











La passion pour l’informatique, Stéphane Rousseau l’a ressentie pendant ses études d’ingénieur à l’institut supérieur de l’électronique et du numérique (Isen) de Lille : “ Je me suis passionné pour ce que l’on pourrait apparenter à une automatisation du traitement de la pensée. ” A la fin de ses études, il trouve du travail dans une petite société britannique de manipulation d’images où il reste dix-huit mois. Il participe ensuite au chantier du xxe siècle, l’aventure Eurotunnel. “ C’était exaltant ! Nous avons dû partir de rien. Nous travaillions sans limites, ni d’idées ni budgétaires ”, explique-t-il. Pendant six ans, son implication va être totale. Quatre ans pour monter le projet, et deux autres pour affronter la réalité de l’exploitation et les premiers problèmes rencontrés par la société. Après cette expérience, il a l’impression de pouvoir conquérir le monde. A 31 ans, le futur DSI d’Eurovia s’installe à Paris et rejoint Carrier qui est spécialisé dans les systèmes de climatisation. Huit mois plus tard, le groupe doit faire des économies. Le projet de déploiement de référentiels et de gestion des données est arrêté. Stéphane Rousseau connaît, pour la première fois, l’expérience douloureuse d’un plan social.
Il rejoint alors la DSI du constructeur Hewlett-Packard. “ Je me suis demandé si je voulais rester dans la gestion de projet ou progresser vers la gestion d’organisation et de personnes. ” La deuxième option l’emportera. Chez HP, Stéphane Rousseau est confronté à deux expériences qui sont, de son propre aveu, riches en enseignements : la séparation d’avec Agilent et la fusion avec Compaq. En 2003, la société de travaux publics Eurovia cherche un DSI. “ L’entreprise devait mener trois missions : l’internationalisation, l’informatisation des nouveaux processus métier et revoir aussi l’organisation de l’informatique telle la mutualisation des contrats d’achats ou de l’infrastructure. ” Aujourd’hui, ces trois missions sont terminées ou en voie de l’être. Mais le travail a effectuer est encore important. Le projet de demain : consolider le système d’information existant. “ Nous sommes assis sur une somme d’informations phénoménale, il faut apprendre à s’en servir. ” Stéphane Rousseau a un cheval de bataille qui lui tient à cœur : la relation entre client et fournisseurs. Alors que ces derniers ne parlent que de partenariat, notre DSI s’insurge : “ Il faut remettre les choses à leur place. C’est bien d’une relation commerciale qu’il s’agit. On peut avoir de bonnes relations, mais ce n’est en aucun cas un partenariat. ”
Stéphane Rousseau a 43 ans. Il a travaillé dans une PME britannique avant d’intégrer la DSI d’Eurotunnel. Après un passage dans une société de climatisation, il rejoint HP. En 2003, il revêt enfin l’habit de DSI.
Notre métier, c’est aménager le cadre de vie. Quand on construit des routes, on élabore des enrobés qui atténuent le bruit ou captent le monoxyde de carbone rendu ensuite inerte.
Il faut que les difficultés soient partagées, communiquées. Le rôle du patron consiste à créer un environnement favorable.
J’attends de mes collaborateurs qu’ils aient envie de trouver une solution face à un problème. On ne réussit que si l’on essaie.
