Facebook : l'entrée en Bourse qui pose question
A une semaine de son introduction en Bourse, le réseau social met les bouchées doubles pour séduire les investisseurs. Malgré des acquisitions et de nouveaux services, le doute s'installe.
L’approche de l’entrée en Bourse de Facebook met le monde de la high-tech et de la finance américaine en ébullition. Prévu pour le 18 mai, cette opération est de plus en plus perçue comme un risque par les observateurs. Depuis quelques jours, la presse économique internationale évoque les risques. Le spectre de la bulle Internet reste une inquiétude qui ressurgit au vu de la valorisation. Laquelle atteint des sommes qui laissent les marchés perplexes. D’autant que les résultats du premier trimestre fiscal 2012 de l’entreprise affichent une baisse sensible de 6 %, par rapport aux trois derniers mois de l’exercice 2011.
Les marchés émettent des doutes
Début mai, le réseau social a annoncé le montant qu’il comptait lever : 12 milliards de dollars pour une valorisation proche des 100 milliards ! Si cela se confirme, il s’agirait de la plus importante introduction en Bourse de l’histoire de la Silicon Valley. Et, si cela devient réalité, les experts avancent que « Le poids boursier de Facebook sera supérieur à celui de Hewlett-Packard et de Dell cumulé. »
De plus, certains précédents jettent le doute sur l’opération, comme le redoutent certains spécialistes, tel Thomas Gouritin, cofondateur de Time to Blast : « Gardons les pieds sur terre... Car l'introduction en Bourse des services Web n'est pas toujours évidente, comme LinkedIn et Groupon nous l'ont prouvé récemment. En effet, ces deux entreprises américaines ont connu jusque-là des fortunes très diverses. Et, à mon avis, Facebook se situera un peu entre les deux. »
Diversifier les revenus
En fait, la principale inquiétude repose sur l’activité même de Facebook, les revenus reposant essentiellement sur la publicité, dont l'évolution avec le dynamisme des abonnés qui, ne nous le cachons pas, a fait du réseau ce qu’il est devenu en postant des milliards de textes, de photos et de vidéos. Pour rassurer les marchés, le site s’est, depuis plusieurs mois, lancé dans une course à l’investissement et au développement. Il a développé un magasin d’applis afin de diversifier ses revenus.
Le cas Zuckerberg se pose
Et, après Instagram, Facebook vient de racheter Glancee, un réseau social basé sur la géolocalisation. Pour cet investissement, aucun montant n’a été communiqué, contrairement à l’opération Instagram, qui a coûté 1 milliard de dollars. Mais, l’affaire n’a pas été du goût des financiers. Non pas à cause de la start-up, mais sur la manière très personnelle dont Mark Zuckerberg a géré les choses.
Cette affaire a rafraîchi les relations avec les investisseurs. Traité d’immature et d’excentrique, le milliardaire de 27 ans pourrait en faire les frais. Va-t-il devoir grandir un peu en changeant d’attitude et de tenue ou sera-t-il la première victime des actionnaires ?
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