Optimiser la fiscalité des grands groupes

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Créé en fin 2007, Altaven n'est pas une entreprise aussi jeune qu'il y paraît. “ Nous avons l'apparence d'une start up mais dans les faits, nous avons une histoire plus ancienne ”, précise Sacha Hodzaj, co-fondateur et président de l'éditeur. Car les bases d'Optim'is, le logiciel de consolidation et d'intégration fiscale que développe aujourd'hui Altaven, datent de la fin des années 90. A l'origine, cette solution avait été développée par l'éditeur français Cartesis. Maintes fois racheté, Cartesis a fini par tomber dans l'escarcelle de SAP en 2007. Après cette énième acquisition, l'activité d'intégration fiscale, jugée peu stratégique, a été cédée à Altaven, fondé pour l'occasion. Sacha Hodzaj et Laurent Ludivg, directeur général de la start up, ont ainsi relancé la machine en travaillant avec un comité de pilotage composé de quelques-uns des clients grands comptes. Il faut dire que le logiciel avait besoin d'un dépoussiérage en profondeur.

Des économies substantielles

Baptisée Optim'is Premium, la nouvelle version du logiciel a été lancée fin 2008. Dans les directions centrales des grandes sociétés, les spécialistes de la fiscalité y recourent pour minimiser l'impôt de ces groupes. Ils utilisent, notamment, “ les règles d'intégration fiscale afin d'imputer les pertes d'une filiale sur le résultat de la société mère ”, explique Sacha Hodzaj. Des centaines de millions d'euros peuvent ainsi être économisés. “ Si le périmètre de consolidation est de 60 sociétés en moyenne, il dépasse parfois les 500 sociétés pour certains de nos clients ”, témoigne Laurent Ludvig.

Internationalisation de l'application historique

Des chiffres qui plaident en faveur de l'utilisation d'un logiciel robuste. Optim'is s'appuie pour cela sur une architecture client-serveur, avec une base de données SQL Server ou Oracle. Avec l'ancienne version, l'information de base, à savoir les liasses fiscales des filiales, remontait par envoi de tableaux Excel, ce qui imposait le plus souvent une ressaisie. Aujourd'hui, l'application embarque un connecteur pour le logiciel de production des liasses Etafi de Cegid, accélérant ainsi la remontée des données. Autre nouveauté : l'introduction d'une interface web, en plus des accès Citrix et Terminal Server déjà proposés. De même, le code a été modifié en profondeur. Ainsi, certaines valeurs liées à la fiscalité française, écrites “ en dur ” dans le logiciel, sont devenues des paramètres qu'il sera possible de faire varier pour s'adapter à la fiscalité d'autres pays. Pour effectuer toutes ces évolutions, “ 1,5 million d'euros a été investi en recherche et développement sur les dix-huit derniers mois ”, précise Laurent Ludvig.

Certains grands comptes, tels que Total et PSA, sont récemment venus grossir la base installée d'Altaven. Cette dernière est passée de 125 à 200 sociétés clientes suite à l'acquisition de l'activité d'intégration fiscale de Sage.

Nom : Altaven.
Date de création : novembre 2007.

Domaine : logiciel fiscal.
Innovation : modernisation technique et fonctionnelle d'Optim'is.
Produit : Optim'is Premium.

Repères

Siège : Paris (75)
Effectif : 23 personnes.
CA 2008 : 2 M d'euros.
Financements
Actionnaires : les fondateurs, Xange Private Equity (filiale du groupe La Poste), CM-CIC (filiale du Crédit Mutuel), Cegid. Oséo : qualification FCPI, aide à l'innovation (510 k d'euros).

Sacha Hodzaj, 36 ans, cofondateur et président. Ex-salarié de Cartesis puis de BO. Ce fiscaliste a été formé à Paris-XII.

Laurent Ludvig, 46 ans, directeur général. Cursus à Dauphine. l'université Paris-Ancien de Cegid.

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