











Le bon vieux CV papier et la parution de l'annonce dans le journal seraient-ils définitivement morts ? Oui, à en croire l'ANPE, qui ne publie plus ses annonces que sur son site web ; non selon l'étude réalisée par le cabinet Robert Half. Menée dans 17 pays auprès de plus de 3 000 entreprises, cette enquête révèle que 42 % des dirigeants préfèrent encore recevoir les CV par courrier. Toutefois, 50 % des entreprises utilisent internet comme outil de recrutement, même si elles avouent ne pas être convaincues par l'efficacité de ce canal. D'ailleurs, 82 % d'entre elles ne consultent pas les CVthèques des sites d'emploi, 86 % délaissent les outils en ligne conçus pour présélectionner des candidats en fonction du poste à pourvoir, et 95 % n'entretiennent pas de présence sur les sites de socialisation.
Mais les comportements diffèrent beaucoup selon le secteur d'activité et la taille de l'entreprise. Si l'e-recrutement n'est pas encore entré dans les mœurs des TPE-PME traditionnelles et des sociétés dont le taux de recrutement est faible, il est devenu un passage obligé pour les entreprises high-tech et les grands comptes. Que ce soit sur leurs propres sites, où elles diffusent leurs annonces, ou sur des sites d'emploi généralistes ou spécialisés.
Plébiscité pour ses avantages en termes de rapidité et de coût, l'e-recrutement est à la fois apprécié et craint des DRH, en raison de la forte volumétrie des CV reçus et la disparité de format de fichiers. Aussi, pour alléger et simplifier leurs tâches, nombre de sites web d'emploi (Monster, Lesjeudis.com ou keljob) utilisent des moteurs de recherche sémantiques capables d'établir une corrélation entre les termes de l'annonce et les caractéristiques du candidat. Des éditeurs, tel Taleo, proposent également ce type de solutions en mode hébergé ou sous forme de licence pour les sites des entreprises. Ces technologiques ne sont toutefois pas fiables à 100 %.
Au-delà du CV vidéo, pour une présentation du candidat différente de celle du CV papier, quelques grandes entreprises sont allées jusqu'à détourner l'utilisation de certains sites à des fins de recrutement. Parties du constat que le recrutement fonctionne selon le bon vieux principe du bouche à oreille, des sociétés se sont intéressées aux réseaux sociaux tels que Facebook ou Viadeo. Conscient de cette manne, Viadeo propose d'ailleurs un espace aux entreprises pour gérer leur recrutement.
Autre phénomène marquant : de grands groupes comme IBM, Expectra ou Vedior France recourent au site Second Life. Ils ont profité de la popularité de cet univers virtuel auprès de la génération Y pour confier la recherche de candidats potentiels à des recruteurs spécialisés dans la chasse virtuelle – et eux-mêmes recrutés au sein de joueurs. D'autres encore, à l'image de L'Oréal, de Cap Gemini, d'Unilog, d'Alstom ou d'Areva, ont choisi de réaliser leurs entretiens directement dans Second Life, sous forme de chat entre le recruteur et le postulant. De son côté, l'intérim n'est pas en reste avec la mise en place d'une plate-forme de dématérialisation de toute la gestion administrative du processus.
Quoi qu'il en soit, ces technologies innovantes bousculent profondément le processus de recrutement. Et si toutes les entreprises n'ont pas encore pris le pli d'y recourir, ce phénomène est devenu inéluctable, compte tenu de l'arrivée de la génération Y sur le marché de l'emploi.
Si les recruteurs français passent leurs annonces sur les sites web (47 %) et dans les journaux spécialisés (46 %), 82 % n'utilisent pas les CVthèques des sites d'emploi et 86 % délaissent les outils en ligne facilitant la présélection de candidats en fonction du poste à pourvoir.
