











Transcrire en temps réel un schéma tracé à main levée par un technicien sur une tablette PC, corriger un enfant qui apprend à écrire sur un tableau blanc, ou encore formaliser des partitions musicales saisies à la main : les logiciels d'Evodia se déclinent pour de nombreux usages. Fondé par des chercheurs de l'Irisa (Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires) à Rennes, l'éditeur Evodia met en pratique les travaux de l'équipe Imadoc de l'institut, spécialisée dans l'analyse du document, et plus précisément dans celle de l'écriture manuscrite sur papier. La technologie s'applique également à l'écriture saisie avec un stylet sur un PDA ou sur tout autre terminal mobile.
Pour la reconnaissance des caractères dactylographiés, Evodia se contente d'embarquer des technologies existantes, et recourt notamment au SDK (Software Development Kit) de Finereader, un logiciel de reconnaissance optique de caractères (OCR) édité par Abbyy. Pour la reconnaissance manuscrite, la technique d'Evodia nécessite un apprentissage, ce qui se traduit par l'initialisation du logiciel avec plusieurs centaines d'exemples pour chaque lettre ou symbole. Cet apprentissage est effectué, à chaque nouveau corpus, par les équipes d'Evodia. Par la suite, les tracés sont comparés à ceux de cette base d'exemples. Lorsque l'analyse se déroule à partir du mouvement d'un stylet sur un terminal mobile, et pour permettre une analyse en temps réel, chaque mouvement du stylet, correspondant au déplacement, au lever et au poser de crayon, est analysé. Lorsque la lettre est reconnue, le résultat est transcrit en caractère dactylographié. Quelques fonctions complémentaires, pour rayer des mots par exemple, complètent les logiciels.
L'originalité de l'approche d'Evodia repose sur la combinaison de deux points. D'une part, ses logiciels autorisent une reconnaissance en temps réel. D'autre part, les formes reconnues ne sont pas identifiées en tant que lettres ou symboles, mais par une signature numérique. Cette approche ne requiert pas l'utilisation de dictionnaire autre que la base des signatures. En outre, elle autorise la reconnaissance de formes multiples, tels des symboles électriques, sans nécessité de vocabulaire. Enfin, elle facilite la recherche par similarité entre les signatures. Par exemple pour recenser toutes les personnes dénommées Lefevre dans un fond d'archives, le logiciel va lister “ tous les Lefevre, qu'ils s'orthographient avec un b ou non ”, illustre Grégory Maitrallain, responsable technique de l'éditeur Evodia. Il empêchera également la juxtaposition de modules électriques incompatibles.
Nom : Evodia.
Date de création : Octobre 2005.
Domaine : logiciel.
Innovation : reconnaissance d'écriture manuscrite sur document papier et terminaux mobiles.
Produits : Kerquery (documents anciens), Script&Go schémas électriques (plans techniques) et Toutaki (apprentissage de l'écriture).
Siège : Rennes (35).
Effectifs : 7 personnes.
Financement : Fonds propres de 250 000 euros. Aides Oséo : subvention de 150 k euros et avance remboursable de 235 k euros.
CA 2007 : 200 000 euros.
Yvan Ridé, 43 ans, directeur. Diplômé de l'Ifsic (Rennes). Ancien consultant en gestion de contenus XML. Cofondateur de l'association XML-France.
Bertrand Couasnon, 41 ans, associé. Docteur en informatique et maître de conférence à l'Insa de Rennes.
Eric Anquetil, 38 ans, associé. Docteur en informatique et maître de conférence à l'Insa de Rennes.
