Google détaille les requêtes reçues des gouvernements
Pour la cinquième fois, Google publie les requêtes gouvernementales qu'il reçoit dans un rapport. Lors du second semestre 2011, il a constaté une augmentation des demandes de suppression de contenu à caractère politique.
« Quand nous avons commencé à partager ces données en 2010, […] nous avons remarqué que les agences gouvernementales de différents pays nous demandaient parfois de retirer le contenu politique que nos utilisateurs avaient posté sur nos services. Nous espérions alors que cela n’était qu’une anomalie. Nous savons désormais que ce n’est pas le cas. » Tel est, résumé en une phrase, le constat des équipes de Google sur les requêtes reçues des différents gouvernements de la planète.
Google « ne se plie pas » à toutes les demandes
La surprise repose en fait plus sur les démocraties occidentales que sur les dictatures. Lors de la période étudiée, la société américaine pointe deux demandes, l’une espagnole et l’autre polonaise, représentatives de cette tendance. Pour la première, il s’agissait de « retirer 270 résultats de recherches liés à des blogs et à des articles mentionnant certaines personnalités publiques comme des maires ou des procureurs ». Concernant le cas polonais, la demande provenait d’une institution publique qui exigeait l’élimination de liens d’un site critique à son égard. « Nous ne nous sommes pas pliés à ces deux requêtes », précise Google.
En fait, le géant de la recherche n'accède pas à toutes les demandes. Aucune de celles formulées par la Russie (58 demandes), la Hongrie (73 demandes) et la Turquie (88 demandes) n’a été prise en compte. Pour la France, qui a envoyé 1 404 demandes sur le second semestre 2011, 44 % ont été reçues. Idem pour l’Allemagne qui affiche les mêmes scores à quelques unités près. Les choses sont différentes pour les Etats-Unis qui ont envoyé à Google 6 321 requêtes auxquelles le géant du Web a répondu à 93 %.
En Grande-Bretagne, 640 vidéos ont été supprimées
Pour rendre les choses plus concrètes, le rapport de Google dévoile quelques demandes envoyées par les différents Etats. Ainsi on apprend que le Canada a demandé le retrait d’une vidéo d’une personne qui urinait sur son passeport avant de le jeter aux toilettes et de tirer la chasse d’eau. « Nous n’avons pas donné une suite favorable à cette demande », signale Google. En Grande-Bretagne, 640 vidéos faisant l’apologie du terrorisme ont été retirées et les comptes liés ont été résiliés.
« Nous sommes conscients que les chiffres que nous partageons ne représentent qu’un petit aperçu de ce qui se passe sur le Web à une plus large échelle. Mais nous espérons qu’en nous montrant totalement transparents sur les requêtes gouvernementales, nous allons continuer à contribuer au débat sur la façon dont les comportements gouvernementaux façonnent notre Internet. » Une information intéressante sachant que, jusque-là, c’était les usages des internautes qui façonnaient la Toile. Désormais, les Etats veulent un contrôle plus strict des contenus publiés. Et, pour freiner leur zèle, Google devient un juge de paix qui exécute ou non leurs demandes.
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