55 % du temps passé sur l'innovation
IBM publie un rapport mondial sur les DSI. Menée auprès de quelque 2 500 d'entre eux, l'étude confirme la mutation de leur métier et les dualités de leurs profils.
01 Informatique
le 01/10/09 à 00h00
Les faits
Baptisée Global CIO Study 2009, l'enquête d'IBM a été réalisée, en face à face, auprès de quelque 2 500 DSI à travers le monde, dont 156 en France.
L'analyse
Visionnaire éclairé et pragmatique efficace. Créateur de valeur et réducteur de coûts. Business leader reconnu et expert IT influent. Tels sont les trois doubles rôles qui caractérisent le DSI 2009, selon une étude réalisée par IBM.
Parmi les enseignements majeurs, la crise joue un rôle d'accélérateur. Il faut concrétiser l'innovation encore plus rapidement, accroître la rentabilité de l'investissement IT, et augmenter l'impact des technologies de l'information. Les DSI interrogés passent d'ailleurs 55 % de leur temps (52 % en France) à travailler sur l'innovation.
“ On part du besoin des utilisateurs puis on regarde si on peut aller plus vite avec les technologies ”, explique Jean-Claude Meunier, DSI de la Ville de Paris (en podcast sur BFM Radio,
http://tinyurl.com/6hvxgy).
“ Nous recherchons surtout à créer de la valeur. ” Reste alors 45 % de l'agenda du DSI (48 % en France) consacrés au bon fonctionnement du système d'information. Une tâche qui demeure malgré tout la priorité. L'étude d'IBM affirme en effet que le DSI ne se lance dans de nouvelles approches technologiques qu'une fois couverts les besoins informatiques immédiats.
Produire des processus métier moins chers
“ Nous devons bouger vite et voir loin. Répondre quasi immédiatement aux besoins des opérationnels, tout en préparant la sortie de crise ”, relève Christian Grellier, DSIO de Bouygues Immobilier. Justin Ziegler, DSI et cofondateur de Priceminister.com, reconnaît, lui, deux dimensions dans ses fonctions actuelles : “ Il faut tenir le service, et assurer la montée en charge en contrôlant ses coûts, tout en livrant rapidement des projets de croissance et de développement. ” “ Chez Bouygues Immobilier, nous participons, par exemple, aux innovations métier comme notre concept de Green Office ”, ajoute Christian Grellier. Tous affirment également se poser des questions sur l'efficacité de leurs collaborateurs. Exemple avec les réseaux sociaux. Les générations Y qui débarquent dans l'entreprise les utilisent à outrance. “ Il convient de réfléchir à la façon de prendre en compte ces innovations dans le métier de l'entreprise ”, dit Christian Grellier.
Côté réduction des coûts, les DSI affirment tous travailler pour obtenir des processus métier moins chers. Pour cela, 76 % d'entre eux centralisent leur gouvernance, tandis que 53 % souhaitent standardiser ces processus métier.
Quant à son rôle de manager, “ le DSI est aujourd'hui un leader incontournable, qui anime des projets et des équipes pour rendre un service aux utilisateurs ”, souligne Jean-Claude Meunier. “ C'est au DSI de faire comprendre aux membres de son équipe que lorsque l'un d'entre eux travaille sur une technologie, il œuvre en fait pour optimiser les revenus de l'entreprise ou pour créer de nouvelles lignes de chiffre d'affaires ”, conclut Justin Ziegler.
Un DSI consulté mais pas toujours décisionnaire
Si 74 % des DSI font partie des comités stratégiques de leurs entreprises (64 % en France), seuls 62 % prennent part directement aux votes pour décider des grands axes. En France, ils ne sont que 32 % dans ce cas.
Question à… : Nicolas Sekkaki, directeur général d'IBM Global Technology Services
Sur quels sujets majeurs les DSI travaillent-ils actuellement ?
“ Si la virtualisation, les projets SOA, de mobilité, et de communication unifiée occupent toujours le haut de l'affiche, priorité semble aujourd'hui donnée à la relation client et, surtout, à l'exploitation de l'information sous toutes ses formes. 83 % des DSI (74 % en France) affirment concentrer leur énergie sur tout ce qui touche au décisionnel et aux analyses de données métier. 58 % affirment savoir comment transformer les données en informations utiles pour leur entreprise et créer ainsi de la valeur. Derrière ces projets apparaissent aussi des programmes de fiabilisation et de sécurité des données. 73 % des DSI interrogés se disent ainsi très concernés par la gestion des risques et la conformité. ”