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Mega, le spécialiste français de la cartographie de processus, annonce une intégration avec le moteur BPM d'Appian. Avant l'été, c'était l'Anglais Casewise qui reprenait PMN. Et IDS Scheer, spécialisé dans les processus SAP, s'ouvre depuis un an au moteur BPM d'Oracle et depuis peu à celui de Microsoft.
En moins de six mois, les principaux spécialistes de la cartographie de processus ont été au centre soit d'acquisitions, soit de partenariats techniques. Des mouvements qui vont tous dans la même direction : celle d'un rapprochement avec le monde de l'orchestration de processus. Un secteur proche certes, mais bien distinct. A la différence des éditeurs de BPM (Business Process Management), les acteurs du BPA (Business Process Analysis) comme Mega, IDS Scheer ou Casewise n'exécutent aucun processus. Ils produisent des cartes, des référentiels ou de la documentation autour de ces processus. Notamment pour des besoins de refonte applicative, d'optimisation, de démarche qualité ou de contrôle interne.
Mais les perspectives du BPA sont moins reluisantes que par le passé. “ C'est un marché très mature, à la limite de la saturation, explique Sylvain Spenlé, associé de Conseil BPM & Gouvernance SI. Les gros projets liés à la certification ISO 9000, le passage à l'euro ou le déploiement de PGI sont derrière nous. ” Autre phénomène : la concurrence des éditeurs de BPM, dont les nouveaux outils de modélisation cognent de plus en plus avec la cartographie du BPA, du moins au niveau du processus unitaire. Dans ces conditions, si elle découle sur une exécution, la description de processus est plus facile à justifier.
L'enjeu consiste alors à transposer la cinématique du processus décrite dans le BPA vers l'environnement de modélisation technique du BPM. Cet export prend la forme d'un fichier XML (du BPEL, par exemple), qui une fois récupéré par l'application de BPM, est enrichi des procédures d'appels aux services. Avec leur solution respective, Mega, IDS Scheer et Casewise prétendent même remettre à jour leur modélisation lorsque le fichier BPEL a été modifié par les équipes informatiques…
On aurait pourtant tort de parler d'un passage de relais automatisé entre les deux mondes. En effet, la plupart du temps, le mapping est uniquement effectué manuellement. Car il n'existe pas forcément de correspondance entre les entités manipulées par les deux outils. “ Certaines données nécessaires au BPM, comme celles liées au contexte d'exécution du processus, sont absentes du BPA ”, rapporte François Bonnet, responsable marketing de W4, plate-forme de BPM, qui embarque un module de cartographie.
Alors, inutiles ces passerelles techniques ? Non. Elles devraient changer les mentalités des entreprises en les incitant à orchestrer des processus jusque-là uniquement cartographiés.
Pourquoi la cartographie est-elle si touchée par la contraction des budgets ?
“ Lorsque l'argent manque sur un chantier, l'architecte est le premier poste supprimé. Jamais le maçon… Nous nous orientons donc vers des profils d'éditeurs plutôt mixtes, de type “ maçon-architecte ”. ”
Au travers d'accords comme celui que vous avez noué avec Appian ?
“ Oui, mais pas seulement. Cette intégration technique entre modélisation et exécution n'aboutit pas à des cas d'utilisation concrets. C'est pourquoi nous misons surtout sur l'interaction de notre cartographie avec une plate-forme d'exécution plus métier : notre récent module de gestion des risques et de la gouvernance. ”
















