HP maintient que les chiffres d’Autonomy ont été gonflés
Le ton monte entre HP et Autonomy. Alors que le premier se dit convaincu d’avoir été trompé, l’éditeur de logiciels nie avoir gonflé ses chiffres pour mieux se vendre.
Le différent entre HP et Autonomy n’est pas prêt de se calmer. Il repose sur la conviction du leader informatique d’avoir été trompé par l’éditeur de logiciels qui a cherché à se vendre le mieux possible.
Le montant de la transaction s’est élevé à 10 milliards d’euros, soit dix fois plus que le rachat d’Instagram par Facebook. Pour HP, les chiffres ont été gonflés avant la négociation, ainsi que la plus grande partie d'une énorme charge de 8,8 milliards passée dans ses comptes trimestriels.
Plus que de simples accusations, HP affirme détenir des preuves. « Nous pensons avoir découvert de nombreuses preuves d'efforts délibérés de la part de certains anciens salariés d'Autonomy pour gonfler les données financières de l'entreprise pour induire en erreur les investisseurs et potentiels acheteurs ».
Une charge comptable massive
De son côté, Mike Lynch, le patron d’Autonomy, ne se laisse pas faire. Il dément les accusations et somme le repreneur de dévoiler ces preuves. Dans une lettre ouverte envoyée le 27 novembre 2012 au conseil d'administration du groupe américain, il exige des « explications immédiates et précises sur les accusations que fait HP ».
Il lui demande notamment d'expliquer comment il a calculé le montant de sa charge comptable massive ou pourquoi il a « apparemment attendu six mois avant d'informer ses actionnaires » du problème. HP avait précisé en dévoilant l'affaire qu'il avait été alerté sur les faits au mois de mai.
« L'affaire est entre les mains des autorités »
Sans le dire ouvertement, Autonomy accuse HP de tenter d’atténuer ses derniers résultats financiers en créant une polémique. Lors de l’annonce de ses résultats clos le 31 octobre 2012, Meg Whitman qui dirige le groupe depuis septembre 2011, a révélé une perte « record ». Le chiffre d’affaires a accusé une baisse de 120 milliards de dollars et une perte nette de 12,7 milliards de dollars.
À cela, HP a répondu par un communiqué : « L'affaire est entre les mains des autorités. » Par autorité, HP désigne « le gendarme boursier américain (SEC), l'Office des fraudes graves britannique (SFO), et le Département américain de la Justice ». Le groupe se dit impatient « d'entendre M. Lynch et d'autres anciens salariés d'Autonomy répondre aux questions sous serment ».
L'action HP a perdu, mardi 27 novembre 2012, 2,98 % à 12,36 dollars. Le titre, qui évolue depuis plusieurs semaines à ses plus bas niveaux depuis dix ans, avait dégringolé de près de 12 % le jour de l'annonce des accusations contre Autonomy.
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