











Les grandes SSII ont annoncé une hausse de leurs effectifs dans les pays à bas coûts salariaux. Dans une étude, le cabinet Pierre Audoin Consultants quantifie le “ phénomène indien ” en France.
Avec la crise économique, la pression sur les tarifs des prestations risque de s'accentuer. La pratique de l'offshore, réponse directe des SSII à ce phénomène, devrait ainsi s'accélérer. Les déclarations des grands acteurs en ce début d'année semblent en tout cas en attester : pour conserver un bon niveau de rentabilité, Atos Origin, Capgemini et Logica, entre autres, ont annoncé des projets de développement offshore. A contrario, leurs effectifs en Europe occidentale ont tendance à se stabiliser voire à décroître. Comme un symbole, Capgemini comptera, dans les semaines qui viennent, plus de ressources en Inde que dans l'Hexagone. Ce constat spectaculaire s'explique aussi par la grosse présence de la première SSII française aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où la pratique de l'offshore est plus répandue.
Mais quelle est la réalité du “ phénomène indien ” en France ? Selon la dernière étude du cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), les prestations réalisées pour des entreprises françaises dans l'ensemble des pays à moindres coûts de main-d'œuvre représentent en 2008 un volume d'affaires de 1,2 milliard d'euros, soit 5 % du marché des services informatiques. L'offshore depuis l'Inde, comptant à lui seul pour 30 % de ce total, est estimé à 350 millions d'euros, soit 7 100 équivalents temps plein (ETP). Mais sa croissance moyenne pourrait dépasser les 50 % par an sur la période 2009-2010, selon PAC, pour atteindre un volume de 16 500 ETP.
La mentalité des entreprises françaises serait ainsi en train de changer. “ 2008 est vraiment l'année où la pratique de l'offshore est devenue plus naturelle pour les entreprises françaises. On attend une accélération cette année ”, confirme Patrick Guimbal, président de Logica France (ex-Unilog). Actuellement, l'entité française de Logica travaille en majorité avec le Maroc, où la société dispose de 500 salariés. Mais le volume d'affaires traité avec l'Inde est en forte augmentation : fin 2008, il représente 25 % du volume offshore de la filiale française, contre 5 % en 2007. Dans ce marché essentiellement tiré par la TMA (et plus précisément par la partie maintenance), la part de marché des spécialistes indiens locaux a tendance à baisser au profit des SSII hexagonales.
