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Caractère : Dans quel état d'esprit avez-vous contribué au rapprochement entre la FICG et le Sicogif ?
Jacques Chirat : Je n'ai pas été le seul artisan de l'union. Il y avait une volonté commune des deux parties pour aboutir à la création d'une seule entité représentant la profession et parlant d'une seule voix. Ces dernières années, il a pu y avoir des divergences mais nos adhérents, et ceux du Sicogif, exercent le même métier. Ils sont confrontés à des problèmes identiques : rapidité des évolutions technologiques, concentration des donneurs d'ordre, mutation des pratiques d'achat, etc. Nos deux organisations proposaient des services complémentaires, mais également redondants. Le bon sens veut que l'on mutualise les moyens au service de la filière. Et que le législateur ait désormais un interlocuteur de poids, plus représentatif des TPE et des PME. François Dulac : Je tenais beaucoup à mener à bien ce rapprochement. Nous avons mis près de quatre ans. Cela a été un travail de longue haleine, avec des hauts et des bas. Mais nous avons abouti. Je crois que la profession comprenait mal les raisons de ces différends et de ces rivalités. Ces divisions l'ont, à mon sens, beaucoup affaiblie. Tout le monde aspirait au rassemblement pour que nous puissions peser d'un poids plus important face à tous nos interlocuteurs, pouvoirs publics, banquiers, fournisseurs, etc. J'ai été étonné de la bonne volonté qu'ont mis un certain nombre de mes confrères à faire l'union.
C. : Quelle a été la réaction de vos adhérents ? Et des fournisseurs ?
F. D. : La création de l'Unic a été accueillie avec enthousiasme par les adhérents, mais j'ai aussi enregistré des réactions très favorables à l'extérieur. Tous nos interlocuteurs estiment que c'est une bonne décision. Les fournisseurs ont apprécié cette initiative qui clarifie la situation et consolide le secteur. Au Sicogif, nous avions déjà des rapports étroits avec le SIPG. Je crois que les fournisseurs souhaitent poursuivre ce dialogue et entretenir des relations régulières et constructives avec l'Unic. J. C. : Je n'ai rencontré aucune opposition. Ce rapprochement a été plébiscité, ce qui montre bien que nous allions dans le sens de l'histoire. Pour la FICG, c'est une petite révolution culturelle. Avant de fusionner avec le Sicogif, nous avons ainsi modifié l'article 5 de nos statuts pour qu'un syndicat national, le Sicogif, puisse adhérer à la FICG, qui était une fédération de syndicats territoriaux. Les fournisseurs ont aussi très bien accueilli la création de l'Unic. Ils ont désormais un interlocuteur qui représente 75 % du chiffre d'affaires de la branche et qui va pouvoir faire preuve d'une certaine unité de vue. Nous souhaitons entretenir des rapports de partenariat avec nos fournisseurs sans pour autant faire preuve de complaisance.
C. : Le Groupement des métiers de l'imprimerie (GMI) fait désormais cavalier seul. Avez-vous tenté un rapprochement ou avez-vous l'intention de le faire ?
J. C. : Comme nous l'avons dit plus haut, lors des rencontres avec nos confrères du Sicogif, nous avons constaté que nous avions des problématiques identiques. Nous avons établi le même constat pour les adhérents du GMI, aussi considérons-nous qu'ils ont toute leur place, à terme, dans la nouvelle structure. Et la logique voudrait qu'ils nous rejoignent. Je suis bien décidé à les rencontrer à nouveau et à avancer sur ce terrain. F. D. : Malgré nos efforts, le rapprochement avec le GMI n'a pas abouti. J'espère que ce n'est que partie remise. La balle est dans leur camp. Et, comme Jacques Chirat, je suis prêt à rencontrer à nouveau les représentants du GMI. Pour ce qui est de l'Udif (Union de l'imprimerie française)*, aucune décision n'a été prise à ce jour. L'Udif n'avait pas de statut légal, c'était un club. Nous allons voir ce qu'il faut en faire. Ce sera l'occasion d'avoir de nouveaux échanges avec le GMI.
C. : Comment sera organisée la nouvelle Unic ?
J. C. et F. D. : Nous allons désormais fonctionner comme une structure unique avec deux coprésidents, un bureau élargi et une vingtaine de permanents issus de nos deux organisations.
