Le Canard enchaîné va sur Twitter sans gazouiller
Le journal vient d'activer son compte, mais, fidèle à son média d'origine, le papier, il n'envisage pas d'y délivrer de l'information.
On aurait pu penser que le Canard était fâché avec Internet. En effet, jusqu’à présent, le journal, qui fêtera son centième anniversaire en 2015, consacrait toute son énergie pour alimenter l’édition papier qui sort chaque mercredi. Puisque le « changement, c’est maintenant », un compte Twitter est ouvert depuis hier, 11 juillet 2012. Et, en quelques heures, il a déjà séduit plus de 8 000 « abonnés ».
En fait, Nicolas Brimo, journaliste au Canard, a donné à l’AFP quelques précisions sur cette orientation. En fait, ce compte Twitter, qui a été créé par un anonyme, a été récupéré par la rédaction. Il ne dit pas s'il y a eu transaction. Et, son usage, ne sera pas de divulguer les perles qui attirent chaque semaine plusieurs centaines de milliers de lecteurs qui payent 1,20 euro le numéro.
« Internet n'est pas un espace de liberté »
Le journaliste a donné quelques précisions sur l’usage qui sera fait des supports numériques. Pour lui, il s’agit d’un espace promotionnel qui servira à publier le mardi les titres de l’édition du lendemain, mais on n’y verra ni contenu, ni scoop. Un peu comme il le fait déjà avec son site. Sur ce point, le Canard reste fidèle à sa ligne ou plutôt à son média d’origine.
Pour Nicolas Brimo, Internet est un espace commercial, pas un espace de liberté, que les éditeurs de presse n’arrivent pas à monétiser. « Ceux qui gagnent de l’argent, ce sont les fournisseurs d’accès », affirme le journaliste. Une opinion qui omet de signaler que, si les FAI font payer l’accès au Web, ce sont les géants de l’informatique américains comme Apple, Google ou Amazon qui cueillent les fruits de la Toile.
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