











Comme souvent, le concept nous vient des Etats-Unis. Mais en France, son déploiement est loin d'être aisé. Lancés en 2000, les premiers méta-moteurs spécialisés dans la recherche d'offres d'emploi sont toujours là. Option-Carrière et Keljob ont ainsi essuyé les plâtres d'un concept qui, depuis l'an dernier, prend un nouvel envol avec l'arrivée de deux nouveaux acteurs sur le marché : Wanajob et Moovement. Et bien qu'ils soient aujourd'hui peu nombreux, ces acteurs se livrent à une concurrence effrénée. Mais qu'est-ce qu'un métamoteur et quelle est son utilité ? Son principe est simple : “ aspirer ” les offres d'emploi en ligne des sites d'annonces et/ou des sites de recrutement des entreprises. C'est donc une aubaine pour le candidat qui, depuis un site web unique, accède à un très grand nombre d'offres d'emploi issues de sources nombreuses et variées.
Toutefois, cette démarche ne va pas sans soulever des réticences de la part des sites ainsi “ aspirés ”. Ainsi, depuis le procès retentissant intenté à Keljob par Cadremploi en 2001, les concepteurs de métamoteurs savent qu'il est désormais impossible en France de “ piller ” les offres d'emploi sans l'autorisation du site source. Résultat : chacun des acteurs se livre à une course effrénée auprès de ces fameuses sources (sites web spécialisés dans les offres d'emploi et sites web des entreprises) pour décrocher les droits. Ils vont même, pour certains, jusqu'à refuser l'appellation métamoteurs : “ Un métamoteur est un moteur de moteurs. Nous sommes tout simplement un moteur de recherche d'offres d'emploi ”, souligne Stéphane Labrouche, fondateur de Wanajob. “ Nous avons l'ambition de transformer Keljob en site média, avec la capacité d'héberger, certes des offres, mais aussi davantage de contenu ”, rétorque Laurent Chollat Namy, DSI de AdenClassifieds, le groupe créé lors de la fusion de Keljob et de Cadremploi. Métamoteur ou pas, le principe est là et s'avère particulièrement complexe à mettre en œuvre sur un plan technique.
“ L'opération d'aspiration se déroule en deux temps ”, raconte Jean-Benoît Andrieu, fondateur de OptionCarrière qui référence aujourd'hui les offres de plus de 60 000 sites dans le monde. “ Une fois les sites source identifiés, il faut, à partir de la page d'accueil, déceler une hypothétique rubrique emploi par analyse de liens. Les offres sont récupérées par focus successifs, puis le contenu – titre, profil, localité… – en est extrait. Toute cette information est ensuite centralisée dans une base de données dans laquelle les recherches peuvent être effectuées. ” Une fois les sites pertinents identifiés, le système gère la mise à jour des données. Reste ensuite à présenter les offres au candidat selon les critères renseignés et affichés par ordre de pertinence, de date… Pour ce faire, les dirigeants de Wanajob ont choisi de développer un outil maison : “ Notre moteur est fondé sur un algorithme mathématique simple, écrit en C, qui facilite la présentation des filtres sur la gauche de la fenêtre permettant à tout moment à l'internaute d'affiner sa recherche ”, explique Stéphane Labrouche de Wanajob. “ On analyse l'ensemble des données et on identifie les informations pertinentes en fonction de la liste de résultats en cours. ” D'autres, comme Keljob, préfèrent le moteur à facettes, qui s'est récemment imposé sur les sites d'offres d'emploi “ classiques ”. “ La logique autour du mot clé est désormais renforcée. Mais nous avons pris le parti de ne jamais présenter à l'internaute une liste de résultats vide. Les facettes ne sont donc proposées que s'il y a un résultat ”, explique le DSI de Aden-Classifieds, Laurent Chollat-Namy. Et même si les métamoteurs de recherche apportent aujourd'hui des résultats satisfaisants, les concepteurs de ces outils ne cessent d'innover pour améliorer le procédé.
Quelle est l'efficacité des métamoteurs dans la recherche d'emploi ?
“ Je suis assez réservé à leur sujet car si ces modèles sont capables d'agréger beaucoup d'informations, ils ne permettent généralement pas de les discriminer avec précision. En outre, il existe un réel problème de duplication des offres issues de plusieurs sites source : il est fréquent de trouver sur les agrégateurs des offres présentes en double, en triple, voire davantage. Sans parler du problème essentiel de la fraîcheur des annonces : on y rencontre souvent des offres qui ont disparu depuis des mois des sites source. ”
Qu'en est-il de la sélection des offres sur ces sites ?
“ Lorsqu'on affine une recherche sur ces sites, on perd beaucoup d'offres potentiellement pertinentes. En effet, les possibilités de tri sont tributaires de la technologie d'indexation et, dans un certain nombre de cas, les critères sont mal repérés. Dès lors, partant d'un nombre d'offres a priori impressionnant, lorsqu'on essaie d'affiner la recherche, en ciblant un type de fonction ou une aire géographique on se retrouve généralement avec beaucoup moins d'offres que ce qu'on trouve sur un bon job board classique. ”
