Alcatel-Lucent : encore moins d'Europe, toujours plus d'Asie
L'industriel souffre sur les marchés télécoms en France et en Europe, qui encaissent les licenciements. En croissance, Asie et Chine sont épargnées.
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Le cri du cœur des syndicats français est unanime : « 1 430 suppressions d'emplois chez Alcatel-Lucent en France : une catastrophe humaine et industrielle ! » La France, berceau historique d'Alcatel, va payer un lourd tribut au plan de restructuration dévoilé jeudi 18 octobre par la direction de l'industriel, devenu franco-américain depuis sa fusion avec Lucent en 2006. Un symbole : la direction va fermer le site de Vélizy (Yvelines), plus gros site de France (2 400 salariés sans compter les sous-traitants), au profit, notamment, du site de Villarceaux dans l'Essonne.
Après la France, avec 1430 suppressions de postes sur 9 380 salariés, c'est l'Allemagne 530 sur 3 430 salariés, la Belgique, 290 sur 1 610 salariés, L'Espagne 180 sur 1 040 emplois et la Grande-Bretagne et Irlande, 130 sur 1 500 postes qui, dans l'ordre décroissant, paient la note des réductions d'effectifs.
« L’Europe qui ne représente plus que 35 % des effectifs mondiaux du groupe supporte le fardeau des 60 % des suppressions d’emplois, l’Amérique 22 % et l’Asie 18 % », commente le comité d'entreprise européen. En faisant porter au Vieux continent, l'essentiel des réductions d'effectifs, Ben Verwaayen, le PDG du groupe, entérine les mauvais résultats d'Alcatel-Lucent sur le marché des opérateurs européens.
Un contrat de 3 000 stations de base pour China Mobile
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« Le groupe est confronté à une baisse significative de sa part de marché et des commandes de la part des principaux clients français et européens alors que les clients américains et chinois continuent de faire confiance au groupe, les opérateurs tirent les prix des constructeurs vers le bas et font aussi appel aux équipementiers chinois ou aux enchères inversées », commente les syndicats français du groupe.
C'est une allusion directe au fait que les quatre opérateurs mobiles en France préfèrent les concurrents d'Alcatel-Lucent pour faire évoluer leur réseau cellulaire 3G existants ou déployer leur futur réseau 4G. Free Mobile a choisi dès 2010, Nokia Siemens, pour bâtir l'infrastructure de son réseau 3G. Bouygues Telecom continue de miser sur Huawei et Ericsson. Et si Orange a retenu Alcatel-Lucent pour son réseau 4G sur la région marseillaise, rien ne dit que sur d'autres régions, ce choix sera confirmé.
A contrario, l'Asie reste une terre promise. Alcatel-Lucent a rendu public le gain d'un important contrat pour équiper China Mobile. L'équipementier installera 3 000 stations de base dans le réseau cellulaire 4G de l'opérateur chinois. Un symbole de plus du déplacement du centre de gravité de l'équipementier franco-américain vers l'Asie.
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