Optimiser sous contrainte, encore et toujours !

Réduire les coûts récurrents constitue une priorité pour les DSI qui veulent financer leurs nouveaux projets dans un contexte de relative austérité budgétaire. Outre la standardisation des infrastructures et l'industrialisation des processus, la gestion des compétences offre de nouveaux gisements à explorer.
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En dépit des difficultés économiques, le budget global des directions des services d'information françaises devrait augmenter de 3,15 %, selon une enquête réalisée par Gartner. De quoi compenser les 3,2 % d'inflation annoncés pour 2008. Dans ce contexte, les 52 directeurs interrogés en France dans cette même enquête prévoient d'allouer 62 % de leur budget informatique au fonctionnement de l'entreprise, 20 % à la création de la valeur et 18 % à transformer les processus existants. De quoi faire rêver la majorité de ces directions, qui ne disposent pas de telles marges de manœuvre.

Selon Bernard Dubs, fondateur du cabinet conseil BIT Group, les coûts récurrents absorbent 70 % du budget des DSI. Ce qui laisse une portion congrue de 30 % au développement et à l'innovation. Or, afin d'aligner le système d'information sur la stratégie de l'entreprise et répondre aux contraintes réglementaires, il faudrait inverser ce ratio à raison d'une progression du montant lié aux dépenses courantes au profit de l'innovation de 2 % à 3 % par an pendant quinze ans ! Avec une première étape visant à l'équité d'ici 2012.

Pour les entreprises les plus dynamiques, cela n'a rien d'irréaliste. Chez Volvo, la part des coûts récurrents dans le budget des différentes DSI passera de 60 à 50 % dans un avenir proche, une part qui diminuera encore à plus long terme, d'après Jean-Marc Prost, directeur du développement chez Volvo IT, la filiale en charge de l'offre d'infogérance bâtie sur le savoir-faire du constructeur. Celui-ci a réussi à industrialiser ses processus ainsi qu'à standardiser ses infrastructures et plates-formes avant de les mutualiser avec ses clients. Ainsi, ces derniers peuvent-ils réduire jusqu'à 30 % leurs coûts récurrents.

A elle seule, la rationalisation du parc informatique peut s'avérer très lucrative. Et faire économiser de 1,5 % à 2 % sur ces coûts. Eric Faurisson, directeur Europe de BDNA, un fournisseur de solutions d'analyse et de pilotage des infrastructures IT, cite en exemple Motorola : “ En trois ans, notre client a économisé plusieurs dizaines de millions d'euros en standardisant ses systèmes de gestion de bases de données relationnelles. ”

Investir 20 % du budget dans de nouveaux outils

La standardisation des licences, l'adoption de solutions open source et de virtualisation et la mise en place d'architectures orientées services (SOA) constituent autant de leviers sur lesquels Bernard Dubs recommande d'agir. Sans oublier l'industrialisation des processus par des méthodes comme CMMI, Cobit et Itil, la plus répandue. Enfin, le BIT Group pointe le doigt sur la maintenance évolutive : l'idée, c'est de limiter à 80 % la maintenance des outils existants. Et d'investir les 20 % restants dans des progiciels de nouvelle génération.

De son côté, le consultant Laurent Ragot, associé chez Ineum Consulting, préconise l'adoption d'outils de gestion des priorités, de sorte à réaliser un arbitrage entre les besoins de performance de l'entreprise et la maîtrise des coûts. “ Ces outils se généralisent dans certains secteurs d'activité comme celui des banques d'investissement ”, affirme le consultant. Lequel met également en avant les outils de gestion des portefeuilles de projet, grâce auxquels on peut connaître leur stade d'avancement et réallouer des moyens pour les projets jugés les plus profitables à court et moyen terme. Le risque étant toutefois d'avoir une démarche axée sur le court terme. “ Pour l'éviter, il faut que la gestion des projets informatiques soit cadrée par une vraie stratégie et une vision interne forte, partagée au plus haut niveau. ”

Vincent Tallepied, responsable chez Orga Consultants, voit de nouveaux gisements d'économie dans les prochains départs en retraite massifs. En améliorant la gestion prévisionnelle de la compétence et des emplois, les entreprises pourront faire mieux, plus vite et moins cher. Par ailleurs, le consultant préconise de renforcer les profils consacrés à la fonction budgétaire en intégrant au sein de la direction des services d'information des économistes et des contrôleurs de gestion au niveau des fonctions de pilotage.

2 questions à… : Vincent Banchet, DSI de Sernam

Comment avez-vous réduit de 45 % votre budget informatique en trois ans ?

“ Nous avons principalement allégé notre facture d'infogérance, qui pesait lourd dans les dépenses récurrentes. Certaines fonctions stratégiques comme la partie EDI ont été réinternalisées. Nous avons simplifié et modernisé notre infrastructure avec deux serveurs AS400, deux baies de stockage et des serveurs applicatifs. ”

Quelle est la part du budget consacrée au développement ?

“ La part consacrée à nos projets a augmenté. De 15 % en 2006, elle atteint 30 % de notre budget 2008. Le solde se répartit entre le personnel (20 %) et le récurrent (50 %) qui a vu sa charge diminuer de 20 % en trois ans. Avec les économies réalisées, nous informatisons nos chauffeurs avec des terminaux Blackberry moins onéreux que des terminaux durcis. En 2009, nous équiperons nos agences en ToIP, de manière à réduire les coûts de la facture téléphonique. ”

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