











Les outils de l'e-recrutement se multiplient. N'y a-t-il pas un risque de dispersion ?
Thomas Delorme : On assiste actuellement à l'éclatement des moyens de sourcing. Pour le recruteur comme pour le candidat, c'est la jungle. Les job boards (sites de recrutement en ligne – NDLR) sont totalement dépassés depuis longtemps, mais on n'a rien trouvé d'autre. Même chose pour les sites de recrutement corporate : les 15 pages lancinantes et creuses sur l'entreprise n'apportent rien au candidat.
Le curriculum vitae restera-t-il le fondement de l'e-recrutement ?
PP : Concrètement, le CV est condamné. D'ailleurs, il disparaît petit à petit dans sa forme actuelle. Son inconvénient ? Il aide à avoir une vision sur le savoir-faire, mais certainement pas sur le savoir-être du candidat. Son utilité se réduira progressivement à un support papier pour l'entretien.
Les réseaux sociaux, qui sont très prisés, vont-ils remplacer les sites spécialisés dans les offres d'emploi ?
David Guillocheau : Ce type de sites s'adresse à une partie trop faible de la population : les jeunes n'y vont plus parce qu'ils préfèrent utiliser des outils qui les rendent visibles sur internet. En particulier les réseaux sociaux. Et cette tendance ne concerne pas que les cadres. Pour cibler les non-cadres et autres, les entreprises investissent dans les réseaux sociaux internes. Des communautés se créent dans les entreprises, qui étendent l'usage de la machine à café à l'ensemble du personnel. On la rend même internationale. L'intérêt de ces réseaux internes ? Trouver des candidatures qu'on n'arrive pas à capter autrement.
Le “ recrutement 2.0 ” peut-il être considéré comme une alternative ?
PP : Les employeurs sont mal à l'aise en face des jeunes parce qu'ils maîtrisent parfaitement les nouveaux outils, en particulier le web 2.0. Comment faire pour les séduire sur internet ? La démarche est de plus en plus complexe : la nouvelle génération se sert de tout sur le net, ils sont devenus ainsi très exigeants.
