











Big Sister n'est plus. Avant même d'avoir vu le jour, le fichier Edvige a été enterré. Amputé des dispositions les plus sujettes à caution, il devrait renaître sous un nom moins glamour : Edvirsp, pour Exploitation documentaire et valorisation de l'information relative à la sécurité publique. Mais à travers le tollé médiatique autour d'Edvige, c'est le rôle de la Cnil qui est pointé du doigt. La blogosphère a notamment réagi à une tribune du quotidien Libération intitulée “ La Cnil ou l'illusion d'un contre-pouvoir ”, et à la réponse de son président, Alex Türk, dans les colonnes de Télérama. Il déclare qu'il y a des sujets qui le “ préoccupent mille fois plus qu'Edvige ! ”. Et de citer le traçage généralisé via le téléphone mobile, la vidéosurveillance, la géolocalisation ou la biométrie. Quand ce n'est pas l'individu lui-même qui étale sa vie privée dans les réseaux sociaux. Un dessin de Pessin paru dans Le Monde donne le ton : “ Il a participé à la Gay Pride, il sera en grève le 15 et on a les photos de ses vacances en Grèce. – Edvige ? – Non, Facebook ! ”
“ La Cnil avoue régulièrement ses limites, en invoquant simplement ses moyens limités. Elle sait, par ailleurs, qu'elle est souvent bernée par ceux qui gèrent les fichiers. Ils ne sont pas toujours loyaux sur ce qu'ils déclarent engranger. ”
Lu sur Jprosen.blog.lemonde.fr
“ Edvige est partout, sa dénonciation unanime. Et qui aurait dû être le garde-fou ? La Cnil. C'est une faillite totale pour cet organisme. Elle se retranche derrière le fait qu'elle a permis la publication du décret qu'elle aurait arraché. ”
Lu sur Panopticonparadise.blogspot.com
“ Ce qu'il nous faut aujourd'hui, pour éviter les dérives (prévisibles) du futur, c'est une identité à la fois valable dans le monde réel et dans le monde virtuel. Un passeport qui puisse nous identifier et nous permettre de maîtriser notre identité “ on & off line ”. Une identité qui forcerait chaque outil “ à profil ” à me demander l'autorisation de lier mon identité à une photo ou une vidéo, sous peine de violation. La technologie existe mais nos gouvernants, trop occupés à créer des fichiers archaïques à des fins de sécurité intérieure, ratent le vrai débat de l'identité numérique. Ce qui, au demeurant, leur faciliterait la tâche… Et ce retard ouvre une brèche pour des sociétés privées. Google en tête, bien sûr, mais pas seulement. On peut aussi citer MeeID ou WBS Int. Question : faites-vous vraiment confiance à une société privée pour vous fournir une identité ? Ou plutôt à l'Etat ? ”
