, et ce, même si votre lecteur multimédia est arrimé à
ce dirigeable sonore. Et c'est le cas ! Si vous savez utiliser votre
iPod, vous saurez diriger le Zeppelin. Pour piloter l'appareil, on trouve un bouton de marche/arrêt, ainsi que les
réglages de volumes. Ces trois boutons sont élégamment dissimulés sur
l'appareil. Une petite télécommande, soignée, propose, en plus de ces
trois fonctions, de passer d'un morceau à l'autre, de mettre en pause ou
d'allumer et d'éteindre l'ensemble.
Des détails qui comptent
C'est à l'arrière que l'on trouve une bonne surprise : en plus d'un
port USB, qui ne sert à rien sauf à mettre à jour le firmware de
l'appareil, on trouve aussi bien une entrée son numérique (coaxiale ou
optique) que deux sorties vidéo (l'une composite et l'autre S-Vidéo).
Fort logiquement, l'iPod se recharge sur le Zeppelin. Mais passons à
l'essentiel : le son.
Le monstre du «lossless»
N'oublions pas l'essentiel
: à 600 euros, le Zeppelin n'a pas le droit à l'erreur. Bowers &
Wilkins ne sont pas à court d'arguments : la puissance de
l'amplificateur est d'1 x 50 W côté grave et de 2 x 25 W pour la partie
médium-aigu. L'alimentation est à découpage. Le traitement numérique
est assuré par un DSP. La reproduction des fréquences aiguës est
assurée par une paire de tweeters à dôme en aluminium, qui agirait comme
une sorte de trou noir acoustique, en éliminant les sons indésirables.
La diffusion sonore serait extralarge, grâce au coffret qui réduirait
les effets de diffraction du son. Les deux haut-parleurs de médium
permettraient à la musique de s'exprimer avec toute sa
transparence... La chanson est impressionnante, mais qu'en disent nos
oreilles? Car à moins d'être ingénieur du son, il n'est pas simple de s'y retrouver face à cet amoncellement de promesses. Avant d'ouvrir ses oreilles, le gros du travail va consister à oublier les mauvais
MP3... Adieu la musique : place au «lossless», c'est-à-dire au format
du son non compressé d'iTunes. Car si d'aventure, vous testez le
moindre morceau dans un format quelque peu compressé, vous perdez l'un
des intérêts de cet équipement. Et là, pas la peine de venir avec des
morceaux, même encodés en 256 kbp/s.
Une restitution sonore impressionnante
Soyons honnête : si
c'est très certainement le meilleur équipement pour iPod qu'il nous a
été donné d'écouter, cela ne remplacera jamais un équipement hi-fi haut
de gamme. C'est tant mieux, le Zeppelin n'est pas là pour ça. Mais la
reproduction sonore est surprenante. Le son est précis, même si l'on
peine parfois à retrouver la pureté des instruments (un violon, par
exemple). Le son est tout sauf plat : le Zeppelin a de la
présence. Et même dans une pièce de 40 m2, il met de
l'ambiance.
Attention tout de même à ne pas pousser la chose dans ses moindres
retranchements car les graves saturent, par exemple sur la symphonie
numéro 3 de Brahms, s'il vous plaît ! Les graves sont donc
puissants mais pas si maîtrisés que cela. Ici, on reprochera au Zeppelin de
ne disposer d'aucun réglage en dehors de ceux proposés par l'équaliseur
de l'iPod.
Lors de nos tests, nous avons été surpris à plusieurs reprises par la qualité de reproduction du son, qui va jusqu'à restituer les
imperfections d'un enregistrement. Sur certains modèles, cet aspect passe
complètement à la trappe. Bref, on redécouvre que le son d'un système
iPod peut approcher le naturel.

Soyons cohérents : non, 600 euros, ce n'est pas trop cher payé pour le
Zeppelin. Sans être à la hauteur d'un bon système hi-fi (qui vaut au
moins le double et qui n'est ni transportable ni design), la solution
proposée par Bowers & Wilkins est une vraie réussite, tant sur le
plan de l'esthétisme que de l'acoustique.