Et maintenant, une souris qui vole !
Superbe, la MX Air tient presque toutes ses promesses, de l'usage révolutionnaire au prix prohibitif.

Logitech nous promet une fois encore la révolution avec sa
dernière-née, la MX Air. Une souris qui est bien plus qu'un simple
pointeur de bureau. Une souris qui se donne des airs de télécommande.
Une souris qui permet de contrôler l'interface du Media Center de Vista
comme le ferait un magicien ou un chef d'orchestre, en la bougeant en
l'air. Une sorte de rêve, croisement entre un design séduisant et une
Wiimote. Et dans les faits, elle donne quoi cette MX Air ?

Ovni, galet venu de l'espace, souris débarquée du futur, la MX Air a un
design qui ne peut laisser indifférent. Une forme si simple et agréable
qu'elle pourrait être naturelle. Et de fait, la nouvelle souris de
Logitech colle parfaitement à la forme de la main. Elle en épouse la forme,
offre le repos nécessaire aux doigts et permet au poignet d'être
parfaitement à plat sur le plan de travail. L'utilisation d'un dongle
pour évincer le fil offre une idéale liberté de mouvement. Bref,
l'ergonomie est une indiscutable réussite.
Classique mais innovante
D'autant que la MX Air innove
également un peu dans l'abord des fonctions qu'on a l'habitude de
retrouver sur une souris. Outre les deux boutons, très sensibles, la
mollette est remplacée par une zone tactile. On passe son doigt d'avant
en arrière ou inversement pour faire défiler un document. Pour éviter
l'impression de « scroller » dans le vide, la MX Air émet un petit
cliquetis de mollette qui roule (plus ou moins vite, avec un petit effet
d'inertie). L'utilisateur a ainsi une impression quasi physique de
roulement. Cette petite trouvaille apporte un confort supplémentaire à
l'utilisation de cette mollette d'un nouveau genre. Mieux, elle évite
la très légère surprise ressentie lors de l'essai d'une autre souris à
capteur, la Genius Traveler 355 Laser.
En plus, chaque extrémité de cette zone tactile peut être utilisée
comme un bouton pour faire défiler le texte en continu. Une bonne idée
qui économisera nos doigts. Pour autant, si la séduction opère assurément, on peut regretter
l'absence d'un bouton de défilement horizontal, comme c'est le cas sur
la plupart des souris de qualité à l'heure actuelle. Idem pour les
accrocs des raccourcis depuis la souris, il n'y a pas ici de molette ou
de bouton latéral. Tel semble être le prix du design minimaliste retenu
par Logitech. Malgré tout, ces absences sont compensées par la présence
sur le dessus de la souris de quatre boutons (Back, Sélection, Lecture
et Volume) configurables grâce à Setpoint, le logiciel de configuration
fourni. Nous y reviendrons en détails plus loin. Quoi qu'il en soit, mis à part ces bémols, pour un usage bureautique,
la MX Air donne entière satisfaction. Son capteur est réactif, son
autonomie très suffisante pour une utilisation prolongée. D'autant que
la reposer sur son socle en fin de journée ne représente pas un effort
surhumain.
Pour faire le point à mi-chemin de cette prise en main, la MX Air est
un bel objet, une souris très agréable à utiliser, mais elle ne vaut
pas ses 150 euros. Voyons donc si sa deuxième face, la face vraiment « révolutionnaire », les justifie.
Une souris prend son envol
Car, la MX Air mérite son nom
quand elle décolle et quitte votre bureau. Elle devient alors une sorte
de télécommande originale, minimaliste et intuitive. Prenez-la en main,
comme vous le feriez d'une traditionnelle zapette, et le curseur se
déplace à l'écran en suivant fidèlement vos mouvements. Ici, pas de
capteur infrarouge comme dans la Wiimote, juste un système perfectionné
de gyroscope et d'accéléromètre. Pour quoi faire ? Pour diriger le
Media Center à la baguette. On déplace le curseur sur le menu à ouvrir,
on clique... Un peu comme on le ferait avec une télécommande de lecteur
de DVD sauf qu'on a ici une liberté totale de mouvement. Ce qui est
plutôt plaisant. D'autant que la finesse de réaction de la souris est
bonne, et peut être réglée via SetPoint. Le plaisir devient
enthousiasme quand on s'aperçoit qu'on peut effectivement, comme
promis, commander certaines fonctions par de simples mouvements. Ainsi,
pour passer d'un morceau à un autre, on fait un petit moulinet vers la
gauche ou la droite en enfonçant le bouton lecture. Même simplicité
pour le réglage du volume. En définitive, ce qui frappe par-dessus
tout, c'est la rapidité avec laquelle on adopte la MX Air et son mode
de fonctionnement. Au-delà de cette petite révolution dans la manière de naviguer dans une
interface, la MX Air se heurte à quelques limites. Tout d'abord, elle
n'est bien entendu pas aussi riche en fonctions qu'une télécommande
dédiée au Media Center. Sans même vouloir la comparer à l'Harmony 1000 du même Logitech,
ce qui serait une aberration, dès qu'on souhaite mettre en place une
programmation ou configurer une option, c'en est fini. Il faut recourir
au clavier, là où une télécommande Media Center nous laissait
tranquille dans notre fauteuil. Des esprits chagrins regretteront qu'aucune touche ne soit prévue pour lancer le Media Center de Vista.
Ce qui est vrai par défaut, mais peut être corrigé grâce à SetPoint. Il
est d'ailleurs temps de se pencher sur le cas de ce petit programme.
SetPoint et match ?
Si SetPoint peut rendre de grands
services avec certaines souris basiques, il marque le pas avec la MX
Air. Là où on aurait aimé pouvoir configurer des mouvements
particuliers pour certaines actions, le logiciel n'offre que le
minimum. A savoir, régler la vitesse de défilement du curseur
différemment selon qu'on l'utilise sur le bureau ou en l'air. Un bon
départ, mais pourquoi s'arrêter là ? S'il est possible de configurer les
boutons de la souris assez librement, ne comptez pas attribuer une
action à chaque bouton selon les usages de la MX Air. C'est d'autant
plus regrettable que Logitech indique que sa souris sait faire la
différence entre les utilisations classique et aérienne. Prenons un
exemple. Vous associez le bouton Back à l'option Blocage du curseur en
l'air. Outre que cette option est d'un intérêt plutôt limité dans le
cadre d'un usage quotidien, une fois la fonction activée, le curseur
sera bloqué aussi bien en l'air qu'en usage classique. Et cette
observation est valable pour tous les boutons et toutes les fonctions. Autant dire que SetPoint déçoit et réduit du coup le champ des
utilisations possibles. On a l'impression que Logitech s'est
arrêté en pleine lancée. Pour prendre une image d'actualité, ce serait
un peu comme un cycliste échappé du peloton avec génie qui s'arrêterait
juste avant la ligne d'arrivée, histoire que les autres puissent le
rattraper...

Belle, splendide, dotée d'une ergonomie bien étudiée, la MX Air séduit
en tant que souris classique et enthousiasme en tant que télécommande
pour Media Center. Pour quelques secondes au moins. Passé un certain
temps d'utilisation, des manques se font sentir. Ils ne sont pas tant dus
à la souris en elle-même – on fait la différence avec une
télécommande dédiée – mais plutôt liés à SetPoint qui semble brider le
potentiel de la MX Air. On reste alors avec l'impression d'un gadget
qui mériterait plus. Ajoutée à un prix élevé, cette petite note de
déception lui coûte un coup de cœur et la destine à quelques amateurs
éclairés de design et de gadgets onéreux.