











Non, la vague dite 2.0 n'a pas fait entrer internet dans une nouvelle ère plus collaborative. Cette notion et celle de “ user centric ” (centré sur l'utilisateur – NDLR) sont inscrites dans les gènes du réseau. Pour preuve, lors de l'investiture de Barack Obama, nous avons assisté à une grande leçon de maturité du web, une expérience utilisateur supérieure à la télévision. La partie n'était pas gagnée d'avance. Une trop grande affluence peut mettre à plat n'importe quelle infrastructure sous-dimensionnée ou non. Depuis plus de vingt ans, on essaye de transformer internet en réseau de diffusion de masse. Les problèmes rencontrés sont dus à sa structure même, qui limite les velléités des “ broadcasters ” et les assauts des spectateurs. Et si les plus grandes réussites en termes d'audience se retrouvent du côté des plates-formes vidéo off line, comme Youtube, il ne faut pas oublier l'usage du on line, la retransmission en temps réel d'événements où les chaînes de télévision entendent jouer un rôle de premier plan.
Le 20 janvier était pour moi la revanche des “ oubliés ”. Au niveau technologique, une étape importante a été franchie. Elle marque le vrai tournant de l'audiovisuel via internet. Tout d'abord, les réseaux ont bien tenu. Les opérateurs américains font état d'une surcharge inhabituelle (de +50 % à +200 %) avec un trafic provenant majoritairement des entreprises. Les volumes les plus importants ont été indubitablement générés par les flux multimédia et vidéo utilisés par CNN sur le web, ainsi que par les conversations entre serveurs Macromedia, issus sans doute de la retransmission en peer to peer (P2P) de cette même chaîne de télévision.
En écoutant les uns et les autres, il semble d'ailleurs que ces technologies de P2P n'aient pas détrôné la prédominance des CDN (Content Delivery Network) proposés par Akamai, Limelight et Bitgravit. Cela dit, un mouvement de fond est en train de s'enclencher. Le deuxième enseignement du 20 janvier concerne Flash 10. Ce qu'a réalisé Adobe avec cette version de son application pour la vidéo est peut-être aussi important que ce qu'ils avaient fait avec la première version pour le web… Flash 10 contient ainsi des mécanismes de P2P utilisés par CNN pour la retransmission web de l'investiture. Rappelons-le, cette technique autorise, en toute légalité, de diminuer le besoin en bande passante entre le ou les serveurs de retransmission et les internautes. Au lieu d'utiliser des ressources de sociétés classiques, c'est l'internaute lui-même qui, en assistant à la retransmission, devient un émetteur potentiel du flux. On n'avait déjà vu fonctionner ce genre de solution, mais à moindre échelle. Cet événement a été l'occasion d'une très belle démonstration grandeur nature, que certains pensaient impossible.
Cela signifie que nous allons enfin pouvoir imaginer des retransmissions de très grands événements en direct sur internet, sans avoir à supporter des coûts parfois démesurés pour les diffuseurs. Nous nous préparons de beaux jours, mais aussi de grands moments de solitude quand les opérateurs, qui seuls participent aux investissements d'infrastructures, vont venir demander leur dû aux diffuseurs…
Enfin, ultime innovation du 20 janvier, CNN a fort intelligemment mixé les fonctions communautaires de Facebook avec la transmission utilisant Flash 10. Résultat : nous commentions ce que nous voyions, auprès de nos “ amis ” Facebook et cela donnait une dimension tout à fait géniale au sujet. Ce concept n'a rien de nouveau et certains équipementiers me l'ont déjà présenté il y a deux ans… sauf que là, cela fonctionne sans solution technique complexe et propriétaire !
Cette investiture démontre que les solutions internet sont entrées dans un niveau de maturité sans précédent. Enfin une vraie convergence entre ordinateur, télévision et mobile, texte et vidéo ! Vivement demain !
