











La mort des architectures orientées services (SOA) ”. En titrant ainsi un article de son blog, Anne Thomas Manes, analyste de Burton Group, n’imaginait pas l’émoi qu’elle provoquerait (lire p. 8). D’autant qu’elle ne cloue pas au pilori ces technologies, mais explique que personne n’arrivera à rien tant que l’on continuera à déployer les architectures SOA comme on le fait aujourd’hui. Cette analyste affirme que ces dernières ne doivent pas être considérées comme des applications technologiques, mais comme de véritables projets d’entreprise. Un discours que tout le monde tient depuis 2006, date des premiers projets SOA de référence. A l’époque, ces architectures informatiques étaient la panacée : réutilisation des applications existantes, indépendance du système d’information par rapport aux technologies sous-jacentes... Les DSI allaient contribuer à la croissance de l’entreprise sans alourdir leur budget. Mais leur approche s’est trop portée sur l’angle technique. L’ensemble des directions métier n’a en outre pas été impliqué – toutes n’avaient pas les mêmes priorités. Autre écueil : le calcul du retour sur investissement n’a été possible que sur du long terme; un argument difficile à défendre aujourd’hui, où la valeur d’un projet doit se percevoir tout de suite. Alors que faire ? Tout remettre à plat? La réponse se trouve peut-être dans... la crise, plus exactement dans la rupture qu’elle va provoquer dans l’organisation des entreprises. Par essence, les projets SOA s’inscrivent en effet au coeurmême de la modernisation de l’entreprise, et pas dans sa mécanique informatique. Il n’y a qu’à voir ceux qui ont marché : Air France a rationalisé ses services métier à l’occasion de la fusion avec KLM, Airbus a lancé un projet d’urbanisation lors de sa réorganisation. Les architectures SOA ne sont pas mortes, il suffit de revenir à leurs fondamentaux.
* Rédacteur en chef de 01 Informatique
