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Arrivée confuse des SSD dans le stockage

Utiliser des puces de mémoire plutôt que des plateaux magnétiques pour conserver les données paraît une brillante idée. Mais cette technologie coûte cher et est encore technologiquement immature.
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Les faits

Suivant le mouvement général du marché, Netapp introduit des disques SSD flash dans ses baies de stockage FAS, en complément de son offre d'accélérateurs PAM.

L'analyse

Le SSD, c'est l'unanimité dans la confusion. Depuis un an, l'industrie du stockage s'accorde à dire que les disques durs à état solide (SSD), qui remplacent les traditionnels plateaux et têtes de lectures par de la mémoire flash ou DRAM, sont promis à un bel avenir. Dans le même temps, le plus grand désordre règne concernant l'utilisation de cette technologie. Netapp proposait déjà pour ses baies de stockage FAS des modules PAM (Performance Acceleration Module), équipés de mémoire solide, qui fonctionnaient comme un cache global destiné à optimiser les performances de l'ensemble du système. Le constructeur intègre désormais à son offre de disques SSD – qui serviront à constituer un niveau de stockage à très hautes performances (ou tiers zéro) dans ses baies – un modèle complètement différent, déjà adopté par EMC. En effet, alors qu'avec PAM l'exploitation de la zone de mémoire rapide est assurée par le microcode des contrôleurs, donc par la baie, avec des disques SSD, elle relève de la décision de l'administrateur qui choisit explicitement quelles données résideront sur ce niveau zéro à coût faramineux (au moins dix fois le prix de son équivalent FC). D'autant plus faramineux que des considérations de sécurité imposent de disposer plusieurs SSD en Raid, là où une carte PAM peut fonctionner seule.

Une solution de luxe

Jay Kidd, directeur marketing de Netapp reconnaît d'ailleurs qu'un très petit nombre d'utilisateurs se tournera vers cette solution : “ Seules quelques entreprises peuvent se l'offrir, celles dont une ou plusieurs applications se heurtent au manque d'entrées-sorties, et qui ont déjà tout essayé, comme d'utiliser des systèmes de stockage en cluster pour paralléliser les accès aussi au niveau réseau. ” Dans le même ordre d'idées, HDS France avoue qu'aucun de ses clients français n'est prêt à payer la surprime SSD. Et même chez EMC, on reconnaît que les contenus éligibles restent rares.

IBM, lui, travaille sur son projet appelé Quicksilver, qui sera mis sur le marché probablement l'été prochain. Le constructeur considère qu'il faut une nouvelle famille de contrôleurs pour exploiter au mieux les possibilités des disques SSD, ces derniers étant alors intégrés dans des systèmes dédiés, différents et complémentaires des baies de disques traditionnels. “ Nous prenons notre temps pour valider Quicksilver car nous devons remédier aux limites inhérentes aux disques SSD : limites en nombre de cycles d'écriture, apparition d'erreurs et coûts ”, explique Andy Monshaw, directeur général du groupe technologies de stockage chez IBM. Le remplacement des disques durs traditionnels par des SSD dans les baies de stockage prendra donc encore beaucoup de temps.

Avantages et inconvénients des SSD

Réduction de la latence, soit quelques dixièmes de milliseconde, contre quelques millisecondes pour un disque classique.
Capacité à délivrer des débits très élevés.
Fiabilité mécanique due à l'absence de pièces mobiles.
Faible consommation électrique en théorie, car des problèmes subsistent.

Limite du nombre de cycles en écriture sur la mémoire flash, avec une durée de vie (cinq ans) inférieure à celle d'un disque dur.
Coût.
Lenteur des écritures aléatoires.
Inadaptation aux SSD des contrôleurs, systèmes de fichiers et OS actuels qui reposent sur une logique blocs-cylindres.

L'avis de l'expert : Robin Burke, analyste principal chez Gartner, spécialiste des matériels de stockage

“ Nous ne pensons pas que l'adoption du SSD sera très rapide ”

“ Si les constructeurs fournissent tous du SSD, c'est parce qu'à partir du moment ou l'un d'entre eux a commencé, ses concurrents n'ont pas le choix. La technologie doit faire ses preuves et son coût doit diminuer. Aujourd'hui le SSD coûte 30 fois plus cher au gigaoctet que le disque traditionnel ! Nous ne le recommandons que dans les quelques situations où le client a besoin de très hautes performances en frontal. ”

“ Il faut développer des contrôleurs plus intelligents ”

“ Ils doivent assurer un fonctionnement des puces mémoire pendant cinq ans et être capables de s'accommoder des cellules mortes et de les contourner. ”

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