“ L'actionnaire de Sun plus impitoyable que la crise ”
01 Informatique
le 20/11/2008 à 00h00
“ Aucune option n'est écartée : du licenciement manu militari du PDG à la revente d'une ou plusieurs activités ”
Yann Serra, grand reporter à 01 informatique
Cotée 17,70 dollars en début d'année, l'action de Sun ne valait plus que 4,48 dollars le 27 octobre dernier. Sur le front des résultats, c'est aussi la dégringolade. Le premier trimestre de l'exercice fiscal 2009 se solde par une perte nette de 1,67 milliard de dollars, contre un bénéfice de près de 90 millions de dollars un an plus tôt. Bien sûr, on songe, compatissant, aux nombreux clients que le constructeur compte dans la finance, le secteur le plus touché du moment. La faute à pas de chance. Situation extraordinaire, ponctuelle, forcément appelée à repartir. En flèche même. Sauf que le principal actionnaire de Sun, la firme d'investissement privée Southern Asset Management ne l'entend pas du tout de cette oreille. Jusqu'ici observatrice passive, la compagnie vient de signifier aux autorités économiques américaines qu'elle allait exercer ses pouvoirs pour remettre le constructeur sur les rails du bénéfice. Aucune option n'est écartée : du licenciement manu militari du PDG Jonathan Schwartz à la revente d'une ou plusieurs activités prises au hasard. Selon IDG, Southern Asset Management n'aurait “ découvert ” que récemment que Sun vendait aussi du matériel et considérerait que, par conséquent, cette activité ne devait pas bien être plus stratégique que cela. Même si elle ne se concrétise pas, pareille annonce pourrait décimer par simple crise cardiaque les irréductibles des serveurs Sparc. Cela faisait plus de vingt ans qu'ils résistaient au tsunami de l'architecture x86. Mais, plutôt que de récompenser ses soutiens indéfectibles, voilà que Sun se prépare à les abandonner. Du coup, je me demande si j'avais bien fait de saluer le rachat du gratuit MySQL pour 1 milliard de dollars et celui, discutable, de Storagetek pour 4,1 milliards de dollars. Sun entendait ainsi montrer qu'il était un héros de la conviction technologique, à contre-courant de cette tendance veule qui remplace les produits par des services. Ça ne lui a manifestement pas réussi. Alors, Sun va-t-il devoir se débarrasser des produits qui font son exclusivité technologique ? J'en doute : tant que la crise ne sera pas terminée, on ne devrait pas trouver grand monde pour lui racheter quoi que ce soit.
y.serra@01informatique.presse.fr