











Microsoft propose en téléchargement gratuit les préversions de ses prochains systèmes d'exploitation : Windows 7, sobre et compatible avec les périphériques que son prédécesseur ne reconnaissait plus, et Windows Server 2008 R2, qui déplacera enfin les machines virtuelles sans les arrêter.
Aucun doute, Microsoft fait profil bas. Avec Windows 7, finis les tapages graphiques à coup d'effets 3D m'as-tu-vu – nécessitant des configurations matérielles surgonflées – et l'arrogance d'un éditeur qui estime que son écosystème n'a qu'à le suivre. Place à un système d'exploitation plus modeste et, surtout, plus modulaire. L'un des progrès majeurs de Windows 7 est l'un des moins visibles : il ne charge ses modules que lorsqu'ils sont nécessaires, ce qui conduit à une consommation des ressources réduite de moitié. Ce dispositif existait depuis des années dans tous les autres systèmes d'exploitation… dont Microsoft ne s'est que partiellement inspiré.
Ainsi de nombreux analystes regrettent que perdurent les alertes de sécurité qui sollicitent plus souvent l'utilisateur que sous Linux ou Mac OS X. Elles représentaient l'une des principales critiques à l'encontre de Vista. “ La faute en incombe plus aux applications qu'au système ”, rétorque Thierry Mille, formateur chez Afib. Selon lui, les restrictions de sécurité sont désormais les mêmes entre tous les systèmes d'exploitation, “ mais il y a un vrai travail de communication à faire auprès des développeurs Windows pour qu'ils cessent d'écrire leurs programmes comme s'ils avaient tous les privilèges ”.
Windows Server 2008 R2, lui, se pliera aux fonctionnalités usuelles disponibles dans d'autres systèmes. Le Powershell saura enfin administrer des serveurs à distance, comme le fait SSH sous Linux, mais avec la faculté supplémentaire d'automatiser des fonctions applicatives. Net. Quant à Hyper-V, il proposera peu ou prou les fonctions de VMware ESX, notamment la possibilité d'étendre la virtualisation au cluster. Notons chez Microsoft l'avantage d'utiliser un volume d'échange en NTFS classique plutôt qu'un formatage VMFS qui suppose de réinitialiser les disques. Un bémol toutefois : “ La fourniture à la demande de mémoire supplémentaire n'arrivera qu'avec la mise à jour suivante ”, révèle Bernard Ourghanlian, directeur technologique chez Microsoft. Ce mécanisme évitera de bloquer des ressources réservées par l'administrateur pour une machine virtuelle mais non utilisées. Un retard pour la bonne cause, puisque Microsoft envisagerait de publier ses prochains Windows avec un trimestre d'avance.
Ces nouveaux Windows sont surtout des versions de transition. Leurs fondements communs ouvrent la voie à des architectures plus modulaires. Windows 7 est pressenti pour être capable d'animer des téléphones mobiles. L'apparition discrète d'une couche Directaccess, censée gérer les noms de domaine sans passer par un VPN, pourrait à l'avenir engendrer des réseaux plus nomades. Bernard Ourghanlian y voit des perspectives de collaboration inédites. Restent qu'elles seront surtout verrouillées aux seuls protocoles Microsoft.
Les nouveaux Windows répondent-ils aux attentes ?
“ On espérait un service de fichiers plus efficace pour indexer les contenus multimédias et des interfaces plus à la portée des néophytes. Ce n'est pas le cas ; aujourd'hui, Windows perd les utilisateurs chevronnés et n'apporte pas de réelles innovations. Concernant le poste de travail, Microsoft ne publie qu'une version sur trois qui soit en ligne avec les attentes du marché. Windows 7 risque fort de rallonger la liste des coups dans l'eau, comme 95, 98SE, Millenium et Vista. ”
Y a-t-il un problème dans la stratégie de Microsoft ?
“ Oui. Microsoft pousse une brouette bardée de marketing mais sans valeur ajoutée véritable pour l'entreprise et l'utilisateur. Concernant Windows 7, les entreprises devront payer plus cher sans avoir, apparemment, de service supplémentaire. ”
