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Caractère : Après un démarrage tardif et un peu difficile, vous rivalisez désormais avec les autres fournisseurs. Comment expliquez-vous cette situation ?
David Presskett : C'est vrai que Canon est arrivé sur le marché de l'impression numérique couleur de production bien après les autres. Alors que nous avions déjà une très grande expertise de la couleur et de son impression, notamment dans la chaîne graphique, avec ce qu'on appelait alors les copieurs « connectés ». Depuis plus de 70 ans, l'histoire de Canon se confond avec celle de l'image et, depuis 70 ans, Canon propose à ses clients des solutions innovantes dans ce domaine. En présentant lors du dernier Ipex, en septembre 2006 à Birmingham, le premier système d'impression numérique de production ImagePRESS, nous avons suscité beaucoup d'intérêt de la part des professionnels de l'imprimerie. Le produit a demandé de la mise au point, mais aussi de la mise en place de compétences dans nos équipes. Aujourd'hui, la presse est sur les rails et nous déclinons la technologie sur toute une gamme, pour réaliser de l'épreuve ou de la production.
C. : À quoi imputez-vous la bonne performance que vous réalisez actuellement ?
D. P. : Je pense, d'abord, que nous sommes arrivés à un point de non-retour, après de nombreuses années de développement. L'impression numérique couleur est désormais acceptée par les professionnels graphiques et la qualité produite ne souffre plus de discussions face aux autres procédés. Les donneurs d'ordre sont aussi convaincus par cette qualité et par la reproductibilité de la couleur. De plus, l'impression numérique est devenue une option intéressante parmi les procédés et elle prendra nécessairement dans les mois et les années à venir une part importante et complémentaire dans l'activité des imprimeurs ou d'autres spécialistes. Nous constatons, en effet, que nos installations se répartissent à peu près également par tiers : le premier chez les imprimeurs du labeur, le deuxième chez les reprographes, et le troisième chez de nouveaux prestataires. On note, d'ailleurs, partout en Europe, la naissance de ces nouvelles sociétés qui prennent appui sur l'impression numérique pour développer de nouveaux concepts de produits imprimés, comme cela est arrivé dans le domaine de la photographie avec ces entreprises spécialisées dans les albums photos, les calendriers personnalisés, les cartes de voeux, etc.
C. : Canon a fait réaliser par le RIT une enquête mondiale auprès de 600 imprimeurs sur la perception du numérique et de ses métiers. Quels enseignements en tirez-vous ?
D. P. : L'objet de cette enquête était de percevoir quelle pourrait être la place du numérique en 2020 dans la communication imprimée. Conduite par Frank Romano et une équipe d'étudiants du Rochester Institute of Technology, elle met en évidence certaines tendances et plusieurs évolutions de marchés. Notamment qu'en 2020 le marché du livre devrait être dominé par les processus d'impression électronique, ainsi que les produits à faible tirage et les imprimés à la demande. L'enquête donne aussi de bonnes nouvelles pour tous ceux qui s'intéressent aux « petits boulots », dans la mesure où ils seront à même de maîtriser une gestion de flux à travers des solutions Web-to-print. L'enquête montre également, toujours à l'horizon 2020, qu'un imprimé sur cinq ne sera tiré qu'à quelques exemplaires, voire en un seul exemplaire. Dans le même ordre d'idée, nous avons aussi publié un lexique, permettant aux acheteurs d'imprimés de ne plus être désorientés par le jargon professionnel. En Europe, 2 068 personnes ont ainsi été interrogées et plus de la moitié d'entre elles ont indiqué qu'elles étaient mal à l'aise avec la terminologie graphique. C'est d'ailleurs en France que les interrogations ont été les plus nombreuses...
