











Demain, mercredi 6 août, les mesures figurant dans la loi de modernisation de l'économie entreront en application. Le texte, adopté par le parlement le 23 juillet dernier, figure au Journal officiel du mardi 5 août.
Il comprend un train de mesures destinées à donner un nouvel élan au déploiement du très-haut-débit (lire ci-dessous) dans les immeubles existants. D'autres dispositions s'appliquent aux immeubles neufs, dont le permis de construire sera délivré après le 1er janvier 2010. Ces bâtiments devront impérativement “ être pourvus des lignes de communications électroniques à très-haut-débit en fibre optique ”, précise le JO du 5 août.
La loi prévoit que l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes établisse d'ici à deux ans un “ rapport public sur l'effectivité du déploiement du très-haut-débit et de son ouverture à la diversité des opérateurs ”.
Ce bilan devra également faire des propositions afin de favoriser le déploiement du très-haut-débit, cette fois-ci dans les zones rurales. Car, si les opérateurs ont de grandes ambitions pour équiper les villes, c'est loin d'être le cas des campagnes qui risquent une nouvelle fois d'être victime d'une fracture numérique.
Première publication le 23 juillet 2008
Tout juste adoptée, la loi de modernisation de l'économie donne enfin un cadre réglementaire aux opérateurs pour poser leur fibre optique.
Après trois allers-retours devant le Parlement, la loi de modernisation de l'économie (LME) a été définitivement adoptée ce mercredi 23 juillet. Elle accorde un chapitre entier au très-haut-débit et au numérique, considérés comme des facteurs de croissance économique pour le pays. De fait, la LME fixe enfin le cadre légal du déploiement de la fibre optique, pratiqué jusqu'ici par les opérateurs dans un certain flou artistique. La promulgation de la loi donnera ainsi le coup d'envoi officiel du développement du très-haut-débit en France.
Comme prévu, les opérateurs télécoms vont être obligés de mutualiser leurs installations à l'extérieur des immeubles, afin de limiter travaux de voirie et investissements. Ce partage concerne essentiellement France Télécom et, dans une moindre mesure, Numericable, qui disposent déjà de réseaux importants. Les modalités précises et les conditions financières de la mutualisation seront fixées ultérieurement.
Un article prévoit par ailleurs une parade au cas où “ un ” câblo-opérateur refuserait de partager ses installations avec un autre opérateur au prétexte qu'il aurait signé une convention avec une collectivité locale : les collectivités ont désormais le droit de les mettre d'office à la disposition à l'opérateur qui le demande.
Pour doper le développement du très-haut-débit, la LME stipule que les copropriétaires ne pourront plus s'opposer à l'installation de la fibre dans leur immeuble, à l'image du “ droit à l'antenne ” pour la télévision. Toute proposition de la part d'un opérateur devra être discutée en assemblée générale, et tout refus devra être “ motivé ”. Décidément dans la ligne de mire du Sénat, Numericable devra lui aussi franchir le cap de l'AG des copropriétaires pour avoir le droit de poser sa fibre. Un amendement, finalement supprimé, proposait en effet que le câblo-opérateur soit exempté de cette procédure dans les immeubles où il est déjà présent.
En échange, les opérateurs seront tenus de s'engager avec les copropriétés à travers une convention type. Ils s'engageront par exemple à partager leur installation interne avec d'autres opérateurs, à poser leur fibre jusqu'aux abonnés, à garantir la qualité et la durée des travaux (six mois maximum), etc. La convention sera précisée par décret. Quant aux immeubles neufs, ils devront être prééquipés de la fibre optique à partir du 1er janvier 2010.
Hormis la fibre optique, la LME fixe d'autres nouvelles mesures dans le secteur des télécoms, comme :
- l'instauration d'un tarif social pour la téléphonie mobile, pour les personnes à faible revenu ;
- l'obligation de dégroupage au niveau des sous-répartiteurs de France Télécom, pour étendre la couverture de l'ADSL, voire du très-haut-débit ;
- la publication annuelle par les opérateurs mobiles de la couverture de leur réseau ;
- la possibilité de tester l'extinction de la TV analogique dans des zones de moins de 20 000 habitants ;
- l'obligation pour les distributeurs de fournir au 1er décembre 2009 des TV de plus de 66 centimètres avec un tuner TNT compatible haute définition, et pour tous les téléviseurs au 1er décembre 2012.
















