Parallels mise beaucoup sur le cloud

Quitte à se laisser distancer par ses concurrents en entreprise, l'éditeur de Virtuozzo compte prendre une avance technique chez les hébergeurs. Qui ne sont pas tous convaincus.
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Les faits

Lors de son sommet annuel, Parallels a fait évoluer ses solutions d'administration et de déploiement des machines virtuelles avec des modules de facturation, Plesk Billing 6.0 et Business Automation 4.4, qui tiennent compte de la puissance réellement consommée.

L'analyse

On attendait de l'éditeur Parallels qu'il mette son offre de virtualisation au niveau de celle de VMware. Ce n'est plus une priorité. L'hyperviseur bare metal, autrement dit fonctionnant sans système d'exploitation hôte - à l'image de VMWare ESX - est remis à plus tard. La virtualisation à distance des postes est déléguée aux partenaires de bonne volonté. Pourtant, certains auraient apprécié que Parallels améliore ses couches de virtualisation. “ Il nous est typiquement impossible aujourd'hui de faire cohabiter des serveurs virtuels Linux et Windows dans la même machine, alors que c'est une fonction de base chez la concurrence ”, se plaint Germain Masse, responsable des centres chez OVH. Blaise Thauvin, directeur technique d'Amen, attend la migration à chaud des machines virtuel-les entre serveurs physiques, “ laquelle aurait été plus adaptée au cloud computing ”. Car justement, plutôt que d'aller se battre contre les autres acteurs de la virtualisation, Parallels compte se “ concentrer sur le marché des hébergeurs, affirme son PDG, Serguei Belloussov. Nous concurrencerons ESX, Hyper-V ou Xen pour la simple raison que les serveurs hébergés prendront le pas sur les serveurs des salles privées ”. Selon lui, l'émergence du cloud computing fera disparaître les serveurs dans les PME d'ici à cinq ans…

Une fonction de facturation

Il est vrai que Parallels a bâti sa réputation chez les hébergeurs grâce à sa couche Virtuozzo qui virtualise l'OS hôte en instances autonomes, ce qui permet de faire tourner dix fois plus de serveurs virtuels LAMP que VMware ESX, et à son outil d'administration Plesk, qui sait déléguer les responsabilités pour gérer des domaines web, une caractéristique qu'on ne trouve pas chez la concurrence. C'est sur la facturation automatique que Parallels entend creuser l'écart. Selon Serguei Belloussov, la maîtrise de la facturation sera la clé de l'indépendance technologique des hébergeurs à l'heure du cloud. “ L'utilisation à la demande complique le calcul du prix d'une application hébergée. Devant la difficulté de la tâche, les hébergeurs courent le danger d'opter pour la simple revente d'une plate-forme de cloud clés en main, comme Azure de Microsoft ”, explique-t-il. Un hébergeur, qui tient à rester anonyme, indique que Microsoft imposerait aux hébergeurs une marge financière de 6 %, très en deçà de leurs marges actuelles, estimées à 50 %. Reste que pour Blaise Thauvin, Parallels s'éparpille à mauvais escient : “ La facturation n'a rien à faire dans Plesk ! Nous préférons l'intégrer dans nos propres outils de suivi client, afin de faire le lien avec les fonctions de support ”. Et de pointer qu'il est d'ailleurs culturel de payer en France au forfait plutôt qu'à la consommation réelle.

2 questions à… : Jean-Louis Decosse (directeur technique de Cegid) :

Parallels est-il crédible dans le cloud computing ?

“ Non, car le cloud computing pose davantage un problème de support à l'éditeur d'une application en Saas qu'un problème de virtualisation à l'hébergeur. Par exemple, si l'on veut produire pour un client des statistiques sur sa consommation de puissance, il sera plus pertinent de le faire à l'aide d'outils de mesure dans l'application plutôt qu'en surveillant la charge des serveurs. ”

Doit-il revoir son offre fonctionnelle ?

“ Oui, car le vrai défi du cloud, et plus généralement du Saas, est d'industrialiser l'interopérabilité avec les applications. Il faudrait que Parallels offre des liens entre ses solutions de virtualisation et les couches d'exécution. La seule solution qui y parvienne, à l'heure actuelle, est Hyper-V de Microsoft. ”

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