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La magie de la commande par gestes

Les nouvelles interfaces homme/machine ne changent pas seulement notre façon de communiquer avec les terminaux, elles bouleversent nos comportements. On devient plus réactif, plus simultané et plus impulsif.

Les interfaces tactiles, virtuelles, interactives ne sont pas un gadget technologique pour les grandes entreprises françaises. Le grand public semble être la cible idéale, pourtant ce sont les professionnels qui vont vraiment tirer parti de ces outils. Intervenant lors du débat du Cercle 01/La Tribune(*), le 16 septembre, Jean-Louis Constanza, PDG d'Orange Valley, l'a confirmé devant un parterre d'une quinzaine de patrons de grands groupes français, rejoints par Luc Rousseau, directeur général de la compétitivité, de l'industrie et des services au ministère de l'Economie. Tous sont convaincus, mais peu d'entre eux se sont lancés, hormis dans la grande distribution.
Lors de ce débat, le PDG d'Orange Valley a insisté sur les usages et les impacts que ces interfaces homme/machine ont sur nos comportements. “ Depuis l'arrivée de Windows, ces interfaces sont devenues notre nouvelle réalité. Elles structurent et éloignent l'information à la fois : une dépêche de l'AFP nous parvient après toute une série de filtres, d'agrégateurs et de moteurs de recherche. Un travail mené par à peine plus de 100 000 personnes qui encodent notre façon de voir le monde. ” L'information brute disparaît et la médiation devient réalité. L'être humain connecté change. Plus réactif, plus impliqué, il perd son esprit d'analyse et peut devenir trop impulsif.

Un outil qui comprend l'intention de l'utilisateur

L'autre intervenant de ce débat, Thomas Serval, de Microsoft, a promis une nouvelle ère d'interactivités. De l'ancienne ligne de commande, nous sommes passés à l'outil graphique avec Windows et Mac OS. Place aujourd'hui aux interfaces naturelles avec des produits tels que la table tactile (lire 01 Informatique, n° 2005 du 2 septembre 2009). Ici, l'outil cherche à comprendre l'intention d'un ou plusieurs utilisateurs grâce à une multitude de capteurs. Plus largement, les nouvelles interfaces vont ouvrir des possibilités dans l'affichage banalisé (sur les murs, tables, vitres, sols), dans la réalité virtuelle (reconnaissance vocale, des formes, du visage, des mouvements) et enfin dans l'interaction naturelle (en utilisant la vision, la gestuelle, le tactile, le musculaire). On parle même aujourd'hui de réalité virtuelle augmentée, où l'outil reconnaît puis recrée l'environnement et y rajoute des éléments pertinents.
(*) Le Cercle 01/La Tribune rassemble une quarantaine de patrons des plus grands groupes français, autour des usages et des enjeux des technologies de l'information.

Le témoin

Thomas Serval, directeur de la division plate-forme et écosystème chez Microsoft
“ Dès Windows 7 (en octobre), une partie de ces innovations va être présentée. Et Microsoft va inclure la reconnaissance vocale, faciale, gestuelle, de mouvements et d'objets dans Natal (notre photo), un accessoire de la console de jeux XBox prévu pour Noël 2010, pour un usage multi-utilisateurs. Les interfaces du futur sont là. ”

D'ici à l'an prochain, nous consommerons différemment l'information

Vingt-cinq pour cent des Américains regardent aujourd'hui des vidéos sur leur mobile. Quant aux utilisateurs d'iPhone, ils passent en moyenne quinze minutes au téléphone et une heure devant leur écran par jour.

L'avis de l'expert

Jean-Louis Constanza, PDG d'Orange Valley
“ Les interfaces matérielles se marient au logiciel pour nous envahir d'expériences utilisateur (écrans tactiles, 3D, géolocalisation, réseau social). L'information brute disparaît au profit de la pertinence et de la recommandation. De Google Maps, on passe à Google Earth et on arrive à Streetview en situation personnelle. Pour s'approprier ces technologies, il faut les vivre soi-même ; retenir qu'elles structurent nos clients et que nos produits sont intégrés à des interfaces que nous ne contrôlons pas. Pour les entreprises, cela implique d'avoir une marque forte et souple, “ Google-immune ”, de préférer la pertinence à l'exactitude et l'exhaustivité, et de développer des réseaux sociaux autour des produits. ”

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