











AMD livre la dernière version de son processeur Opteron doté de quatre cœurs aux constructeurs de serveurs, lesquels lanceront leurs nouvelles machines tout au long du mois de décembre. Avec une fréquence de 2,7 GHz, 8 Mo de cache et une gravure plus fine, le dernier Opteron Shanghaï apporte une amélioration de 35 % des performances par rapport au modèle précédent et sans consommer plus d'énergie.
Entre Intel et AMD, c'est plus que jamais bonnet blanc et blanc bonnet. Leurs dernières architectures ont les mêmes caractéristiques, à quelques subtilités près. Ainsi, Intel sait simuler dans son Xeon Nehalem deux fois plus de cœurs que le nombre physiquement présent, mais les développeurs peinent à les utiliser. L'Opteron Shanghaï passe plus rapidement d'une image virtuelle à l'autre, mais cela ne résout aucune difficulté connue. Tout juste une petite différence, AMD utilise une mémoire DDR2 aujourd'hui plus économique et Intel une génération DDR3 plus pérenne.
“ Il n'est plus possible de prédire laquelle des deux architectures donnera de meilleurs résultats selon le type d'applications utilisé ou le but recherché ”, affirme Gerhard Schlabschi, directeur produits chez Sun, “ Soit le client fait l'effort d'effectuer des tests comparatifs en grandeur nature, soit, dans la perspective probable où le bénéfice de l'une ou de l'autre n'est pas très important, il se contente de prendre le serveur alors disponible chez son fournisseur… Comme tout le monde ! ” Justement, la connectique et l'enveloppe thermiques du nouvel Opteron sont compatibles avec les serveurs sortis depuis un an. Conséquence, l'offre est immédiatement disponible, alors qu'il faudra attendre l'année prochaine pour les nouveaux serveurs Xeon, entièrement redessinés. Toutefois, Mickael Maindron, directeur général adjoint de la société de conseil Neoxia, ne voit aucun autre intérêt dans cette similitude matérielle que vante AMD : “ Le constructeur avance la possibilité de mettre à jour ses machines en changeant de processeurs. Mais ce n'est financièrement pas intéressant. Pire, ils affirment à leurs clients qu'acheter de nouveaux serveurs Opteron évite de revalider leurs applications puisque seul le processeur a changé. C'est faux. ”
La première promesse de Shanghaï et Nehalem reste d'éliminer le principal défaut de la migration à chaud des machines virtuelles. Jusqu'ici, elle était impossible entre deux serveurs d'architectures différentes. Désormais, on pourra faire glisser une image système en cours de fonctionnement d'un serveur Opteron ou Nehalem à un autre, de type Intel ou AMD, à condition qu'il ait été fabriqué après 2005. Cela dit, la solution employée a de quoi surprendre : elle consiste à bloquer l'utilisation des fonctions apparues depuis lors ! En l'occurrence, il s'agit des instructions SSE, qui accélèrent les traitements multimédias, et, plus grave, celles dévolues au ralentissement des cœurs, inventées pour baisser la consommation électrique lorsque la charge de calcul n'est pas importante.
Pour AMD, il n'y aurait aucun paradoxe avec les actuelles velléités d'économie d'énergie : la virtualisation devant exploiter les ressources habituellement inutilisées des machines, celles-ci ne devraient jamais tourner suffisamment à vide pour justifier qu'on les ralentisse. David Mesquita, chef de projet chez Integra, redoute que le travail de l'administrateur n'en devienne que plus complexe : “ Il va falloir planifier les plages de temps durant lesquelles le serveur autorisera soit la migration à chaud, soit l'économie d'énergie. Problème, les outils nécessaires n'existent pas encore. ” Pour l'heure, seul Red Hat supporte cette migration à chaud dans la dernière version de l'hyperviseur Xen. VMware promet d'y arriver, mais ne communique pas de date.
Pour le reste, AMD a amélioré son dispositif Hypertransport de communication entre processeurs. Annoncée avec un débit de 41,6 Go/s entre deux points, cette évolution 3.0 paraît plus prometteuse que son équivalent chez Intel, à savoir le bus QPI qui apparaîtra pour la première fois sur le Xeon Nehalem avec un débit de 25,6 Go/s.
Sauf que Hypertransport 3.0 n'est pas compatible avec les cartes mères actuelles et ne serait donc effectivement disponible qu'au second semestre 2009. Ce système sera censé multiplier les performances d'un serveur proportionnellement au nombre de processeurs, un objectif encore jamais atteint. Thierry Bloch, architecte système chez Intellique, s'en moque : “ Ces améliorations ne vont concerner que des niches ! Ma conviction est que la plupart des entreprises n'ont plus besoin de puissance. Une fois que la vague de la virtualisation sera passée, il faudra qu'Intel et AMD privilégient sérieusement des systèmes plus économes en énergie. ”
Dell : quatre racks de deux à quatre processeurs, quatre lames d'un à quatre processeurs, deux tours monoprocesseurs.
HP : six racks de deux à huit processeurs, deux lames avec deux ou quatre processeurs et une tour monoprocesseur.
IBM : deux racks de deux ou quatre processeurs, deux lames de deux ou quatre processeurs.
Sun : neuf racks d'un à huit processeurs et trois lames à deux ou quatre processeurs.
Le processeur est-il un critère d'achat pour un serveur ?
“ Non, la fiabilité de la mémoire et des disques prédominent. En ce qui concerne les capacités des processeurs, nous n'utilisons volontairement pas les caractéristiques maximales annoncées par les fondeurs. Nous considérons que les charger à plus de 40 % de leur capacité ferait courir le risque de dégrader la qualité de service. Par exemple, nous ne faisons tourner que huit machines virtuelles par serveur, soit une seule par cœur. ”
Utilisez-vous la migration à chaud des machines virtuelles ?
“ Rarement. Elle sert ponctuellement pour assurer la continuité d'un service lors d'un remplacement de matériel. Quant à l'équilibrage des charges entre serveurs physiques, il est préférable qu'un ingénieur s'en charge avec des méthodes manuelles pour éviter les risques. La migration à chaud entre des serveurs qui n'ont rien à voir est tout sauf une attitude prudente. ”














