Le bonheur est-il dans le Pré-N ?
Nous avons voulu savoir si ce routeur basé sur la norme draft 802.11n est aussi performant qu'il le promet.

Avec le WRT300N, Linksys propose une nouvelle génération de routeur
exploitant le "brouillon"(ou draft en anglais ou Pré-N) de la future norme Wi-Fi
802.11n. Qu'apporte cette nouvelle génération de routeur ? Sera-t-elle
pérenne ?

Voici un routeur qui, à défaut, d'être élégant a de la gueule. Posé
horizontalement, il arbore, sur le dessus, trois antennes dont une
ressemble, à s'y méprendre, à celle d'un radar militaire. Ce décor campé,
vous voici devant la première caractéristique de la norme n, le Mimo
(Multiple In Multiple Out), c'est-à-dire l'utilisation de plusieurs
antennes, en l'occurrence trois. Cette inflation d'antennes est
destinée à améliorer la portée du signal Wi-Fi (12 fois plus). Mais le plus intéressant est ailleurs, car le débit, grâce à cette norme également boostée, serait, quant à lui, amélioré (multiplié par 4). Ça, c'est la théorie.
Côté pratique, l'installation de ce routeur ne demande pas d'être un expert en
réseau. Tout au plus, il faut connaître quelques rudiments d'anglais,
car son interface n'est pas, dans la version testée, d'emblée en français. Pour le paramétrer,
deux options sont possibles : soit vous exploitez un utilitaire qui,
tout en vous guidant pas à pas, réduit la difficulté à répondre
à des petites questions éclairées par quelques commentaires (DHCP, SSID,
sécurité), soit l'attaquer via son interface html.
Dans ce dernier cas,
vous disposez de l'ensemble des paramètres mais également d'un accès en
ligne à l'ensemble des explications. Pour disposer d'une interface en français, nous avons dû mettre à jour, en deux temps, le
firmware (ou microcode). Dans un cas comme dans l'autre,
nous avons été séduit. La carte PC Card est encore plus simple à
installer.
Côté performances, Linksys ne dit rien concernant le débit théorique de
300 Mbit/s pour ne parler que de l'amélioration constatée par rapport
au Wi-Fi 802.11g. Pas bête, d'autant qu'à très courte portée, le débit
n'est que (et c'est déjà beaucoup) de 33 Mbit/s là où un équipement
standard en 802.11g plafonne à 18 Mbit/s. C'est surtout à longue portée avec obstacles que ses performances
creusent l'écart. A 25 mètres, quand un équipement Wi-Fi 802.11g est à la peine avec un débit qui n'arrive
pas à dépasser les 7 Mbit/s, ce dispositif fait des miracles : on frôle
encore les 25 Mbit/s.
Quant à sa pérennité, on reste sur ses gardes. Aujourd'hui, ce dispositif
basé sur une puce Atheros est interopérable avec les équipements basés
sur des puces Atheros et Broadcom. Ç'est le plus gros problème
car, en règle générale, avant d'acquérir ce type de matériel, il est
quasi impossible de connaître la nature de la «quincaillerie» embarquée.
D'autant plus qu'il arrive que les constructeurs passent d'un fournisseur à
l'autre, et ce pour un même modèle. En revanche, ce matériel est compatible avec les équipements 802.11b et 802.11g. Et, outre le débit, le dispositif Mimo est appréciable.

Au final, tant les performances que le tarif séduisent côté routeur. En ce qui concerne le PC, en plus des versions PC Card, Linksys propose un adaptateur
PCI-Express. On aurait aussi aimé trouvé un adaptateur USB. A en
croire le constructeur, cela ne devrait pas tarder. Mais si vous êtes
confronté au remplacement de votre routeur, celui-là vaut, sans
hésitation, le détour. Du bel ouvrage.