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“ Je travaille chez Google dans la Silicon Valley ”

Technophile, Patrick Chanezon s'est lancé dans l'aventure Google en 2005. Il applique la règle des 20 % de temps dédiés à des recherches personnelles.

Patrick Chanezon s'est installé aux Etats-Unis en 2005 et travaille depuis au Googleplex, le site californien de Google. Il est intarissable dès qu'il s'agit de parler des projets auxquels il a participé depuis son arrivée dans l'entreprise. Que ce soit du plus récent (l'intégration de Google Friend Connect à Times.com) au plus ancien (la promotion des API Adwords et Checkout). Pas étonnant puisqu'il assure que si sa hiérarchie décide de ses chantiers, ces derniers tiennent compte des priorités de la société et de ses intérêts personnels.

Encourager les initiatives

Pour favoriser l'implication des ingénieurs aux innovations de l'entreprise, Google applique la fameuse règle des 20 % : chaque collaborateur consacre 20 % de son temps à une problématique personnelle, librement choisie et mise en œuvre. “ La plupart des sociétés pour lesquelles j'ai travaillé avant n'offraient pas une telle liberté d'innovation ”, constate Patrick Chanezon. Si le projet s'avère réalisable et profitable, il passe dans le Google Labs (un laboratoire technologique qui recueille les projets des ingénieurs de Google pour les tester auprès des utilisateurs) ou dans leur stratégie produit. L'objectif est évidemment de favoriser l'apparition de nouveaux concepts, tout en restant rentable. Patrick Chanezon, enthousiaste, explique : “ Même si beaucoup de ces idées ne sont pas finalisées, les réponses aux problèmes rencontrés lors de leur réalisation peuvent être réutilisées par l'entreprise. ” Le processus d'évaluation des employés prend en compte ces projets. Leur réussite peut aboutir à une promotion. La culture de l'innovation ne se limite d'ailleurs pas à l'informatique, elle se vérifie, par exemple, dans le recrutement.
Patrick Chanezon ne rate pas une occasion de visiter les filiales locales de Google ; il a ainsi pu observer le même esprit partout sur la planète. Pour encourager les échanges, les équipes sont rassemblées dans les mêmes bureaux paysagers que leur manager. La cantine gratuite favorise les déjeuners communs et la création d'idées. Beaucoup de Googlers partagent en outre des activités en dehors du travail. Ce n'est pas le cas de Patrick Chanezon : “ Avec trois enfants et une femme qui travaille, j'ai peu de temps à consacrer aux activités extraprofessionnelles des Googlers. Je suis aussi un peu plus vieux que la moyenne, même s'il y a quelques seniors de 60 ans ”, explique-t-il. Ce décalage ne l'empêche pas de construire une carrière intéressante au sein de l'entreprise.
Au final, il est loin de regretter son installation aux Etats-Unis. Il pense qu'il n'aurait pas eu l'opportunité de poursuivre une carrière intéressante en France, en conservant une forte compétence technique. “ Mes anciens employeurs m'avaient fait comprendre que ma seule possibilité pour progresser était de devenir manager, l'autre solution aurait été de créer ou de rejoindre une start up. ” Quand l'éventualité de travailler pour un autre employeur est évoquée, il rétorque : “ Le modèle d'entreprise de Google va faire école, j'aurais du mal à retravailler pour une entreprise traditionnelle. ” Même si le nombre d'employés est passé de 3 000 à 20 000, la structure hiérarchique continue à ne pas être un frein aux initiatives personnelles. Le rôle des managers se concentre sur l'élimination des obstacles et la définition des objectifs plus que sur l'organisation de leur réalisation. Reste à espérer que cela perdurera.

Patrick Chanezon (Google) : “ le modèle d'entreprise de Google va sûrement faire école ”

1993 : diplômé de l'Ecole centrale de Lyon.
De fin 1997 à 1999 : consultant senior, puis architecte et chef de projet chez Netscape France.
2000 : manager du portail MyNetscape chez AOL.
De fin 2001 à 2005 : architecte chez Sun. Cofondateur de l'OSSGTP (Open Source Software Get Together Paris).
Depuis 2005 : API Evangelist puis manager de l'équipe Client and Cloud Advocacy (Openweb, Appengine, GWT) chez Google.

Participer à des projets open source. Ils donnent un bon aperçu du travail en environnement collaboratif mondial. De solides bases techniques sont requises. On peut fournir dans son CV une URL vers des applications déjà mises en œuvre.

Etre en constant apprentissage. Il faut savoir passer à de nouvelles technologies. Un évangéliste doit faire preuve de curiosité intellectuelle pour aider à la diffusion des technologies de Google (participation à des conférences, des interviews).

Si ça vous tente…

Selon les pays, les profils recherchés par Google peuvent être très différents. Aux Etats-Unis, toutes les fonctions sont représentées. En Israël, les ingénieurs s'avèrent plus demandés qu'en France, où les commerciaux sont plus nombreux. La filiale française étant arrivée à maturité, les embauches sont moins fréquentes que ces deux dernières années. Diversifiées, les offres sont publiées sur le site web de Google (www.google.com/intl/fr/jobs/index.html).

La cooptation est encouragée chez Google. Lorsqu'une annonce est publiée, les employés peuvent proposer des profils amis au recruteur. Mais quelle que soit la filière de recrutement, les étapes à l'embauche restent les mêmes. Le candidat effectue en moyenne cinq entretiens préalables. Le processus s'effectue à 180° : il rencontre son futur manager, puis ses collègues, la décision finale étant prise sur la base d'un consensus de toutes les personnes vues.

Pour se familiariser avec la culture de l'entreprise et avoir un aperçu du Googleplex, le site de Google constitue une bonne source d'informations (www.google.com/intl/fr/corporate/culture.html). A lire aussi les nombreux blogs d'employés ou d'exemployés de Google (notamment xooglers.blogspot.com/).

Certaines démarches sont nécessaires. Il est possible de se renseigner sur les sites du Sénat (www.expatries.senat.fr), de la maison des Français de l'étranger (www.mfe.org) ou de l'Agence pour l'emploi des cadres (www.cadres.apec.fr).

L'avis du coach : Une expatriation réussie qui mêle passion et vigilance

Luc Bizeul, coach chez Pyxis Technologies

Réaliser ses rêves. Avant de trouver une entreprise qui lui convienne, Patrick Chanezon a connu plusieurs expériences. Beaucoup d'informaticiens ont des conditions de travail difficiles. Son parcours prouve qu'il est possible de vivre son métier en accord avec ses passions et en laissant s'exprimer ses talents.

Réussir sa vie professionnelle. En France, Patrick Chanezon avait du mal à trouver une culture d'entreprise qui lui permette de réaliser ses ambitions. C'est pourquoi il a choisi de s'ouvrir à l'international. En effet, les talents et la création de valeurs pour l'entreprise y sont reconnus, au travers de carrières professionnelles attrayantes. Et les salaires plus élevés que dans l'Hexagone.

Prendre du temps pour soi. Trouver un juste équilibre entre vie personnelle, sociale et professionnelle n'est pas toujours aisé. Les informaticiens sont souvent des passionnés, et le risque d'épuisement professionnel non négligeable. Il faut prendre du temps pour soi, se ressourcer hors du contexte du bureau, même lorsque certaines entreprises offrent des lieux de vie très confortables. A chacun de veiller à son propre bien-être.

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