L'infogérance reste encore franco-française

La sous-traitance informatique concerne davantage les grandes entreprises qui cherchent à réduire leurs coûts et à se recentrer sur leurs métiers. L'offshore intéresse de plus en plus les directions générales. A la grande réticence des DSI, même si les prestataires retenus sont majoritairement français.
envoyer
par mail
imprimer
l'article
partager sur Viadeo
partager sur Facebook
partager sur LinkedIn
partager sur Scoopeo
partager sur Technorati
partager sur Digg
partager sur Delicious
partager sur Google
partager sur Myspace
partager sur Yahoo!

L'externalisation des fonctions IT se développe lentement en France. D'après l'Insee, 29 % des entreprises de plus de 10 personnes ont sauté le pas en 2006 (contre 90 % au Danemark et 70 % en Finlande, selon Eurostat). D'après cette étude menée en avril dernier, la sous-traitance porte aussi bien sur le management du système d'information que sur les opérations courantes, tels le support technique et l'administration de réseaux. Et bien sûr, le développement de logiciels ou d'applications. L'enquête montre que 72 % des entreprises de 205 salariés et plus sont concernées par l'externalisation, surtout celles du secteur des services, notamment de l'énergie et de la finance. Ce dernier créneau n'hésite d'ailleurs pas à déléguer le management du système d'information. “ En fait, il s'agirait plutôt de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage ”, nuance Guillaume Lefebvre, directeur général adjoint d'Ornis, spécialiste en infogérance d'applications.

Le marché devrait progressivement s'étendre aux applications plus stratégiques telles que les ressources humaines, la relation client ou les PGI. L'infogérance informatique pourra aussi englober un volet télécoms, comme le propose T-Systems. Autre évolution attendue : les prestataires choisis seront de plus en plus souvent à l'étranger. Pour l'heure, toujours selon l'étude de l'Insee, seules 7 % des entreprises françaises ayant sous-traité leurs fonctions IT ont passé la frontière de l'Hexagone. Parmi lesquelles moins de 3 % se sont risquées hors de l'Union européenne. Un constat en accord avec une autre enquête, menée par le cabinet d'analyse Forrester auprès de 20 entreprises paneuropéennes. D'après cette étude, si les directions générales sont demandeuses, elles rencontrent une certaine réticence des DSI à recourir à l'offshore. Sauf pour de petits projets.

Il est vrai que de nombreuses barrières culturelles et techniques doivent être appréhendées. C'est du moins ce que soulèvent les spécialistes de l'externalisation : Eurogiciel, qui propose une offre d'informatique industrielle délocalisée en Tunisie et au Vietnam, ou encore Sopra, qui dispose de centres de développement en Roumanie, au Maroc et en Inde. Sans oublier Valtech Technology, opérant depuis sept ans à Bangalore, en Inde, depuis un centre employant 450 personnes.

Des limites à connaître, des précautions à prendre

La plupart de ces spécialistes sont d'accord sur les limites de l'offshore : les processus internes, mal maîtrisés, ainsi que les développements qui touchent au savoir-faire et au cœur de métier des entreprises ne sont pas externalisables. Pour des développements ponctuels nécessitant beaucoup d'interactions, mieux vaut opter pour une externalisation plus proche, dans les pays du Maghreb francophone. Tandis que les travaux volumineux et répétitifs seront plus aisément amortis en Inde ou en Chine. Mais si les salaires y sont plus bas qu'en France, il faut souvent surdimensionner l'équipe afin de limiter le risque de perte de savoir-faire dû à un turnover élevé. D'où un surcoût budgétaire à prévoir. Enfin, un coordinateur devra s'assurer que le prestataire comprend bien les besoins exprimés par l'entreprise. Comme Valtech, qui a mis en place des procédures et une plate-forme collaborative pour suivre pas à pas l'avancement des projets.

Enfin, les entreprises choisissant l'offshore doivent communiquer au près de leur personnel non externalisé afin de le rassurer sur ses perspectives d'évolution. Car le succès d'un tel projet repose en grande partie sur une bonne entente entre les deux équipes. Du coup, les grandes SSII indiennes spécialisées dans l'offshore qui débarquent sur le marché français – Infosys, Satyam, TCS, Wipro – devront s'armer de patience avant de remporter le jackpot.

2 questions à… : Jean-Michel Mougeolle, DSI de Meilleurtaux

En quoi l'externalisation de la paie a-t-elle contribué à votre développement ?

“ L'externalisation de la paie est intervenue alors que notre société était en forte progression : nous sommes passés de 200 collaborateurs en 2005 à 586 en 2007. Nous voulions nous concentrer sur nos problématiques de recrutement et avons donc adopté la solution en ligne de Meilleuregestion.com. Le service de comptabilité a pu ainsi se concentrer sur la facturation client. ”

Comment opérez-vous ?

“ Nos salariés saisissent eux-mêmes leurs demandes de congés payés en mode libre-service tandis que les bulletins de paie sont produits chaque mois par le sous-traitant. L'application est interfacée via des services web avec notre PGI maison et le logiciel de comptabilité de Cegid, le calcul de l'ETP moyen (Effectif temps plein) et des commissions versées aux commerciaux sont automatisés. Ce service nous est facturé moyennant un abonnement mensuel et un prix forfaitaire par bulletin produit. ”

publicité
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
Les salariés d'Alcatel-Lucent refusent d'être externalisés chez HP
Alcatel-Lucent pourrait externaliser son informatique
Plus de souplesse avec les services applicatifs hébergés
Un réseau IP VPN couvre les 4 300 sites de la gendarmerie
Un réseau IP VPN couvre les 4 300 sites de la gendarmerie
EDS ouvre un centre de services à Rabat
01Informatique
01 INFORMATIQUE
L'hebdo de référence des décideurs informatiques.
Micro Hebdo
MICRO HEBDO
L'hebdo qui vous simplifie la micro
et Internet.
L'Ordinateur Individuel
L'ORDINATEUR INDIVIDUEL
Le mensuel informatique qui vous informe et vous conseille.
Tous droits réservés © 1999 - 2009 Internext - 01net.