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En 2006, Airtag, une jeune pousse de la région parisienne spécialisée dans la conception et la vente de solutions sans contact, ne dispose que d'une informatique minimaliste. Des clients de messagerie – Thunderbird pour Windows et Eudora pour Macintosh – sont réglés pour récupérer les courriels (en POP) à partir d'un serveur de messagerie Qmail, hébergé aux Etats-Unis. Ce dernier servant aussi de serveur hôte MX pour router les messages. Le partage des documents sur internet se fait grâce à un wiki. Deux ans plus tard, cet équipement basique pose un sérieux problème, car l'entreprise, qui se développe, souhaite augmenter le niveau de qualité des propositions adressées aux clients et mettre en place des espaces projet collaboratifs.
Pour y remédier, Airtag veut mettre en œuvre “ des répertoires et des calendriers partagés, ainsi que des workflows permettant de valider des documents en fonction d'une politique de droits, souligne Yves Tranchier, le directeur opérationnel de la société. Nous souhaitions aussi synchroniser nos terminaux avec notre messagerie ”. L'entreprise désire également rapatrier en local l'émission et la réception de ses courriels afin d'en conserver la maîtrise, et voudrait accéder à ces derniers via un protocole sécurisé HTTPS au moyen d'Outlook Web Access. Pour répondre à ces besoins, Airtag doit impérativement s'équiper d'une infrastructure, mais à moindre frais car ses capacités d'investissement informatique sont limitées.
En juin 2008, commence la phase d'évaluation des solutions du marché. L'entreprise finit par s'intéresser aux environnements Windows, au serveur de messagerie Exchange et au portail Sharepoint de Microsoft. Dans ce cadre, Small Business Server (SBS) 2008 – qui réunit ces trois serveurs plus la base SQL Express, l'annuaire Active Directory et la solution de sécurité Forefront et Onecare – apparaît comme une solution acceptable. L'argument choc de la pile de serveurs étant justement deviser les organisations detaille modeste dont les budgets sont serrés.
Airtag récupère les premières copies de SBS 2008 en version anglaise dès leur disponibilité en novembre 2008. “ Lors de l'installation, nous avons exporté dix boîtes aux lettres vers Exchange, puis à l'aide de l'interface d'administration de SBS, nous avons créé les comptes utilisateurs correspondants ”, précise Yannick Tranchier. L'installation s'effectue en local sur un serveur biprocesseur Dell SC 1435. La création des comptes utilisateurs génère automatiquement, par allocation de ressources, les calendriers personnels et partagés, les espaces de stockage de documents et les blogs.
Reste à paramétrer les droits de chaque utilisateur et les workflows de validation afin de permettre l'usage de ces espaces collaboratifs. Airtag n'abandonne pas pour autant son ancienne infrastructure hébergée de courriel, mais l'utilise pour établir une architecture redondante à moindres frais. En effet, si Exchange était devenu le serveur de routage MX principal, une coupure de la liaison ADSL aurait pour effet l'arrêt de fonctionnement de toutes les fonctions collaboratives. Airtag utilise donc le serveur hébergé comme MX primaire, afin de transférer les courriels vers Exchange, ce qui a pour effet de sécuriser l'infrastructure.
SBS 2008 est conçu pour des entreprises ne disposant d'aucunes compétences d'administration système ou réseau. Airtag a tout de même fait appel à une SSII, Oxilya, pour mener le projet de services réduit. Celle-ci, en a peine deux jours, a ainsi garanti un dimensionnement et un paramétrage corrects. “ L'interface d'administration prend en charge la création des comptes utilisateurs et le réglage des droits affectés aux espaces documentaires, aux calendriers et aux blogs ”, se réjouit Yannick Tranchier. Sitôt l'installation terminée, les liens HTTPS vers la messagerie et les fonctions de push mail sont actifs.
À l'usage, la solution s'avère adaptée au fonctionnement d'Airtag. “ Nous utilisons le portail Sharepoint pour créer un site par projet. Pour chacun, nous organisons et partageons les propositions commerciales et les comptes rendus de visite. Ces sites permettent également de gérer les versions de documents et de publier les informations nouvelles, à la manière d'un blog, détaille Yannick Tranchier. Nous disposons également de calendriers partagés en ligne qui peuvent être rapatriés dans nos clients Outlook. ” Des listes de diffusion seront peut-être mises en œuvre. Enfin, l'investissement est abordable avec une enveloppe de 2 700 euros, dont 1 200 pour Oxilya.
Revers de la médaille de la simplicité : toute fonction non disponible au sein de l'interface d'administration n'est pas exploitable, ce qui oblige à saisir directement des commandes en mode console. Paradoxal. Ainsi les clients Outlook 2007 utilisent le port 443 pour dialoguer avec le serveur Exchange. “ Dans notre cas, ce port était déjà utilisé par des applications historiques. Comme cela n'est pas configurable au sein de SBS 2008, nous avons dû établir un mécanisme de redirection avant de migrer lesdites applications, pour conserver le fonctionnement natif d'Exchange ”, relève Yannick Tranchier. Enfin, les fonctions d'administration système se limitent aux sauvegardes et aux restaurations complètes. Il faut donc recourir à des logiciels additionnels pour sauvegarder par incrément ou mettre en place une politique d'archivage.
Activité : conception et vente de solutions sans contact pour le commerce.
Siège : Vanves (92).
Effectif : 12 salariés.
CA 2007 : 160 000 euros.
Problème à résoudre : migration des boîtes aux lettres (Outlook/Thunderbird/Eudora) vers un serveur de messagerie local et mise en œuvre d'espaces projets collaboratifs et de calendriers partagés. Accès HTTPS et push mail.
Solutions déployées : pile de serveurs SBS 2008 soit : environnement Windows Server 2008, annuaire Active Directory, serveur de messagerie Exchange 2007, client Outlook 2007, portail Sharepoint Services 3.0, SQL Express (15 utilisateurs). Solutions de sécurité Forefront et Onecare pas encore exploitées.
Difficultés rencontrées : paramétrage du serveur Exchange et des ports exploités par défaut pour l'extérieur.
Les coûts : 2 700 euros dont 1 200 euros de projet de services. Hors serveur matériel.
Juin 2008 : recherche d'une solution.
Août 2008 : contact avec Microsoft et négociation du contrat.
Nov. 2008 : installation du pack SBS2008 EN les 10, 12 et 13 novembre.
Déc. 2008 : mise en place des espaces de collaboration, des droits et des workflows.
À venir : installation et configuration des outils de sécurité Microsoft Forefront et Onecare.
“ Nous avions un a priori favorable pour les solutions libres : Horde Groupware, Zimbra Open Source Edition ou Scalix. Mais elles se sont révélées soit trop lourdes soit trop jeunes, donc possiblement instables. Quant aux services en ligne Googlecalendar et Sharecalendar, l'un est limité tandis que l'autre, payant, paraît onéreux au regard du service rendu. Au final, nous nous sommes intéressés aux serveurs Exchange et Lotus. Complets et stables, ils restaient pourtant chers. Exchange n'est intéressant que pour les entreprises de plus de 100 utilisateurs et qui peuvent dépenser plusieurs dizaines de milliers d'euros. Or notre budget se limitait à 5 000 euros tout compris. Dans ce contexte, SBS 2008 constitue une solution car il limite l'investissement de départ. ”
















