











C'est demain, la veille… Après le Service d'information du gouvernement, c'est au tour du ministère de l'Education de publier un appel d'offres portant sur la création d'une cellule de veille d'internet. Selon le Journal officiel, l'outil aura pour finalité, entre autres, de repérer les leaders d'opinion, d'analyser leur potentiel d'influence, d'anticiper les effets de contagion et de limiter les crises. En pleine période de grogne enseignante, la nouvelle a suscité une levée de boucliers chez les professeurs blogueurs, les syndicalistes et autres militants politiques. Cet outil de veille est perçu comme du flicage et les “ grandes oreilles ” de Xavier Darcos ont dû siffler à la lecture des billets le traitant de Big Brother. Quelques spécialistes de l'intelligence économique ont expliqué qu'il ne s'agissait que d'une revue de presse des temps modernes permettant une meilleure circulation de l'information. Mieux écoutés par leur ministre, les professeurs seront mieux compris. CQFD.
“ Cette veille de l'opinion ne me choque pas. Les blogs et autres forums sont aujourd'hui une forme importante d'expression de l'opinion publique. Je serais même très vexé si mon blog n'était pas l'objet d'une veille attentive et régulière ! ”
Lu sur philippe-watrelot.blogspot.com
“ Tout cela n'est pas très conforme à la liberté d'opinion. Seuls les sites dangereux pourraient faire l'objet d'espionnage (“ veille ”) dans un Etat de droit. ”
Lu sur yvesdaoudal.hautetfort.com
“ Sinon, on a vite fait de taxer notre profession de collaborationnisme. Le métier de veilleur consiste à fournir des éléments d'aide à la décision. Le décideur agit par la suite en toute connaissance de son environnement. A titre purement méthodique, il convient en effet dans toute démarche de veille de distinguer l'information – les faits – de l'analyse – embryon de décision –, au risque d'orienter ses recherches et de ne collecter que des informations venant alimenter sa thèse en éludant toutes les autres informations contradictoires. C'est pourquoi nous distinguons les métiers de veille et d'analyse et nous nous consacrons uniquement à la collecte et la veille, laissant à nos clients le soin de l'analyse. […/…] Pour revenir à l'appel d'offres du ministère de l'Education nationale, n'est-il pas compréhensible que le ministre de tutelle s'intéresse à ce qui se dit sur son ministère ? Toute entreprise sensibilisée aux démarches de veille fait de même. ”
