











Avec cette crise et le contexte économique actuel, nos sociétés vont devoir mettre en œuvre de nouveaux moyens afin de remonter la pente. Par le passé déjà, les systèmes d'information ont été systématiquement sollicités pour relever ce genre de défi. Mais cette fois, c'est différent. Les projets traditionnels ne sont souvent pas d'actualités. Tous les services sont désormais équipés d'outils informatiques. De même, les grands chantiers de type PGI ne sont pratiquement plus possibles : la mise en place de tels projets n'est pas compatible avec les mutations rapides qu'exige le contexte économique.
Il est inefficace de considérer l'informatique seulement comme un centre de coûts. Car réduire la voilure des services informatiques ne suffit pas à redresser la barre de l'entreprise tout entière. Surtout si l'on garde à l'esprit que le budget informatique représente en moyenne 3 % environ du chiffre d'affaires d'une société industrielle. Et même si ce taux peut atteindre 6 ou 7 % dans le secteur bancaire, la mise en place de coupes claires dans les budgets informatiques n'entraînera pas de réelles économies à l'échelle de l'entreprise. Ce qu'il faut, c'est plutôt s'appuyer sur les systèmes d'information pour trouver un autre moyen de faire des affaires, pour repenser notre façon de voir les choses et imaginer une nouvelle organisation de l'entreprise. C'est là que se trouvent véritablement les leviers qui aideront nos sociétés à gagner quelques points de marge et donc à repartir de l'avant.
Longtemps, pour bien gérer une entreprise, il fallait avoir de bonnes idées et savoir orienter l'innovation des produits. Les dirigeants de l'époque étaient souvent issus d'écoles d'ingénieurs. Rapidement, cela n'a plus suffi et l'accent a été mis sur le maniement des chiffres et des données financières de l'entreprise. L'ère des gestionnaires est donc arrivée, avec des individus pas forcément au courant de la technique, mais capables de constituer un bon bilan. A l'heure actuelle, les dirigeants sont ainsi majoritairement issus des grandes écoles de commerce et ont des profils davantage orientés vers le marketing. L'important, c'est de vendre.
Cette évolution progressive du profil des dirigeants a donné lieu à l'expérimentation de nombreux modèles de gouvernance. Mais aujourd'hui, à l'heure où les besoins de changement se font pressants, quels sont les profils au sein de l'entreprise qui peuvent apporter du changement dans nos méthodes managériales ? La réponse est toute trouvée, vous l'aurez compris. Quel acteur de l'entreprise a une vision transverse de ses rouages ? Qui a le meilleur point de vue ? Qui maîtrise l'information, matière première nécessaire à toute prise de décision ? Le directeur des systèmes d'information, bien sûr.
Je ne parle pas ici du supertechnicien gestionnaire, celui qui fait tourner son centre de données. Mais bien du DSI. Celui qui, en comité de direction, parle métier, business. Celui qui conseille le président par son analyse exhaustive et son point de vue unique. Je parle de la personne que les directions métier viennent consulter avant de mettre en place une nouvelle organisation industrielle. De celui que la direction financière sollicite régulièrement, pour obtenir, par exemple, de l'aide lors la mise en place d'un nouveau tableau de bord, lorsque l'ancien est devenu incompréhensible et que seuls les informaticiens comprennent ces chiffres.
Avec toutes les clés en sa possession, le DSI ne doit plus avoir de complexes et il ne devrait pas hésiter à affirmer sa place dans l'entreprise. Aujourd'hui, il faut sortir nos sociétés du carcan imposé par la direction des affaires financières et oser montrer la voie au sein de l'entreprise. Notre connaissance de l'organisation interne nous place idéalement pour proposer des pistes concrètes d'améliorations des processus et définir un schéma d'urbanisation du système d'information et de l'entreprise elle-même. Ces temps-ci encore davantage que d'habitude, nos dirigeants ont besoin de nous, DSI.
