Les développeurs d'applications mobiles très courtisés

Concours d'applications, outils offerts… les éditeurs de plates-formes mobiles rivalisent d'ingéniosité pour attirer les développeurs. Car ceux-ci ont un rôle déterminant dans le succès d'un système d'exploitation.
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Les faits

Fin octobre, Google a publié le code source d'Android, son système d'exploitation pour mobiles. La même semaine, Symbian livrait SAW, un ensemble d'outils pour optimiser le code écrit en C++, tandis que RIM proposait des plug in pour Eclipse et Visual Studio.

L'analyse

L'avant et l'après-iPhone

L'arrivée de l'iPhone d'Apple a bouleversé le marché des mobiles. Sorti il y a à peine huit mois, le SDK (Software Development Kit) pour iPhone a permis de créer des applications évoluées sur un téléphone sophistiqué et de manière très simple. L'iPhone OS étant une version miniature de Mac OS X, il est donc aisé pour un programmeur Apple de passer du Mac à l'iPhone. Le SDK fournit une suite d'outils de développement, de conception graphique, de test et de déploiement. Le langage Objective-C conjugue la puissance du langage C et l'élégance de la programmation objet.

Cependant, ce SDK n'est disponible que sur Mac. Par ailleurs, Apple exerce sur ses développeurs de fortes contraintes : NDA (clause de non-divulgation) excessive sur le SDK, critères de sélection pour l'App Store mal définis… l'iPhone reste un environnement propriétaire et fermé mais des plus séduisants : AOL, Cisco, eBay, Salesforce ont déjà développé des applications natives.

Android, le challenger

A l'opposé de la philosophie d'Apple, on trouve Android, de Google. Dévoilé il y a un an, et porté par le consortium Open Handset Alliance, Android est à la fois un système d'exploitation et une plate-forme applicative, qui plus est open source. Son SDK fournit un débogueur, des bibliothèques Java, un émulateur, un plug in Eclipse… De plus, Google organise un concours d'applications doté de pas moins de 10 millions de dollars. La version 1.0 du SDK, sortie en septembre 2008, tourne sur Windows, Linux et Mac OS X.

On pourra regretter que si Android utilise une syntaxe Java, il délaisse les standards Java SE et ME (bibliothèques, API). De plus, aucune intégration avec les systèmes d'entreprise tel Exchange n'est possible pour l'instant. Android se pose évidemment en challenger de l'iPhone. Outre son ouverture, la puissance de Google et de son écosystème, l'aspect économique pourrait jouer en sa faveur.

Le réveil de Symbian

Présent sur de nombreuses marques, Symbian reste encore le système prédominant des mobiles, malgré la montée de Windows Mobile et de Blackberry. Le développement natif se fait en Symbian C++, un C++ non standard. Le SDK fournit les bibliothèques, un émulateur, un compilateur GCC (GNU Compiler Collection), etc. L'IDE Codewarrior a été remplacé par Carbide. c++, basé sur Eclipse. On trouve aussi un plug in pour Visual Studio. On peut programmer en OPL, en Python, en VB, en Perl ainsi qu'en Java ME. Et il existe des outils sur Linux et Mac OS X. Au final, le développement pour Symbian se révèle très morcelé par la diversité des outils, des langages, voire des API, obligeant les développeurs à maintenir de multiples versions de leurs programmes.

L'objectif de la Symbian Foundation est de rendre la plate-forme open source à l'horizon 2010. En attendant, Symbian lance SAW (Symbian Analysis Work-bench), une suite d'outils de profiling pour optimiser le développement sous Carbide. c++. L'éditeur lance également un concours d'applications. Malgré toute cette bonne volonté, les efforts risquent de porter leurs fruits bien tard, Android est déjà en open source et commence à attirer les développeurs.

RIM s'y met aussi

RIM (Research in Motion), le père du Blackberry, a su tirer son épingle du jeu en ciblant le marché de l'entreprise grâce au support des messageries d'entreprise. L'éditeur canadien met en place son écosystème et envisage de lancer sa place de marché en 2009. Le développement pour Blackberry OS se fait en Java en utilisant ses API propriétaires. Lors de la conférence développeurs, qui s'est tenue en octobre, RIM a annoncé un ensemble d'outils de développement : un plug in pour Eclipse, un autre pour Visual Studio, un atelier de développement rapide, une suite d'outils graphiques, la prise en charge de Google Gears. RIM capitalise sur les développements d'entreprise.

Et Windows Mobile ?

Microsoft pourrait bien, à l'instar de Mac OS X sur l'iPhone, décliner Windows 7 en version mobile. D'autant que celui-ci, avec l'API Surface, sait gérer les écrans tactiles multipoints.

Pour l'heure, chaque constructeur, chaque éditeur cherche à sortir son “ iPhone killer ”. La balle est maintenant dans le camp des développeurs : ils vont avoir à choisir entre tous ces SDK et devront déterminer à terme le succès d'une plate-forme.

L'avis de l'éditeur : Eric Lemarechal, fondateur et PDG de Mobile Distillery, fournisseur de solutions de portage de logiciels Java pour mobiles

“ Nous avons beaucoup d'interrogations et de demandes de la part de nos clients ”

“ Ceux-ci sont issus de domaines différents - bancaire, voyages. Nous recevons des appels d'offre, souvent initiés par les marques (Nokia…), qui sont obligées de développer le plus possible de nouvelles fonctions pour leurs téléphones. ”

“ Apple a bousculé la donne avec un nouveau paradigme ”

“ L'exemple d'Apple et ses 200 millions de dollars de chiffre d'affaires sur les applications vendues, a ouvert la voie. Pour sa part, Android suscite un engouement assez sérieux de la part des développeurs. Il bénéficie d'API riches et séduit par son aspect open source. ”

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