L'e-learning doit encore convaincre les informaticiens

Les informaticiens se tournent difficilement vers l'e-learning. Seuls les cursus bureautiques tirent leur épingle du jeu. Une offre de formation efficace réunit souvent une formule mixte, associant modes présentiel et à distance. La mise en place d'un projet e-learning reste complexe, avec un volet technique et un contenu dédié.
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Premier enseignement, l'engagement dans la formation continue des salariés et l'intérêt porté à l'apprentissage en ligne (ou e-learning) sont corrélés à la taille de l'entreprise. Selon le baromètre 2008 établi par Le Préau (Centre pour l'e-learning et l'innovation pédagogique) de la CCIP (Chambre de commerce et d'industrie de Paris), seules 12 % des entreprises ont financé des actions de formation avec ce mode d'enseignement en 2007. Ainsi, 21,4 % des entreprises de 500 à 999 salariés ont proposé des formations en ligne en 2007 ; cette proportion passe à 31,2 % pour celles dont les effectifs sont supérieurs à 1 000. Un chiffre confirmé par Cegos, spécialiste de la formation professionnelle, qui constate qu'un tiers des salariés des grandes entreprises (de plus de 1 000 personnes), ont suivi une formation en e-learning en 2008. Près de 60 % d'entre eux travaillent dans le secteur de la banque assurance et 50 % dans celui de l'informatique et des télécoms. Ce mode de formation répond au besoin des entreprises de réduire les coûts dans ce domaine en jouant sur la suppression des frais de déplacement et les gains sur le temps de travail des salariés.

Un apprentissage qui répond à des besoins spécifiques

Les formations linguistiques figurent parmi les plus représentées : 56 % des entreprises utilisent l'e-learning pour ce type d'apprentissage. Elles sont suivies par la bureautique (23 %) et l'informatique pour informaticiens (16 %). Enfin, 10 % des entreprises y ont recours pour des formations au management. Autre particularité : 26 % des sociétés déclarent utiliser ce mode pour des besoins de formations proches de leur cœur de métier : commercialisation et marketing des produits, procédures et traitements en comptabilité, techniques financières et bancaires, domaines d'expertises (électronique…), transversaux et réglementaires (sécurité, normes qualité…).

Ce marché se caractérise par la présence d'un grand nombre d'acteurs aux positionnements voisins ou connexes. A commencer par les éditeurs de plates-formes LMS (Learning Management Systems) qui gèrent la diffusion de contenu de formation, tels le Français Syfadis ou les Américains Sumtotal et Saba. L'acquisition de ces plates-formes représente 12 % des dépenses du marché. Les systèmes LCMS (Learning Content Management Systems) gèrent la diffusion et la création de contenus, souvent aussi proposées par les éditeurs de LMS. Il existe également des plates-formes libres comme celle d'e-Doceo. On constate aussi un glissement du marché des SIRH (système d'information en gestion de ressources humaines) vers l'intégration d'applications et l'e-learning. Ainsi, SAP dispose d'un LMS qui complète son SIRH.

Des contenus conçus sur mesure ou réalisés en interne

Viennent ensuite les créateurs de contenus sur étagère ou sur mesure. On y trouve des sociétés de formation classiques, telles que Cegos et Demos, et des éditeurs de contenu full e-learning, comme la société française Crossknowledge. Certaines entreprises préfèrent réaliser ces contenus en interne afin d'en maîtriser la pédagogie. Il s'agit souvent de grands comptes de la banque assurance ou de l'industrie. La création de contenus représente 54 % des dépenses du marché. “ Réaliser un contenu multimédia coûte de 5 000 à 50 000 euros de l'heure et nécessite environ 220 heures de travail ”, estime Christophe Marée, responsable marketing chez Adobe France.

La mise en place d'un projet e-learning, associant volet technique et contenu spécifique, est complexe. La transposition de contenus de formation classique demande une ingénierie pédagogique, indispensable pour les adapter, et requiert des développeurs, des graphistes et des outils auteurs. Sans oublier le système du tutorat, recommandé pour éviter de forts taux d'abandon. Quoi qu'il en soit, l'e-learning a trouvé sa place, presque tous les acteurs de ce marché s'accordant à dire que le développement d'une offre de formation efficace passe par le blended learning, soit le mélange entre formations présentielle et à distance.

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