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Hugues de Maussion (Randstad France) : “ la fusion de nos deux SI n'a pas détruit de valeur, au contraire ”

Fin 2007, Randstad et Vedior s'unissaient pour donner naissance au deuxième acteur mondial du travail temporaire. La fusion des SI s'est effectuée région par région.

Comment s'est déroulée la fusion ?
Hugues de Maussion : Cette opération a été facilitée par la similarité des profils. Avec Randstad et Vedior, nous avions deux sociétés hollandaises constituées en holding sur un modèle décentralisé. Côté DSI, nous n'avons reçu qu'une seule instruction du siège : retenez un système ou l'autre, mais ne fusionnez pas les deux. Partir de deux systèmes d'information (SI) français sans maison mère qui interfère simplifie la donne. Durant l'été 2008, nous avons mené des ateliers de travail pour déterminer le SI cible. Après comparaison des outils, celui de Vedior a été retenu. L'effet de taille a joué, Vedior employant 4 200 personnes en France et Randstad 800. Le projet a été mené en six mois pour les premières réalisations. Les agences et les SI ont fusionné, eux, en mode big bang, le week-end du 1er mars 2009.
Quel bilan faites-vous ?
HDM : La fusion s'est bien passée, sans interruption de service. La reprise de données RH notamment (référentiel de compétences, CV, pièces officielles numérisées) a constitué le plus gros chantier. Il a fallu établir des formats communs d'import-export et retirer les doublons, des intérimaires inscrits dans les deux sociétés. Cette reprise a contribué à économiser 20 000 heures de ressaisie. Bien sûr, les utilisateurs ont été perturbés. Nous avons dû fusionner les annuaires Active Directory, les mots de passe, les comptes, les messageries. A cela s'ajoutaient les déménagements physiques. L'assistance téléphonique a été saturée. Par bonheur, nous avions initié en fin 2007 la refonte de notre système de référentiels. Conçu de façon générique, il a pris en compte les structures organisationnelles de Randstad. Une cartographie indispensable avant la fusion des agences.
Comment vous êtes-vous organisé au sein de la DSI ?
HDM : Tout s'est fait en interne par re-allocation des priorités, en gelant les projets non liés à la fusion. Cette internalisation a aidé à une meilleure appropriation du projet par les équipes. Tous les informaticiens ont travaillé à la fusion. Le choix d'un des deux SI a induit de facto la désignation des cadres de l'organisation. L'effet taille des équipes a encore joué entre une dizaine d'informaticiens chez Randstad, contre une centaine chez Vedior.
Quelles opportunités ce rapprochement a-t-il créées ?
HDM : La DSI a reçu une dotation spécifique. Nous en avons profité pour renouveler ou augmenter la capacité de l'infrastructure. Randstad avait investi dans la ToIP, qui sert aujourd'hui de socle pour le réseau de communication de chaque nouvelle agence. Nous avons aussi procédé à une refonte du site web en l'intégrant à notre SI. Enfin, nous avons modélisé les processus métier de Randstad (la façon de travailler d'une agence, le nombre d'intérimaires à gérer, etc.) sur l'outil décisionnel de Vedior. Randstad a une approche de la marque plus puissante, un rayonnement mondial. Une fusion, ce sont aussi des additions.
Quels sont les prochains chantiers ?
HDM : Nous reprenons les projets mis en sommeil. Il y a cinquante ans, la société Bis avait défriché le marché en France. Aujourd'hui, nous proposons toute la palette des services RH, bien au-delà des frontières de l'intérim : recrutement, placement en CDI, formation, reclassement… Et le champ va encore s'élargir aux services à la personne ou au portage. La DSI construit les outils de demain, pour préparer l'après-crise.

Bio express

50 ans. Diplômé de l'Ecole spéciale de mécanique et d'électricité.
1984 : débute dans une société de services.
1987 : rejoint le groupe Dupont de Nemours, où il est en charge des SI dans plusieurs filiales européennes.
1998 : DSI d'Uniq Foods.
2002 : directeur informatique de Danone.
Juin 2007 : DSI du groupe Vedior France, devenu Randstad France.

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