











L'entreprise a clos son dernier exercice sur une croissance de 8 % de ses revenus. Son carnet de commandes augmente de 15 %.
Trois ans. C'est le délai que le président de CA, John Swainson, s'était donné à la mi-2005, peu après sa nomination, pour, selon son expression, “ réparer la plomberie ”. A la mi-2008, les fuites paraissent colmatées. Sur son dernier exercice, achevé au 31 mars, l'éditeur a enregistré une croissance correcte de ses revenus à 8 % (4 % à taux de change constant), supérieure à celle des années précédentes. Il a surtout multiplié par quatre son résultat net, et la croissance de 15 % de son carnet de commandes (contre déjà 16 % l'année précédente) est annonciatrice de jours encore meilleurs. Le fruit de mesures significatives.
Meilleure lisibilité de l'offre tout d'abord. Depuis le lancement de la stratégie EITM (Enterprise IT Management) et du slogan “ Unifier, simplifier ”, CA s'est attelé à l'intégration de ses solutions. A l'instar de ses concurrents de l'administration du système d'information, l'éditeur proposait un catalogue de solutions individuelles peu interfacées les unes avec les autres. Il s'est recentré sur une trentaine de solutions phares réparties sur six segments de marché englobant la gamme Unicenter et des produits issus d'acquisitions clés tels que Wily ou Niku (Clarity).
Prônant une approche par “ modules intégrés ”, dont la deuxième brique a été posée l'année dernière avec un référentiel (CMDB) et un modèle de données standardisé, l'éditeur espère ainsi livrer l'équivalent d'un PGI appliqué à la gestion du système d'information dans deux ou trois ans.
En août 2006, l'éditeur a par ailleurs lancé un plan de restructuration afin d'améliorer ses structures de coûts et de vente. Au total, CA a supprimé environ 2 800 postes. Surtout, il a refondu son organisation commerciale en éliminant les couches de management redondantes et en décloisonnant des lignes de produit trop segmentées. Son objectif est désormais de restaurer des relations clients distendues avec le temps.
Chiffre d'affaires : 4,3 Md$.
Résultat net : 500 M$ contre 121 M$ l'année précédente.
Carnet de commandes : 4,5 Md$.
Effectifs : 13 700 employés.
Gestion de portefeuille de projets (CA Clarity).
Gestion des niveaux de services.
Automatisation du centre de données (dont Autosys).
Gestion de la performance des applications (CA Wily Introscope).
Gestion des infrastructures (CA Spectrum, CA Unicenter NSM…).
Sécurité (CA IAM, CA SIM…).
Où en est la rationalisation du catalogue de produits de CA, réputé pléthorique ?
John Swainson : Nous avons toujours 1 200 produits dans notre “ univers ”, dont plus de 400 que nous supportons encore. En pratique, nous n'en vendons plus qu'une centaine. Et nos efforts commerciaux se concentrent sur une trentaine d'entre eux, répartis en six domaines.
Qu'avez-vous changé dans l'organisation de CA en deux ans de restructuration ?
JS : Les ventes, surtout, où nous n'étions pas organisés pour réussir. Notre offre était trop fragmentée : trop de commerciaux répartis dans trop de domaines, mais pas assez de relation avec nos clients clés en raison de ce large panel. En France, sur 1 000 clients couverts, nous en faisons suivre une centaine par des gestionnaires ou des directeurs de comptes. Ces derniers s'appuient sur des responsables produits que nous avons aussi regroupés. Nous avons décloisonné les pays : auparavant nous pouvions avoir l'expert mondial sur un outil en Allemagne qui n'intervenait pas en France. Reste le changement culturel qui est un travail de longue haleine.
Quel bilan tirez-vous de l'activité de l'année écoulée ?
JS : Nous sommes satisfaits de la croissance des revenus. Néanmoins, pour CA, le chiffre d'affaires est un indicateur de la performance passée, les contrats que nous signons étant comptabilisés sur les trois années suivantes en moyenne. Le carnet de commandes est un indicateur plus approprié. Au regard de celui-ci, nous avons eu une croissance à deux chiffres sur nos six domaines clés mais également dans le monde mainframe.
