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Musique en ligne : la guerre se durcit avec l'arrivée de Vevo

En Europe, l'argent afflue dans la musique sur Internet, alors que les leaders locaux, Spotify et Deezer, font face à Vevo, né d’une alliance entre YouTube, Universal et Sony.

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Né en 2009 d'une alliance entre Youtube (Google) et les majors Universal et Sony, Vevo est désormais présent en France, Italie et Espagne, permettant l'accès gratuit à plus de 50.000 clips, concerts, et autres programmes depuis son propre site et ses applications pour smartphones et tablettes.
Vevo a connu outre-Atlantique un développement fulgurant, avec 50 millions d'utilisateurs uniques recensés en septembre. Il vient désormais défier Deezer et Spotify sur un marché qui pourrait parvenir très vite à maturité.
« Deezer et Spotify sont des spécialistes du streaming audio » (écoute sans téléchargement), or la valeur ajoutée et « le coeur de métier de Vevo, c'est la vidéo », relève pour l'AFP Nic Jones, directeur général de Vevo International.

Une alliance avec Renault-Nissan et la Française des Jeux

Le groupe américain « croit fermement dans la solidité » de son modèle de monétisation par la publicité porté en ces temps de crise par l'excellente résistance de la vidéo publicitaire sur internet, souligne M. Jones.
Pour son lancement en France, Vevo s'est allié à des marques comme Renault-Nissan ou la Française des Jeux. A charge pour Yahoo! de commercialiser ses espaces publicitaires.
En cinq ans, le trafic drainé par les géants du secteur n'a cessé de gonfler dans le monde, avec plus de 200 millions de visiteurs uniques pour Vevo, 26 millions pour Deezer et plus de 15 millions pour Spotify.
Face au déclin inexorable du marché du disque, le « streaming » offre à l'industrie musicale et aux annonceurs une planche de salut et avec le boom du mobile, une véritable manne.
Sur 214 millions de vidéos Vevo vues le mois dernier dans le seul Royaume-Uni, 25% l'ont été sur smartphones ou tablettes.

Le streaming mondial pèse 309 millions de dollars

Deezer, lui aussi, multiplie les alliances avec les opérateurs de téléphonie régionaux sur ses nouvelles terres de conquête. Aujourd'hui, les revenus générés par la diffusion en flux sont encore modestes, mais les progressions fulgurantes.
Le chiffre d'affaires mondial de « streaming » par abonnement – modèle désormais privilégiée par les Européens - a progressé de 58% entre le premier semestre 2011 et le premier semestre 2012 pour atteindre 309 millions de dollars, selon le syndicat de producteurs de disques français (Snep).
Sur la période, il a augmenté de 78% aux Etats-Unis, 83% en Grande-Bretagne, 48% en Allemagne, 80% en Suède et 24% en France.
Au cours de ses deux premières années d'activité, Vevo a investi plus de 100 millions de dollars en contenu de vidéos et programmes.

Les investisseurs sont séduits par le streaming

Deezer, lui, « met tout le paquet » sur l'innovation, et « se donne cinq ans pour couvrir la quasi-totalité des usages possibles », relevait récemment auprès de l'AFP son PDG Axel Dauchez.
Ce marché potentiellement très lucratif aiguise plus que jamais les apétits de gros investisseurs, prêts à soutenir des acteurs encore en quête d'une rentabilité durable au travers de modèles économiques partagés entre gratuité (financée par la publicité) ou abonnements payants.
Dès la première heure, Vevo a été soutenu par un actionnaire de poids: la société publique émiratie Abou Dhabi Media Company (ADMC).
Tout récemment, Deezer a vu son capital enrichi de 100 millions d'euros grâce au richissime homme d'affaires d'origine russe Len Blavatnik. Idem pour Spotify qui vient de collecter une somme équivalente en dollars auprès d'un groupe d'investisseurs conduit par la banque d'affaires Goldman Sachs.
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