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Bitcoin : la monnaie de geek qui vaut 1 milliard de dollars

La hausse vertigineuse de Bitcoin, la désormais célèbre monnaie virtuelle décentralisée, lui vaut une attention de plus en plus soutenue de la part des médias et des institutions politiques et financières. Tentative d'explications du phénomène.

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Multiplié par trente. C’est, en l’espace d’un an à peine, la culbute qu’a connue le cours du Bitcoin. Ce qui fait de cette monnaie dématérialisée et décentralisée, comme le soulignait très récemment le Guardian, la monnaie qui affiche le plus fort taux de croissance au monde, et de loin. Depuis le début de l’année, le cours du BTC a été multiplié par plus de sept. Un Bitcoin vaut aujourd’hui plus de 70 EUR, contre 3 en avril 2012 et 10 environ en janvier 2013.
L’évolution du cours du Bitcoin en dollars depuis l’automne 2010. On notera la similitude entre l’explosion du cours en mai-juin 2011 et la hausse phénoménale de ce début d’année. Alors, bulle ou pas bulle ? Une question à (bientôt) un milliard de dollars
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L’expansion des usages

Il est loin le temps où l’usage de Bitcoin comme monnaie d’échange (et non comme simple valeur spéculative ou réserve de valeur) était limité à quelques sites de vente clandestine ou de jeu en ligne. Bitcoin est devenu une manière de « voter avec son porte-monnaie » tout en préservant une composante essentielle du droit de vote : le bulletin secret, et c’est cela même qui lui a valu d’être adopté par des ONG ou des organisations comme Wikileaks, ou Wordpress – afin de permettre aux bloggeurs dissidents ou originaires de pays « exclus » du système international de paiements d’accéder à ses services premium.

Bitcoin, c’est quoi ?

Bitcoin, création d’un personnage énigmatique surnommé « Satoshi Nakamoto », est une devise électronique « virtuelle », open-source et décentralisée, créée et sécurisée par un réseau peer-to-peer. Grâce à un système de validation cryptographique, chaque Bitcoin (BTC) est unique et ne peut être contrefait.
De plus, la quantité totale de BTC qui sera mise en circulation, qui pourra être minée (voir encadré de bas de page), est volontairement limitée à 21 millions, et prend ainsi le contrepied des politiques inflationnistes des banques centrales. Les BTC sont éminemment fractionnables et les coûts de transaction sont extrêmement réduits comparés aux autres systèmes de paiement électronique.

Pour en savoir plus, consultez la page officielle et le Bitcoin Wiki.

Les paiements en Bitcoin, acceptés par des revendeurs de MEGA, coulent de source pour une société dont le business model s’appuie sur la protection de la vie privée. Mais Bitcoin compte également de nombreux supporters moins sulfureux, comme Archive.org qui accepte les donations en BTC et offre désormais à ses employés la possibilité de recevoir une partie de leur paye en BTC, Namecheap, le revendeur de noms de domaine, ou encore Reddit.
Grâce aux économies permises par l’utilisation de Bitcoin pour les transactions, le site de vente de produits électroniques Bitcoinstore peut se permettre de pratiquer des prix inférieurs à ceux des mastodontes de la vente en ligne. Du conseil psychologique à l’alimentaire en passant par les soins dentaires, un nombre croissant de commerces physiques les acceptent. Récemment, un Canadien a même mis en vente une propriété immobilière contre des BTC.

Vers la légitimité ?

Bitcoin traverse une étape paradoxale de son histoire. La société française Paymium a été la première au monde à créer une bourse de change en Bitcoin en partenariat avec une institution bancaire accréditée, offrant ainsi des dépôts garantis. Les américains de Coinbase, Coinlab, Tradehill et d’autres lui ont emboîté le pas, soutenus par des fonds de capital-risque. Exante, le premier hedge-fund s’appuyant sur Bitcoin vient de voir le jour à Malte.
© DR
Memorydealers, une boutique de la Silicon Valley appartenant aux créateurs de Bitcoinstore, affiche haut et fort son appétit pour la monnaie P2P décentralisée.
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L’intégration de Bitcoin dans le système financier mondial ne cesse de s’accroître. Le FinCen (l’équivalent américain du Tracfin, l’autorité anti-blanchiment) vient d’émettre un avis consultatif préconisant la régulation des « échangeurs » de monnaies virtuelles, sans toutefois citer directement Bitcoin. Une mesure perçue par les « Bitcoiners » comme une forme de reconnaissance, mais également comme une forme d’attaque indirecte contre la communauté, qui pourrait se voir assujettie à des contraintes draconiennes sur le sol américain, difficilement compatibles avec l’esprit de Bitcoin.
L’Europe, pour sa part, reste plus réservée. Le porte-parole du commissaire européen Michel Barnier, qui s’était prononcé sur Bitcoin devant le parlement en 2012, nous a déclaré : « la valeur monétaire des Bitcoins actuellement en circulation (NDLR : 11 millions de BTC, soit près d’un milliard de dollars) reste très modeste […] et ne nécessite pas à ce stade d’intervention du régulateur. Nous continuerons naturellement à surveiller l’évolution de ce marché, ainsi que les approches adoptées par les autres régulateurs. »