C. : Avez-vous l'intention de tendre la main à d'autres organisations professionnelles du secteur ?
F. D. : La fusion avec la FICG n'est pas un aboutissement, c'est un point de départ. Aujourd'hui, on raisonne par grands ensembles, par grandes masses. Il faut réunir toutes les organisations syndicales et tous les professionnels de la filière, éditeurs, papetiers, spécialistes du prépresse, imprimeurs, héliograveurs, sérigraphes, brocheurs, etc. dans un grand pôle de la communication graphique. Toutes activités confondues, ce secteur représente environ 500 000 emplois et se classe au premier rang des secteurs industriels français, devant des branches comme l'aéronautique. Il mérite d'être promu et défendu par une structure commune. Il faut aussi développer les échanges avec les donneurs d'ordre, La Poste, etc. J. C. : La fusion avec le Sicogif n'est qu'un début. Nous avons bien l'intention de lancer une stratégie de filière. De tendre la main aux professionnels de l'impression numérique, de la reprographie et de l'étiquette dont l'activité est proche de la nôtre. Mais aussi de rassembler dans une même maison, un « hôtel graphique » en quelque sorte, avec tous les autres acteurs de la filière, papetiers, organismes de formation, de retraite et de prévoyance, etc. Ce que j'avais déjà proposé dans mon programme en 2003. Cette « maison de tous » pourrait se construire sur la base du concept de filière voulu par les professionnels mais également organisé par les textes de loi qui visent à optimiser des domaines aussi essentiels que la formation ou la prévoyance collective. Le législateur s'apprête en effet à fixer des critères de convergence pour les OPCA de branche avec un seuil de collecte qui implique des partenariats ou des rapprochements dont la forme reste à déterminer. La question de notre identité est également source de questions pour notre caisse de retraite et de prévoyance, la Carpilig. Un portail commun serait une des réponses au nécessaire défi de la consolidation de notre branche.
C. : Quels sont les dossiers qui vous semblent prioritaires ?
J. C. : Nous souhaitons améliorer notre fonctionnement, renforcer notre présence dans les régions, capter de nouveaux adhérent, animer les territoires en y organisant des débats sur l'environnement, la formation, la technique, les marchés. À cet égard, je crois que mes confrères ont un vrai besoin d'information sur l'évolution de leurs marchés. Nous allons nous efforcer de leur apporter un éclairage avec notre observatoire. Nous voulons aussi accompagner et faciliter la transmission des entreprises familiales, éclairer les élus sur les problématiques des industries graphiques et travailler à l'harmonisation de la législation européenne, notamment en matière de fiscalité. Nous avons d'ailleurs embauché un lobbyiste qui intervient auprès des parlementaires des pays européens. F. D. : Nous devons nous efforcer d'être plus proches des problèmes des entreprises. Il faut créer des sections par taille d'entreprise et par activité, TPE, PME, grandes entreprises, imprimeries numériques, etc. Il faut aussi aider les imprimeurs à mieux connaître leur marché. Ce sera le rôle de notre observatoire des marchés de la communication graphique. Les entreprises du secteur ont un point faible : leur démarche commerciale est souvent insuffisante ou inadaptée. Il faut les aider à la renforcer. D'autant que notre activité se transforme de façon radicale. Le numérique ne cesse de gagner du terrain, et les donneurs d'ordre modifient leur approche. Les imprimeurs doivent s'adapter à cette nouvelle donne et faire évoluer leurs prestations de services.
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L'organisation : un syndicat unique au service des professionnels |
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Forte de 1 300 adhérents réalisant un chiffre d'affaires de l'ordre de 7 milliards d'euros, soit près des trois quarts du chiffre d'affaires de la branche, et employant 45 000 salariés, l'Unic est bien armée pour accompagner les mutations du secteur et « aider les chefs d'entreprise à relever les défis qu'ils ne peuvent gérer seuls » . La nouvelle structure s'adossera aux anciens syndicats locaux de la FICG pour « consolider les plateformes régionales d'animation et de représentation » . En signant leur convention de rapprochement, la FICG et le Sicogif ont aussi défini un plan d'action. L'Unic souhaite notamment renforcer sa notoriété, créer des sections spécialisées, promouvoir « le développement durable et l'imprimerie responsable et construire un observatoire des marchés » . |
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