“ Apple moins sécurisé que Microsoft ”
“ L'antivirus d'Apple n'est qu'un dispositif capable de reconnaître deux logiciels infectés… sans savoir les effacer ”
Yann Serra, grand reporter à 01 Informatique
Yann Serra, grand reporter à 01 Informatique
Le dernier rapport semestriel de X-Force, l'entité de conseil en sécurité d'IBM, jette un pavé dans la mare. Pour la première fois, Microsoft n'est plus l'éditeur qui totalise le plus de failles de sécurité, tous produits confondus. Il passe en troisième position dans le peu glorieux classement des acteurs informatiques les plus vulnérables, derrière… Apple et Sun ! Le rapport relativise cependant le cas de Sun. Les failles du Californien ne concernent que des rouages mineurs d'Opensolaris et, dans 100 % des cas, ont été découvertes par les propres développeurs du système. Lesquels ont d'ailleurs immédiatement publié des correctifs.
Les analystes de X-Force saluent même la performance des ingénieurs de Sun sur les méthodes de détection des vulnérabilités, manifestement plus évoluées qu'ailleurs. Le cas d'Apple est inversement plus inquiétant. D'abord, les failles des logiciels Apple passent pour les plus facilement exploitables ; des hackers ont démontré, notamment lors du sommet américain Black Hat consacré à la sécurité, qu'il suffisait d'une poignée de secondes pour voler le mot de passe d'un utilisateur Mac, alors que plusieurs minutes sont nécessaires pour réaliser la même opération sous Windows. Apple atteint un autre triste record : parmi les éditeurs de systèmes d'exploitation, il publie le moins de correctifs de sécurité. Doit-on, dans ce cas, faire confiance au constructeur à la pomme, lorsqu'il se félicite d'avoir ajouté à son dernier système Mac OS X Snow Leopard, un antivirus ? Et bien non : en y regardant de plus près, l'antivirus d'Apple n'est qu'un dispositif capable de reconnaître deux vieux logiciels réputés infectés et qui alerte l'utilisateur s'il tente d'en ouvrir un. Mais il ne sait pas les effacer tout seul ! Quant à la faible quantité de virus sur Mac, les analystes estiment qu'elle n'a rien à voir avec un aspect technique, mais relève d'un désintérêt des hackers pour une plate-forme jusqu'alors minoritaire. La situation devrait s'inverser dans les prochaines semaines, en raison de la popularité de l'iPhone. Seul point d'optimisme dans ce portrait peu honorable : ce sont les failles découvertes chez Microsoft qui peuvent avoir les conséquences les plus graves. Ouf, l'honneur d'Apple est sauvé !
y.serra@01informatique.fr

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