Caution intellectuelle et engouement populaire

Lors d’un colloque sur les systèmes de paiement, l'ex-vice-président américain Al Gore s’est fendu d’un « Je suis fan de Bitcoin ». Prenant ouvertement parti pour de nouvelles formes de monnaie apolitiques, il continuait : « Bitcoin remplace les fonctions du gouvernement par un algorithme… ce qui est plutôt cool. [….] Petit conseil : n’investissez pas dans une usine de porte-monnaie ». Pour autant, il soulignait la nécessité d’un cadre réglementaire. Le philosophe, écrivain et spécialiste du risque financier Nassim Nicholas Taleb déclarait il y a quelques jours sur Reddit : « Bitcoin constitue les prémices de quelque chose de grand : une monnaie sans gouvernement, quelque chose de nécessaire et d’impératif ».
Dernier facteur expliquant selon de nombreux observateurs le regain d’intérêt pour Bitcoin : le projet de saisie sur les comptes bancaires chypriotes – Chypre s’apprête d’ailleurs à accueillir le premier distributeur automatique de Bitcoins - et la défiance croissante qu’inspire le système bancaire et la politique monétaire des banques centrales, comme en témoigne l’explosion récente de téléchargement d’applications Bitcoin en Espagne, un autre pays durement touché par la crise.
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Une pile d’unités Avalon chez le fabricant chinois Bitsyncom. Le nouveau visage de la planche à billets ? L’Avalon ressemble à une tour de PC mal dégrossi, mais il s’agit de l’unité de calcul de Bitcoins la plus performante disponible sur le marché.
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Bitcoin, monnaie dématérialisée par excellence, serait-il en train de prendre la place des valeurs refuges traditionnelles – comme les métaux précieux – en raison de son immunité face aux risques de confiscation et au risque souverain ? Entre intégration et rejet du système financier, Bitcoin joue décidément un sacré numéro d’équilibriste…
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Sources :
The Guardian
L’avis consultatif du FinCen
Position du Parlement européen sur les monnaies électroniques

Position d’Al Gore sur BitCoin

Nassim Nicholas Taleb sur Reddit

Révolution chez les mineurs d’or numérique

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Bitcoin - la monnaie - est créée, en dehors de toute autorité centralisée. Elle est générée par les « mineurs » qui constituent les noeuds de Bitcoin – le réseau décentralisé de validation des transactions -, lesquels apposent leur signature cryptographique en résolvant des problèmes mathématiques de plus en plus complexes.

Les différents maillons de l’infrastructure indispensable au fonctionnement et à la pérennité du réseau sont donc récompensés pour leur participation par la création de nouveaux BTC et la répartition des frais de transaction, pour l’instant très modestes. La « difficulté » (la complexité des opérations nécessaires pour générer un BTC) augmente avec la puissance totale de calcul du réseau. Les mineurs, qui utilisaient à l’origine de puissantes cartes graphiques, avaient adopté en masse les FPGA (puces programmables), bien plus efficaces, l’année dernière.

Cependant, la donne vient de changer du tout au tout avec l’arrivée de puces (ASICs en anglais) dédiées spécialement à la création de Bitcoins. Pour l’instant, seules deux sociétés sont parvenues à en produire : le chinois Avalon, qui a vendu des unités au compte-gouttes, et l’américain ASICMINER, qui vend une participation à ses « fermes d’ASICs » sous forme d’actions et reverse des dividendes en BTC.

Infiniment plus puissants et moins gourmands en électricité que tous les équipements précédents, les ASICs vont condamner à l’obsolescence toutes les autres méthodes, et faire exploser la puissance totale du réseau, et donc la difficulté. Un facteur interne qui, couplé à la première division des récompenses courant décembre – les mineurs recevront désormais 25BTC pour le calcul d’un bloc de transactions, au lieu de 50 précédemment –, a probablement joué un rôle non négligeable dans la flambée du cours.

(Ci-contre : Les « racks » de puces de calcul d’ASICMINER, qui, avec sa puissance calcul et la difficulté actuelle, génère environ 600 BTC par jour, soit plus de 54 000 dollars au cours actuel.)

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