Steve Ballmer fait le point sur les lancements de Microsoft
Interviewé par le Wall Street Journal, le PDG de Microsoft a dressé un premier état des lieux alors que Windows 8 et les autres OS satellites sont disponibles depuis vendredi dernier, 26 octobre 2012.
Microsoft joue gros avec son nouveau système d’exploitation, pour le moins différent de Windows 7. En retard sur le marché des mobiles, avec 3 % de parts de marché au niveau mondial, et inexistant sur celui des tablettes, le géant de Redmond a décidé de faire tapis. PC et tablette sont réunis sous une même bannière, avec un petit accroc, Windows RT, mais l’intention est à l’unification, à l’omniprésence d’un produit, d’une marque : Windows 8. Jamais les nouveautés chez Microsoft n’ont été autant imbriquées et interdépendantes. Jamais Microsoft n’avait travaillé à la création et à la fabrication d’un produit maison, la tablette Surface, premier PC du géant et première tablette...
Dans une interview accordée au Wall Street Journal, Steve Ballmer, successeur de Bill Gates au poste de PDG de Microsoft, revient sur cette salve de lancements et donne ses premiers commentaires, en huit questions et huit réponses. Parfois de la langue de bois, quelquefois des réponses déjà entendues, et toujours la conviction d’avoir choisi la bonne direction et d’approcher le succès.
Windows 8 et son microcosme intégré
* Les applications sont identiques, elles sont compilées par le Windows Runtime.
Recette en trois points
Ainsi, quand Shira Ovide, journaliste pour le Wall Street Journal, lui fait remarquer que pour l’instant sa société ne représente rien en termes de parts de marché sur le secteur des smartphones, Steve Ballmer se lance dans son habituel discours.
Pour rencontrer le succès, il faut un « produit d’exception », que les utilisateurs puissent le voir, toucher et utiliser et enfin, le promouvoir. Sur tous ces points Steve Ballmer se sent confiant, sur le dernier surtout : « Vous allez nous voir nous manifester et faire de la publicité ». La question est donc de savoir si les estimations de 1,5 à 1,8 milliard de dollars de budget publicitaire pour le lancement de Windows 8 comprennent également les lancements parallèles, comme celui de Windows Phone 8.
Même réponse un peu langue de bois, quand le Wall Street Journal lui demande si Microsoft va sortir son propre téléphone, ce qui n’est plus impensable depuis que la tablette Surface existe. « Nous sommes plutôt satisfaits cette fin d’année d’arriver sur le marché avec Nokia, Samsung et HTC. Sur le fait que nous aurions des projets pour faire quelque chose de différent ou que nous n’en aurions pas, je n’ai pas de commentaire à faire. »
Inspiré par Apple ?
Justement, la création de Surface est en soi un profond changement de modèle pour Microsoft. La firme de Redmond adoptant en l’occurrence celui d’Apple, qui intègre étroitement logiciel et matériel. Et justement ce modèle, le préférerait-il à celui de Microsoft ? « Nous aimons notre modèle, tout en le faisant évoluer. » Et d’envoyer une pique en direction de Cupertino : « Dans chaque catégorie où Apple est en compétition, il est un acteur de petit volume, à l’exception des tablettes. Dans le marché des PC, de toute évidence, l’avantage de la diversité a été important depuis les années 1990 […]. Nous verrons ce qui arrivera avec les tablettes. »
© Jérôme Marin
Lancement de Windows Phone 8, à San Francisco
Windows 8, un concentré de Microsoft
Et pour Steve Ballmer, l’espoir est de rigueur grâce à ce levier : « Vous voyez vraiment à quel point tout Microsoft est intégré dans Windows 8 et Windows Phone. C’est vraiment remarquable. Vous achetez une surface, c’est tout Microsoft. Vous avez Office, Skype, tout est là. » Windows, Windows Phone et la Xbox sont les « vecteurs dans lesquels [Microsoft] intègre tout son savoir-faire ».
Des vecteurs qui dessinent les contours d’un microcosme autour de Windows 8. Steve Ballmer met évidemment en avant l’intérêt de l’utilisateur à évoluer dans un univers intégré, où tout fonctionne ensemble, du PC à la tablette en passant par le téléviseur-media center connecté à la Xbox 360. Mais il déclare également : « Nous avons une grosse présence sur PC avec Windows, et cela devrait aider dans les secteurs où nous avons des volumes plus faibles ».
Epanouissement et potentiel personnel
Une vision qui rappelle l’antienne de Bill Gates, il y a quelques années, qui voulait un PC, équipé de Windows, dans chaque maison. « Quelle est donc la mission de Microsoft aujourd’hui et pour la prochaine génération ? » demande la journaliste du Wall Street Journal. La réponse sent alors plus le discours marketing un poil fumeux que l’objectif affiché : « Nous parlons en interne de permettre aux gens et aux entreprises à travers le monde de réaliser leur plein potentiel ». Et d’ajouter qu’il souhaite faire en sorte que les utilisateurs « contrôlent leur monde ».
L’épanouissement personnel par Microsoft, voilà qui est alléchant. Et justement, quid des premiers chiffres de vente ? La réponse du PDG de Microsoft : « En termes de chiffres, il n’y a pas grand chose d’intéressant à rapporter. ». Mais de continuer, « si vous appelez les revendeurs, ils vous diront qu’ils sont à court de stock pour les machines tactiles ». La question est désormais de savoir quel pourcentage des achats de PC représente les « machines tactiles ».
La tablette Surface, de Microsoft
agrandir la photo
Windows 8 et consorts, un succès ?
Voilà qui ne répond pas à la question – qui devrait se régler sur le moyen terme – du succès ou de l’échec de ce lancement. D’où la dernière question de la journaliste du Wall Street Journal : « vous avez déjà dit que vous souhaitiez rester à la tête de Microsoft jusqu’à ce que votre plus jeune enfant soit au lycée, d’ici quelques années. Est-ce que c’est toujours votre projet ? » Une question politiquement correcte pour aborder un des points chauds de la Silicon valley, pourquoi Steve Ballmer n’est-il pas débarqué ? Au point que Forbes, en mai dernier, le positionnait premier de son classement des PDG qui auraient déjà dû être virés...
Steve Ballmer rit et répond : « J’ai dit cela il y a des années. Je suis très heureux de pouvoir diriger Microsoft dans ce moment fantastique. J’adore mon travail […]. J’occuperai cette fonctionne aussi longtemps que le directoire voudra de moi et que je sentirai que j’apporte quelque chose et/ou jusqu’à ce que quelqu’un de meilleur vienne et reprenne le flambeau. » Avis aux candidats...
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