Le pionnier des interfaces tactiles multipoints est français
Le phénoménal succès de l'iPhone, d'Apple, a fait passer les interfaces tactiles multipoints, où plusieurs contacts simultanés sont détectés et interprétés, du statut de curiosité de laboratoire à celui de technologie en vogue. Une visibilité qui arrange bien Stantum, même si son activité ne doit rien à celle d'Apple. En effet, bien avant qu'il existe un iPhone, les trois fondateurs de Jazz-Mutant, la société qui a précédé Stantum, avait mis au point le Lemur. Arrivé sur le marché en 2005, il s'agit probablement du premier système commercial à avoir exploité la technologie multipoint.
Le Lemur visait à remplacer les traditionnels clavier et souris pour le contrôle des logiciels musicaux, en exploitant les possibilités des interfaces tactiles. Pour ce faire, les trois fondateurs développèrent une technologie originale, et désormais protégée par des brevets, sous la forme d'un contrôleur contournant les limitations des systèmes tactiles mono-points alors existants. Elle exploite un écran tactile de type résistif, et non capacitif comme celui de l'iPhone, ce qui le fait réagir au contact du doigt, mais aussi à celui des objets inertes de type stylet. Cette technologie consomme aussi moins d'énergie et demande moins de puissance de calcul. Du coup, lorsqu'en 2007 le marché commence à s'emballer pour ces interfaces d'un nouveau genre, plusieurs constructeurs d'équipements électroniques contactent JazzMutant afin d'utiliser sa technologie. A l'époque, l'entreprise bénéficie déjà d'une certaine notoriété : Apple et Microsoft font partie des acheteurs des cinq premiers Lemur.
Kit de développement pour les électroniciens
JazzMutant disparaît alors au profit de Stantum. L'entreprise se dégage de la création et de la commercialisation de produits conçus par ses soins, mais fournit à des partenaires fabricants de semi-conducteurs son offre MDK, à savoir des briques de propriété intellectuelle et un kit de développement qui leur serviront à élaborer des contrôleurs, ensuite revendus aux fabricants d'équipements. La start up travaille aussi avec ces fabricants d'équipements pour les aider à mettre en œuvre leur technologie.
Pour l'instant, Stantum compte deux partenaires dans les semi-conducteurs. Le premier, Sitronix est un électronicien taiwanais spécialisé dans les contrôleurs d'écrans LCD ; il sortira sa solution multipoint avant la fin de l'année. Le second, un acteur de plus grande taille, reste un secret bien gardé. Stantum, qui a levé 13 millions de dollars en mars dernier, recrute à tour de bras des employés et recherche d'autres partenaires, avec une prédilection pour les marchés de masse.
Nom : Stantum.
Date de création : 2007.
Domaine : interfaces pour équipements électroniques.
Innovation : technologie d'interaction multipoint pour écrans tactiles résistifs.
Produits : plates-formes de développement MDK.
Repères
Siège : Bordeaux (33), bureaux à Paris, au Japon, et aux Etats-Unis.
Effectif : 35 personnes.
CA 2008 : 1,7 M d'euros.
Financement : Oséo : prêt de 75 k euros, avance remboursable de 100 k euros pour la R&D, subvention R&D et innovation de 216 k euros.
Guillaume Largillier, 32 ans, directeur de la stratégie.
Pascal Joguet, 35 ans, directeur technique.
Julien Olivier, 31 ans, architecte matériel et logiciel.

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