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L'usine, un nouveau champ d'action pour les DSI

Fabrice Chausserais, directeur général d'Osys Orga Système, éditeur et intégrateur spécialisé dans la gestion d'ateliers en temps réel
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Il n'y a pas si longtemps, les experts en MES (Manufacturing Execution System, ou suivi de production) étaient avant tout des spécialistes en électronique et en automatisme. Leurs interlocuteurs en entreprise étaient essentiellement des responsables de maintenance et des directeurs de production, le DSI étant identifié comme “ l'informaticien ”. Au sein de “ l'atelier ”, la technologie RS-232, les bases de données propriétaires et les serveurs isolés aux quatre coins de l'usine régnaient en maîtres.

Mais, en quelques années, l'environnement technologique des entreprises a connu une véritable mutation. La technologie des terminaux d'atelier a considérablement évolué. La transmission des données s'effectue sur des réseaux IP et Wi-Fi. Les terminaux sont devenus des PC industriels. Et, bien que le MES soit souvent installé en premier, il est toujours interfacé avec un PGI. Enfin l'environnement informatique s'est complexifié au point de devenir un langage d'experts. Tous ces changements imposent donc aux experts MES de dialoguer aujourd'hui avec leur DSI.

Différentes formes de dialogue

Cette évolution a été plus particulièrement marquante au cours des deux dernières années, comme le montrent les trois exemples suivants. Pour interfacer son MES avec son PGI, le directeur de production d'une PME de moins de 100 salariés a ainsi adopté une démarche d'intégration globale et fait appel au responsable informatique de son entreprise. Ce dernier a validé la compatibilité des produits et vérifié que des partenariats commerciaux et techniques existaient entre les éditeurs de MES et de PGI. C'est finalement en fonction de ses recommandations que la direction générale approuvera ou non le projet.

Un deuxième exemple concerne des groupes français exerçant dans le secteur du luxe, de l'aéronautique ou de l'agroalimentaire ; leur approche est très différente. Le premier contact est ainsi souvent établi avec le DSI accompagné d'un chef projet MES-PGI. L'éditeur de MES est amené à répondre à un cahier des charges fonctionnel et technique comprenant des contraintes telles que la virtualisation de serveur, la mise en œuvre de Data Guard, la centralisation d'applications via Citrix ou TSE, ou encore, la maîtrise des langages d'interface tels qu'Idoc ou xMII. Le vocabulaire employé fait référence aux technologies récentes utilisées en développement telles qu'Apache Tomcat, les composants Swing ou la plate-forme Java EE. Ensuite, l'éditeur engage une découverte fonctionnelle du métier de son client et rencontre les spécialistes de production.

La troisième démarche est comparable à la précédente, mais nécessite une étape supplémentaire : le projet doit être ici validé par la maison mère. Ce cas de figure correspond à la situation d'une multinationale américaine ou britannique issue de l'automobile ou de l'éditique. Dans ces entreprises, le DSI groupe participe au choix de la solution. Il peut également nommer un chef de projet groupe. De culture informatique, il sera amené à conduire le projet depuis le Royaume-Uni, l'Allemagne ou l'Espagne… Mais, quoi qu'il en soit, c'est au DSI d'approuver le projet de MES.

De nouvelles compétences à acquérir

Ces trois cas de figure mettent en exergue les nouveaux enjeux pour les clients et les fournisseurs de MES. D'une part les hommes de production demeurent toujours les experts fonctionnels, mais ils doivent maintenant intégrer une dimension informatique pour laquelle il convient de maîtriser des domaines tels que la virtualisation de serveur, les bases de données, les réseaux informatique, la gestion OPC des machines ou les technologies de développement récentes. D'autre part, la DSI s'impose comme un acteur incontournable dans le processus de décision et la mise en œuvre d'un projet MES.

Afin d'améliorer la mise en œuvre d'un projet MES, il est nécessaire d'accentuer nos efforts sur la nécessaire collaboration entre production et DSI. La partie fonctionnelle est toujours réservée aux hommes de l'art (production, méthode, qualité, etc.). Mais la DSI pilotera la mise en œuvre du projet. Car une entente vertueuse de ces deux identités est un atout considérable pour une mise en place optimale d'un MES.

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