Google va inaugurer un centre de recherche en France
Eric Schmidt, le PDG du moteur américain, est venu dévoiler un plan d'investissement important pour la France. De quoi réchauffer les relations avec Paris...
Google va s'enraciner en France. Le PDG de Google était à Paris hier, jeudi 9 septembre 2010. Reçu à l'Elysée, puis invité à Sciences-Po, il a annoncé que son entreprise allait investir dans l'Hexagone. Le numéro un de la recherche sur Internet prévoit ainsi d'ouvrir un centre de recherche et développement en France, à un horizon non précisé encore.
Selon l'AFP, Eric Schmidt a déclaré devant les étudiants de Sciences-Po que ce centre emploierait à ses débuts « quelques dizaines » d'ingénieurs. « Le nouveau centre d'ingénieurs permettra d'accroître les efforts de recherche et développement en France et d'employer de nombreux ingénieurs talentueux ainsi que des diplômés des universités françaises chaque année », note Google dans un communiqué, cité par l'agence de presse française.
Pour la présidence de la République, ce centre « attirera les meilleurs ingénieurs mondiaux sur notre territoire et devrait participer à la dynamique d'innovation de notre économie numérique ».
Google compte également inaugurer un Institut européen de la culture à Paris « où seront centralisés tous les projets de Google qui concernent le monde de la culture en Europe. Cet institut est une première mondiale : il sera piloté par un comité scientifique animé par des personnalités de haut niveau », écrit l'Elysée. Selon l'AFP, Eric Schmidt a souligné que cet institut s'occupera entre autres de « l'accélération de la numérisation de livres, magazines et documents ».
Autres projets : l'accroissement des financements aux universités et à la recherche (programmes de sciences, sciences politiques, droit et de journalisme liés aux questions posées par Internet) ainsi qu'un programme d'aide aux jeunes pousses et aux PME (formation, mise à disposition d'outils).
Les attaques de Nicolas Sarkozy
Pour l'instant, Google ne donne pas davantage de précisions sur ces différents dossiers. Visent-ils à adoucir les relations entre l'entreprise et la France ? Rappelons que le président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de la remise du rapport Zelnik en janvier dernier, avait attaqué frontalement Google.
Il avait à l'époque évoqué une expertise « pour appréhender fiscalement les activités publicitaires des grands portails et moteurs de recherche internationaux présents en France (...) Pour l'instant ces entreprises sont taxées dans le pays siège, mais elles ponctionnent une part importante de notre marché publicitaire. Cela s'appelle de la fuite de matière fiscale et c'est particulièrement dommageable. On n'a aucun cadeau à leur faire. »
Et d'annoncer alors son intention de saisir l'Autorité de la concurrence « sur l'éventuel abus de position dominante par Google sur le marché de la publicité en ligne ». En décembre 2009, ce même Nicolas Sarkozy avait déjà visé indirectement Google sur la question de la numérisation du patrimoine culturel, affirmant qu'il n'est « pas question de nous laisser déposséder de notre patrimoine au bénéfice d'un grand opérateur aussi sympathique soit-il, aussi important soit-il, aussi américain soit-il ».
Aujourd'hui, « le président de la République a accueilli avec satisfaction l'important plan d'investissement que Google s'apprête à accomplir en France, et les modalités du nouveau dialogue que propose Google aux acteurs français de la culture ». Tout redevient pour le mieux dans le meilleur des mondes.
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