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L'Inria décuple ses initiatives auprès des PME innovantes

Très présent auprès des grands comptes, l'Inria s'attaque depuis quelques mois aux PME. Dernière initiative en date, le Club des PME partenaires.

Les faits

Dans la continuité de ses actions menées depuis quelque temps auprès des PME, l'Inria complète son offre avec un Club de PME partenaires. Objectif : accentuer les échanges et la collaboration entre l'Institut et les entreprises innovantes en matière de sciences et technologies de l'information et de la communication (Stic).

L'analyse

Si l'Inria a su instituer une politique de transfert technologique via la création d'entreprise ou au travers de partenariats dynamiques avec les grands groupes industriels, l'Institut est en revanche moins avancé dans ses rapports avec les PME. “ Nous ne sommes résolument volontaristes sur ce secteur de marché que depuis 2008 ”, confie Bruno Sportisse, directeur du transfert et de l'innovation à l'Inria. Conscient que les PME innovantes constituent une composante essentielle de l'économie nationale, l'Institut décide donc, courant 2008, de réorganiser sa direction du transfert et de l'innovation en cinq pôles : télécoms, réseaux, multimédia ; aéronautique, espace, défense ; développement durable, énergie, transport ; santé, biotechnologie ; logiciels embarqués, éditions de logiciels.
Confiée à cinq responsables nationaux, la mission de ces pôles consiste à identifier des PME pour lesquelles les sciences et technologies de l'information et de la communication (Stic) constituent un élément essentiel de leur stratégie de croissance et un élément de rupture technologique sur leur marché. “ Mais identifier et surtout qualifier ces PME est extrêmement difficile ”, reconnaît Bruno Sportisse. Pour cela, l'Inria s'appuie sur ses huit centres de recherche implantés en région et sur les acteurs locaux de l'innovation tels les pôles de compétitivité. “ Les Stic se diffusant rapidement, l'identification de la demande des entreprises est une clé non seulement pour accompagner la maturation de nos technologies ou logiciels mais aussi pour infléchir nos actions de recherche ”, insiste le directeur du transfert et de l'innovation.

Plusieurs dispositifs pour dynamiser les partenariats

Le partenariat avec l'entreprise peut prendre plusieurs formes que ce soit via le transfert de connaissance et l'élaboration d'une recherche collaborative entre l'Inria et l'entreprise, le transfert de compétences avec l'intégration de jeunes ingénieurs ou jeunes chercheurs de l'Institut, ou le transfert de technologie avec la concession de licences. Par ailleurs, un programme PME interne à l'Inria soutient les équipes de l'Institut qui amorcent des partenariats avec les PME.
Aujourd'hui, l'organisme de recherche complète donc toutes ses actions en créant le club des PME partenaires de l'Inria. Via un portail web dédié, ce club informe d'opportunités de transfert, met à la disposition des PME membres une CVthèque de jeunes diplômés de l'Inria et annonce les projets de recherche collaborative (nationaux ou européens) sur lesquels travaille l'organisme. Le club met aussi en avant des actions de promotion conjointes des offres de l'Inria et des entreprises (salons, conférences). “ Grâce à des rencontres personnalisées, l'Inria garantit aux PME devenues membres une relation individualisée ”
.

Pôles de compétitivité, des points à revoir

Le Comité Richelieu a mené une enquête auprès des PME concernant ces pôles. Selon ses résultats :
68 % des 120 PME participants ou ayant participé à un pôle de compétitivité se disent satisfaites du fonctionnement contre 34 % l'an passé. (66 % des PME interrogées s'estimaient insuffisamment valorisées).
64 % estiment que les pôles facilitent leur mise en relation avec les laboratoires de recherche.
40 % seulement estiment que leur participation aux pôles se traduit par une augmentation de leur chiffre d'affaires.

Le rapport de la Mission d'évaluation et de contrôle sur les perspectives des pôles de compétitivité constate :
Une participation insuffisante des acteurs de la recherche (15 %) et de la formation (3 %) au sein des pôles.
Un manque de coordination entre la politique des pôles et les autres dispositifs territoriaux de soutien à la recherche.
Un système de financement qui manque de lisibilité dû à la multitude des acteurs.
Des procédures complexes. Les délais de versements des fonds sont longs et les contraintes administratives lourdes.
L'inertie du dispositif qui se traduit par des crédits non consommés : les aides engagées entre 2005 et fin 2008 s'élèvent à 559,6 M d'euros soit 76,6 % des crédits prévus.
Des divergences d'objectifs entre les pôles, favorisant la recherche en amont, et les PME, qui attendent une ouverture vers des marchés nouveaux.
Insuffisante gestion du partage de la valorisation de la recherche au sein des pôles. Les PME craignent de se faire piller en matière de propriété intellectuelle.

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