C. : Comment voyez-vous progresser les équipements. En termes de format, de vitesse ?
D. P. : Je ne pense pas que l'accroissement de la vitesse de production sur ces systèmes numériques soit un problème. Ce n'est pas forcément une demande lorsque nous sommes sur des tirages très courts. Je pense que les développements importants sont ailleurs. Ils sont en particulier dans les applications encore à venir. C'est pourquoi Canon s'engage aujourd'hui à aider ses clients à « marketer » leurs produits et leurs idées, avec des solutions spécifiques, des ateliers de formation, des séminaires, et des interventions sur site de consultants. L'année dernière, nous avons effectué une enquête sur la perception par l'imprimeur des solutions Web-to-print et nous nous sommes rendu compte qu'ils ne percevaient pas encore toute la dynamique commerciale qu'elles pouvaient amener. L'introduction dans un business model de ces solutions doit permettre non seulement d'intégrer la presse numérique dans un process efficace de production, mais aussi de développer de nouvelles niches de marché. De même, nous insistons sur les performances de nos machines à apporter des solutions de personnalisation.
C. : En termes d'innovations, quels sont les futurs développements que vous apporterez à vos systèmes ?
D. P. : Nous recherchons tous à apporter plus de valeur ajoutée. Sur les nouveaux modèles qui vont être mis sur le marché dans le courant de ce mois de novembre, nous apportons la possibilité d'une cinquième couleur, qui peut être appliquée comme un vernis, par exemple. Nous travaillons également à apporter de nouvelles options, toujours dans l'esprit d'accroître les possibilités techniques de la machine. C'est aussi dans cet esprit que nous avons signé des partenariats avec des constructeurs de systèmes de finition.
C. : Comment vous intégrez-vous dans la filière graphique ?
D. P. : Naturellement, nous avons mis en place dans toutes nos filiales des équipes dédiées. Et puis, nous intégrons nos machines aux processus classiques de production de l'imprimerie. Dans ce cadre, nous avons signé des partenariats avec Agfa Graphics et Heidelberg. Ainsi, nos systèmes d'impression sont compatibles avec les grands flux du marché comme Apogee ou Prinect, ce qui permet à l'imprimeur d'employer des solutions hybrides, permettant d'effectuer ses travaux indifféremment en numérique ou en offset.
C. : De quelle manière, selon vous, l'imprimeur va-t-il évoluer ? Comment sera demain son entreprise ?
D. P. : L'environnement de la production est en train de se modifier profondément. Alors que les chiffres d'affaires de beaucoup d'imprimeurs s'accroissent, les coûts de production s'accroissent encore plus. À mon sens, imprimer n'est plus simplement déposer de l'encre sur le papier. L'imprimeur doit vendre de la valeur ajoutée, être capable aussi de faire valoir son expertise et de vendre cette valeur et non plus son temps...
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L'entreprise : plusieurs métiers autour de l'image et de sa reproduction |
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Créé en 1937, Canon est désormais une société internationale présente sur des marchés très divers, mais tous présents dans le domaine de l'image et de son traitement. Le groupe réalise 26,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires avec plus de 131 000 personnes employées réparties dans 239 filiales. Les résultats du groupe ont montré une croissance annuelle des ventes de 7,8 % pour 2007. Les ventes et les bénéfices sont en progression pour la huitième année consécutive. Canon est coté en Bourse (à Tokyo, Osaka, Nagoya, Fukuoka, Sapporo et New York). |
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Dans le secteur graphique, Canon est présent avec des systèmes d'impression électrophotographique en production, en jet d'encre grand format pour la réalisation d'épreuves ou de tirages photographiques. La société développe également de multiples solutions logicielles pour le traitement de l'image, des appareils de prises de vue numériques, des systèmes multifonctions d'impression. Et mène des recherches spectaculaires sur les écrans à très haute définition, les technologies d'affichage des images en couleur ou la représentation des images en trois dimensions. |
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L'invité |
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David Presskett Après un diplôme en chimie à l'université d'Exeter (Grande-Bretagne) et une formation au management (un MBA au collège Henley), David Presskett est entré dans la vie active. Il a aujourd'hui une expérience d'une quinzaine d'années dans les industries graphiques, notamment dans le secteur du prépresse et de l'impression jet d'encre en grand format chez Agfa, où il a occupé différentes fonctions en Angleterre et sur le plan international. Il est entré chez Canon en juin 2005 pour s'occuper d'impression numérique. Et a pris en mars 2006 la responsabilité du marketing européen de la division Impression professionnelle. |
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